Éric Duhaime dit vivre un «cauchemar»

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Éric Duhaime

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(Québec) Maintenant seul au micro du FM93 le midi, l'animateur Éric Duhaime a dit vivre un «cauchemar», jeudi, en ouverture de son émission. «On se dit que ça se peut juste pas, c'est juste comme trop gros», a-t-il déclaré au sujet de l'arrestation quelques heures plus tôt de son ex-coanimatrice, Nathalie Normandeau, par l'Unité permanente anticorruption.

Duhaime, qui travaillait avec l'ex-politicienne depuis janvier 2015, a avoué vivre des réactions mitigées en cette journée «difficile».

«En tant que contribuable et citoyen», il a avoué d'une part ne «pas avoir de sympathie» pour les accusés qui auront à «payer pour» s'ils sont reconnus coupables; déplorant d'autre part la perte d'une collègue de travail avec laquelle il avait «développé des liens» et «une relation de proximité» depuis 15 mois.

«Je n'ai pas parlé à Nathalie (depuis jeudi matin). Est-ce que je vais lui parler? Certainement. Elle n'est pas morte, elle n'est pas disparue. Sûrement que je vais lui parler dans les prochaines heures ou les prochains jours.»

Avouant l'avoir «beaucoup critiquée quand elle était politicienne», Duhaime a fait savoir que son ex-collègue devra vivre avec les conséquences de ses actes si elle est reconnue coupable.

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Depuis jeudi matin, l'émission «Normandeau-Duhaime le midi» ne compte plus qu'une seule tête d'affiche.

«S'il y a des gens qui ont fait des choses répréhensibles, qu'ils payent pour, c'est pas moi qui vais avoir de la sympathie pour eux. J'ai toujours gardé la même ligne et je ne changerai pas parce que j'ai animé une émission avec une fille qui fait face à la justice. (...) Je n'ai jamais ménagé les politiciens (...) et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer.»

Clair qu'il n'y avait rien

Éric Duhaime est revenu sur sa première rencontre avec l'ex-politicienne, une sorte de «blind date» tenu dans un restaurant de Montréal, histoire de voir s'ils partageaient des atomes crochus en vue d'une éventuelle collaboration radiophonique. Et voir, surtout, si elle faisait preuve de transparence.

«Ma première question a porté sur les allégations qui circulaient à l'époque. Elle m'avait dit en me regardant en pleine face "Est-ce que j'accepterais d'animer avec toi, Éric Duhaime, si j'avais quelque chose à me reprocher?" À partir de là, pour moi, c'était clair qu'il n'y avait rien.» L'animateur s'était dit d'autant plus convaincu que le rapport de la Commission Charbonneau n'avait retenu aucun blâme à son endroit.

Duhaime  a indiqué qu'il se faisait un devoir de ne pas fréquenter son ex-collègue en dehors du travail afin de conserver intacte une certaine complicité avec les auditeurs. «Je trouvais important de ne pas souper avec elle ou aller à des activités sociales», a-t-il dit, ajoutant que son ex-collègue avait «plus de misère à comprendre» cette façon de faire.

Animation solo

Plus tôt, en matinée, la direction du FM93 n'avait pas tardé à réagir à l'arrestation de son animatrice en enlevant son  visage et son nom de la page d'accueil de la station. Dorénavant, l'émission Normandeau-Duhaime ne compte plus qu'une seule tête d'affiche et s'appellera Duhaime le Midi.

Le directeur général Pierre Martineau avait confirmé sur le coup de 10h la suspension sans solde de Nathalie Normandeau, «en accord avec les normes et les pratiques, et ce, jusqu'au dénouement des procédures». La direction de Cogeco Media n'a voulu émettre aucun autre commentaire «par respect pour le processus judiciaire».

Stupéfaction et tristesse au FM93

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Le Soleil, Pascal Ratthé

La mise en accusation de l'ex-animatrice du FM 93 et ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau a semé la consternation, jeudi, à la station du chemin Sainte-Foy. L'animateur du matin, Sylvain Bouchard, a appris en direct à la télévision, la nouvelle au sujet de sa collègue de travail.

«Ma première réaction a été de la peine. Je l'imaginais en train de brailler au poste de police et ç'a m'a fait de la peine. Ç'a été un coup de massue dans la face», a-t-il déclaré en ondes. «Si elle reconnue coupable, elle paiera sa dette. Je ne changerai pas de discours parce que c'est quelqu'un que je connais.»

Nathalie Normandeau coanimait l'émission du midi au FM93 avec Éric Duhaime depuis janvier 2015. Au printemps, le duo avait décroché une deuxième place au sondage Numeris sur l'heure du lunch, derrière Rouge FM, avec une moyenne de 22 000 auditeurs au quart d'heure.

Forte d'une hausse de parts de marché de 88% dans ce créneau horaire, la direction de la station avait signé une entente à long terme avec les deux animateurs en octobre. «Rarement dans notre domaine, une nouvelle émission connaît un départ aussi fulgurant, avait mentionné le directeur général Pierre Martineau.

À sa première expérience derrière le micro, le 5 janvier 2015, Nathalie Normandeau avait loué le travail de la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc, qui l'avait parodiée au Bye bye de fin d'année, se moquant du public après son passage à la Commission Charbonneau. «Je l'ai trouvée exceptionnelle. Ça fait deux fois qu'elle me personnifie et elle le fait de façon majestueuse.»

Plus tard, au cours de l'émission, elle avait aussi tenu à mettre les choses au clair au sujet de son passé politique. «Tout ce que j'avais à dire, je l'ai dit. J'ai fait un travail intègre, impeccable et professionnel.»

Ironiquement, une publicité enregistrée par Nathalie Normandeau pour le magasin Design Sanfaçon a été diffusée au FM93 quelques instants avant l'entrée en ondes d'Éric Duhaime, jeudi midi. En l'absence du directeur de ce commerce de rénovation de cuisines et de salles de bain, une porte-parole s'est faite peu loquace. «La publicité continue de tourner. On est au courant pour la dame, mais on ne sait rien d'autre.»

Par ailleurs, Québecor a annoncé la suspension de sa collaboration avec l'ancienne vice-première ministre qui tenait, depuis le 22 février, une chronique dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec.

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