André Roy raconte son meurtre

André Roy, au moment de son arrestation en... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

André Roy, au moment de son arrestation en 2000

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) «Il marche devant moi, et je ressens un grand sentiment d'apaisement. Quelques secondes après, je sors l'arme à feu. Je charge une balle, je vise sa tête, j'appuie sur la gâchette. Victor s'est écroulé.»

Après une journée de suspension en raison de la maladie d'un juré, la requête en révision judiciaire d'André Roy a repris au palais de justice de Québec. L'homme de 38 ans demande la possibilité de s'adresser à la Commission des libérations conditionnelles avant d'avoir purgé 25 ans de prison.

D'une voix plus faible, il a raconté minutieusement son crime, commis le 27 novembre 1999 sur la berge du fleuve, à Sainte-Croix-de-Lotbinière.

Se disant en proie à l'obsession de faire du mal à Victor, absolument sans raison, assure-t-il, André Roy, 22 ans, avait amené l'adolescent de 17 ans dans ce coin tranquille pour fumer de la marijuana.

C'est alors que Victor Lemay marchait devant lui que Roy a décidé de l'abattre. Après le coup de feu, le jeune homme ne bouge plus, mais le meurtrier entend un sifflement d'air. Il le frappe avec une pelle. «Je voulais l'achever.»

André Roy va ensuite traîner le corps de l'adolescent jusqu'à un trou qu'il avait déjà creusé depuis une semaine dans un petit bois. 

Il jette ensuite son arme de poing dans un conteneur industriel et rentre chez lui où l'attendent sa copine et un ami.

«Je savais que c'était mal, mais je ne comprenais pas l'ampleur du geste», a expliqué le détenu, répondant aux questions de son avocate Me Sandra Brouillette.

Lorsque des battues s'organisent pour retrouver le jeune Victor, André Roy, voisin des Lemay, participe aux recherches pour échapper aux soupçons. Il va aussi propager la rumeur, qui court déjà, que Victor Lemay a été victime d'un règlement de comptes en raison de sa plantation de marijuana.

De plus en plus troublé

En février 2000, André Roy dit être de plus en plus troublé et craint le mal qu'il pourrait faire aux autres. Il se dénonce à la police et sera condamné moins d'un an plus tard pour le meurtre au premier degré de Victor Lemay.

Aujourd'hui incarcéré au centre fédéral de formation, un établissement à sécurité minimale de Laval, André Roy affirme n'avoir plus touché aux drogues - pourtant bien présentes en prison - depuis 16 ans. Il a repris contact avec ses parents et son frère depuis environ 10 ans.

Après deux suivis psychologiques et plusieurs programmes, il est convaincu d'avoir les outils pour dompter ses démons. André Roy assure penser à Victor Lemay plusieurs fois durant l'année, et surtout en novembre. «Il ne faut pas que j'oublie mon sentiment de culpabilité parce que ça me maintient sur le droit chemin, estime-t-il. Mais si je me déteste profondément chaque seconde de ma vie, ça va finir par me faire retomber dans la drogue et les idées noires.»

À sa libération, il veut entreprendre un certificat pour devenir intervenant en toxicomanie dans une maison de thérapie. «C'est à peu près le seul emploi où le fait d'avoir été toxicomane est un atout», dit-il.

Le contre-interrogatoire d'André Roy se poursuit vendredi.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer