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La femme blessée par balle à Lévis, malade, mais pas criminelle

Selon l'amie de la femme blessée lundi à... (Photothèque Le Soleil, Steve Jolicoeur)

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Selon l'amie de la femme blessée lundi à Lévis, celle-ci ne pouvait être en état d'ébriété, puisqu'elle ne consomme pas d'alcool.

Photothèque Le Soleil, Steve Jolicoeur

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(Québec) «Je ne comprends pas qu'il ait fallu qu'elle se fasse tirer dessus pour que quelqu'un décide de la soigner.»

L'histoire de la dame de 37 ans, blessée à l'épaule droite par un projectile d'arme à feu d'un policier, lundi, à la suite d'une poursuite à Lévis, a toutes les apparences du triste récit d'une personne aux prises avec un problème de santé mentale.

«Ils savaient que c'était elle. Elle n'est pas agressive. Elle pèse 50 livres mouillée, soutient une bonne amie de la dame, qui préfère garder l'anonymat. Depuis les événements, elle ne décolère pas contre les policiers. Elle se questionne encore à savoir s'ils étaient justifiés de dégainer. 

Il est vrai que des voisins ont confirmé au Soleil, mardi, que la dame était dérangeante. De plus, son plumitif révèle quelques dossiers «mineurs». Mais ce n'est pas la criminelle endurcie que la poursuite de lundi pourrait laisser croire, insiste l'amie.

«C'est une fille gentille. Elle vient souvent m'aider. Le problème, c'est qu'elle se sentait persécutée. J'ai parfois l'impression qu'elle était vraiment victime de harcèlement», ajoute-t-elle.

Comme ceci explique parfois cela, il faut savoir que les policiers s'étaient rendus au domicile de la dame, il y a une dizaine de jours, pour une plainte de bruit. Sur Facebook, la principale concernée raconte avoir dit aux policiers que ça ne pouvait être elle puisqu'elle arrivait à son domicile. Toujours selon ses explications, elle aurait mis son pied sur celui du policier dans la porte entrebâillée. Un geste qui lui a valu une visite au poste.

Le 12 mars, ces propos tenus sur Facebook sont devenus incohérents. Et puis survient la poursuite de lundi, qui se finit par une blessure par balle. Dans quel état d'esprit se trouvait-elle alors? L'enquête menée par la Sûreté du Québec devrait pouvoir le déterminer, tout comme on devrait savoir si les policiers ont bien agi. Du moins, on l'espère : ce genre d'enquête laisse trop souvent la population sur son appétit.

Chose quasi certaine, soutient son ami, elle ne pouvait être en état d'ébriété puisqu'elle ne consomme pas d'alcool, assure-t-elle. Des stupéfiants? Ce serait tout aussi étonnant, renchérit-elle. Des analyses sanguines devraient pouvoir éclaircir ces aspects de l'enquête.

Ce qui choque aussi l'amie rencontrée par Le Soleil, c'est que tout le monde semble avoir failli, en amont, à faire en sorte que ce genre d'événement ne survienne pas. «Je ne comprends pas qu'il ait fallu qu'elle se fasse tirer dessus pour que quelqu'un décide de la soigner.» Elle fait référence au fait qu'un suivi psychiatrique «plus serré» sera assuré pendant son hospitalisation pour sa blessure à l'épaule.  

La mère témoigne

La mère de la trentenaire, aussi présente à la rencontre avec Le Soleil, confirme que sa fille a davantage besoin d'aide que de voir portées contre elle des accusations criminelles. La SQ ne pouvait s'avancer sur cette possibilité, mercredi. Elle est un peu le «mouton noir» de la famille, lance la mère, réussissant même à sourire malgré le drame qui la touche. 

Elle confirme que sa fille a déjà fait quelques visites au département de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu. «Les policiers l'y ont déjà amenée. Mais elle sortait toujours la journée même», se souvient-elle.

C'est un phénomène bien connu, et souvent critiqué, qui est connu sous le nom des portes tournantes. À la suite d'un délit, des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale sont admises à l'hôpital et en ressortent chaque fois sans suivi.

La mère, qui fréquente sa fille sur une base régulière, espère seulement qu'elle se remette bien de sa blessure et qu'elle puisse enfin trouver un peu plus d'équilibre dans sa vie.

Mercredi, la rue Guillaume-Couture était une fois de plus fermée quelques heures en après-midi pour permettre aux reconstitutionnistes de la SQ de prendre des mesures sur la scène d'accident.

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