Centre jardin Hamel: après la destruction, place à la reconstruction

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(Québec) Loin de se laisser abattre par l'incendie qui a complètement détruit leur commerce lundi matin, les propriétaires du centre jardin Hamel ont l'intention de tout reconstruire rapidement. Ils espèrent que l'institution renaîtra de ses cendres aussi tôt qu'en mai.

Le puissant brasier s'est déclaré peu avant 4h30, lundi. Un employé du Québec Broue qui prenait une pause à l'extérieur a aperçu des flammes jaillissant du bâtiment voisin. «Je suis tout de suite rentré pour appeler les pompiers», a raconté Luc Plamondon. «Le temps qu'ils s'installent, ça c'était pas mal répandu.»

Un des copropriétaires, Jean-Paul Daoust... (Collaboration spéciale, David Rémillard) - image 3.0

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Un des copropriétaires, Jean-Paul Daoust

Collaboration spéciale, David Rémillard

Une immense colonne de fumée était visible dès les premières lueurs du jour. L'odeur de fumée était notable aussi loin qu'à Val-Bélair et qu'à d'autres secteurs au nord de L'Ancienne-Lorette. Des résidents du coin se sont rapidement agglutinés autour du périmètre de sécurité, attirés par le bruit des sirènes. 

Devant l'ampleur de la tâche, le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) a rapidement déclenché une quatrième alarme. «Au plus fort de l'intervention, plus de 60 pompiers étaient à pied d'oeuvre. À notre arrivée, le bâtiment principal était attaqué à la grandeur», a expliqué Annie Marmen, porte-parole du SPCIQ.

Le bâtiment évalué à 2,8 millions $ est une perte totale. Le plancher du rez-de-chaussée, où les consommateurs étaient habitués de déambuler, s'est complètement affaissé sur le sous-sol. Le toit a lui aussi cédé et tout s'est écroulé comme un château de cartes. Le feu n'a pas épargné les serres situées à l'arrière du centre horticole du 6029, boulevard Wilfrid-Hamel.

Après huit heures de combat, le SPCIQ a déclaré la situation sous contrôle, vers 11h45. Les sapeurs n'ont eu d'autre choix que d'être sur la défensive pour la majeure partie de l'opération. 

L'un des copropriétaires du centre jardin Hamel était sur place dès 5h15. Il a assisté, impuissant, à la destruction du commerce acquis en 2012 avec son frère. Calme et posé devant les journalistes, Jean-Paul Daoust, aussi copropriétaire de Floralies-Jouvence, n'était pas prêt à lancer la serviette.  «Jardin Hamel, c'est quand même une institution à Québec. Nos intentions, c'est vraiment de reconstruire pour que nos employés puissent recommencer à travailler le plus vite possible, a-t-il dit avec aplomb. «Il va falloir tout démolir. J'espère qu'on va être capables de reconstruire d'ici le mois de mai.» Il en coûtera selon lui «plusieurs millions de dollars». 

Dans leur industrie, les mois d'avril, mai et juin représentent la plus grosse période de l'année. «Il ne faut pas rater notre printemps.»  

Mais avant toute chose, la priorité des frères Daoust est d'épauler la quarantaine d'employés désormais sans boulot. «C'est sûr que le moral [est] assez bas. Ce sont des gens qui travaillent ici depuis longtemps. La moyenne se situe entre 10 et 20 ans d'expérience. C'est triste, c'est tout ce qu'on peut dire», a mentionné l'employeur.

Reste à savoir ce qu'ils pourront faire en attendant la reconstruction. «Ça, c'est mon autre gros questionnement. En espérant qu'ils vont pouvoir continuer d'avoir leur salaire ou encore qu'on soit capables de les payer.» Il faudra voir avec les assurances. 

La cause de l'incendie est pour le moment inconnue. «Ça semble être parti dans le bâtiment central, mais je ne sais pas encore les causes exactes», a indiqué M. Daoust. Les enquêteurs du SPCIQ prendront le temps de fouiller les décombres à la recherche d'indices. Aucune piste n'avait encore été spécifiée lundi.

Un classique

Pour Serge Bernard, qui a dégoté son premier emploi au centre jardin Hamel au milieu des années 70, il est clair que les citoyens de L'Ancienne-Lorette sont attachés au commerce. «Ça va affecter bien des gens. Pas juste le propriétaire, mais les travailleurs et le monde autour», a-t-il exprimé, rencontré près des lieux de l'incendie.

Plus qu'un centre horticole, l'endroit était devenu «un classique» pendant la relâche, notamment grâce à l'événement Papillons en fête, qu'il avait lui-même l'habitude de visiter avec ses enfants. «C'est triste», a-t-il soufflé, heureux d'apprendre tout de même que l'intention des propriétaires était de rebâtir.

Comme la franchise Éducazoo de Québec était associée... (Fournie par Éducazoo) - image 4.0

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Comme la franchise Éducazoo de Québec était associée à Papillons en fête, quelque 140 animaux étaient en résidence au centre Hamel. Seuls quatre sont sortis indemmes de l'incendie. 

Fournie par Éducazoo

Plus de 140 animaux et 4000 papillons périssent

L'incendie du centre jardin Hamel n'a pas fait de victime humaine. Bien que personne n'ait été blessé dans le brasier, plus de 140 animaux et 4000 papillons provenant des quatre coins du monde ont péri.

L'événement Papillons en fête battait son plein depuis le début février au centre horticole. Les familles étaient invitées à capturer et identifier les insectes dans les serres jusqu'à la fin mars. Encore dimanche, quelques heures avant que le feu ne fasse rage, ils étaient nombreux à profiter de la dernière journée de relâche pour y participer.

Les 4000 papillons en liberté dans les serres n'ont pas survécu. Et ils ne sont pas les seuls.

Pour la première année, la franchise Éducazoo de Québec était associée à la fête. Quelque 140 animaux étaient en résidence au centre Hamel pour toute la durée de l'événement. Seuls quatre ont survécu. 

«On a perdu pas mal toute l'équipe», a confirmé Jean-François Martel, propriétaire d'Éducazoo de Québec. «Je ne sais pas comment c'est possible, mais les pompiers ont réussi à sauver une tortue [nommée Solange], deux rats domestiques et un chinchilla.»

Dix perruches appartenant au centre Hamel figurent aussi parmi les miraculés.

La peine était grande chez les employés d'Éducazoo, entreprise montréalaise dont la branche Québec a été fondée il y a huit ans. «Ce sont nos collègues de travail. Certains étaient avec nous depuis le début. On les entretient, on les nourrit... ça devient nos amis. Ils avaient tous leurs prénoms et des anecdotes», a confié M. Martel.

Beaucoup d'animaux étaient exotiques, dont des reptiles et des insectes. Un varan à gorge noire de trois pieds et pouvant en atteindre sept figure parmi les espèces les plus rares que possédait l'entreprise. Ce patrimoine s'est envolé.

«Ça prend du temps à connaître certains animaux. On ne laisserait pas un enfant avec un grand serpent qu'on ne connaît pas», a fait valoir M. Martel. Déjà lundi, un élan de solidarité redonnait espoir à Éducazoo. «Plusieurs personnes nous appellent pour nous donner des animaux, surtout des particuliers.»

Les collègues montréalais ont aussi «envoyé des animaux d'urgence» pour permettre à l'équipe de Québec d'honorer ses contrats de fêtes d'enfants et autres événements à venir. «On a beaucoup de support. Il faut croire que c'est ça, la beauté dans tout ça.»

Loin de se laisser abattre par l'incendie qui a... (Infographie Le Soleil) - image 5.0

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