Nathalie Normandeau «shakée» mais «guerrière», selon Duhaime

Éric Duhaime a qualifié de «catastrophe» ce qui... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbe)

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Éric Duhaime a qualifié de «catastrophe» ce qui arrive à son ex-collaboratrice Nathalie Normandeau.

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(Québec) Nathalie Normandeau a bien l'intention de se défendre bec et ongles afin de prouver son innocence, selon son ex-collègue radiophonique Éric Duhaime, qui lui a parlé à quelques reprises jeudi. «Elle n'est pas dans un état serein, c'est sûr, mais j'ai senti en fin de journée qu'elle était plus guerrière, qu'elle était d'attaque pour se défendre et prouver qu'ils [les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption] ont tort.»

En conversation avec l'animateur Sylvain Bouchard, en matinée vendredi, Éric Duhaime a qualifié de «catastrophe» ce qui arrive à son ex-collaboratrice. «Mettez-vous dans ses souliers deux secondes, c'est son monde au complet qui vient de s'écrouler. Côté humain, je ne vois pas beaucoup de choses qui peuvent être pires que ça. Elle est très, très shakée, et on le serait à moins.»

Outre la mise à mal de sa réputation, pour Éric Duhaime, les dommages collatéraux des accusations se feront aussi sentir sur le plan financier, l'ex-ministre n'étant pas «assise sur une fortune personnelle ou une montagne de cash. Je ne changerais pas de compte de banque avec le sien».

«S'il y a eu des malversations et du financement illégal, c'est le Parti libéral qui en a profité, pas elle», a-t-il mentionné, ajoutant que la suite de sa carrière, à 47 ans, en souffrira à coup sûr. «Même si elle est innocentée, qui va vouloir l'embaucher après? Il restera toujours une tache et un doute dans l'esprit du monde.»

En cas de verdict de culpabilité, l'animateur avoue qu'il sera «furieux, c'est sûr», mais ce qui ne l'empêchera de penser qu'elle ne pouvait être la seule à tirer les ficelles dans les hautes sphères du Parti libéral. «Je vais avoir la misère à croire que s'il y a un système de corruption au financement du Parti libéral que c'est elle qui est à la tête de ça. J'ai fait assez de politique dans ma vie pour savoir que ce genre de décisions se prend à un autre niveau.

«Est-ce que Nathalie Normandeau va servir de paravent? C'est la question que je me pose. Si jamais elle est reconnue coupable, est-ce qu'il y a du monde qui va s'essuyer les pieds dessus? Était-elle juste un pion dans ce jeu d'échecs là?»

Selon lui, la décision de son ex-collègue d'accepter un contrat au FM93 sème un doute sur sa culpabilité. «Si t'as quelque chose à te reprocher, cache-toi, mais elle a décidé de parler dans un micro et de s'exposer davantage. Ce serait effectivement suicidaire de sa part si elle avait des squelettes dans son placard.»

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Par ailleurs, le propriétaire de l'entreprise Design Sanfaçon, Alain Sanfaçon, a tenu à se dissocier d'une publicité préenregistrée par Nathalie Normandeau et entendue sur les ondes du FM93 jeudi midi, quelques heures après la mise en accusation de l'ex-animatrice.

«Dès que j'ai appris [la nouvelle], le matin, j'ai tout de suite téléphoné à la station pour demander l'arrêt de mes publicités en entier», a-t-il indiqué au Soleil, avouant ne pas comprendre la raison ayant motivé la diffusion des messages malgré tout.

«Je ne veux pas qu'une personne qui fait face à la justice vienne éclabousser mon entreprise, même si elle est présumée innocente.» L'entreprise de rénovation de cuisines et de salles de bain avait un contrat avec la station radiophonique jusqu'en mai.

Péladeau veut des détails sur le financement du Parti libéral

Après la frappe de l'UPAC de jeudi, le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, estime que le premier ministre libéral Philippe Couillard doit s'expliquer sur les méthodes de financement de son parti.

M. Péladeau, qui n'avait pas commenté jeudi l'opération de l'UPAC, a déclaré vendredi, alors qu'il se trouvait à Bécancour, qu'une association s'est faite au cours des années entre les firmes de génie et le monde politique et qu'un bon ménage est nécessaire. «On ne peut pas faire autrement que saluer ce qui s'est produit hier [jeudi] parce que c'est la première étape d'un jalon important», a-t-il dit.

Mais il veut plus. «C'est la responsabilité du premier ministre de s'expliquer sur les méthodes de financement du parti politique auquel il appartient depuis 2003, et même peut-être davantage», a-t-il lancé.

Se faisant mettre sous le nez que le Parti québécois a aussi été écorché par l'UPAC, qui a notamment arrêté Ernest Murray, l'ex-attaché politique de Pauline Marois dans Charlevoix, M. Péladeau a rétorqué que cela n'avait aucune commune mesure avec les personnes influentes du Parti libéral qui ont supposément été impliquées dans le système illégal de financement politique avec la firme de génie-conseil Roche.

«Est-ce que vous vous souvenez dans l'histoire d'un vice-premier ministre ou d'une vice-première ministre [du Parti québécois] qui a été accusé pour complot pour fraude, pour abus de confiance avec son chef de cabinet?» a-t-il demandé.  

Quant à savoir si d'autres arrestations sont possibles, le chef péquiste a été prudent, disant préférer attendre de voir le résultat des procédures judiciaires amorcées.  La Presse Canadienne

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