Terrorisé, il témoigne contre le fils d'un Hells

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Un jeune mécanicien a raconté jeudi au palais de justice de Québec comment le fils d'un Hells l'aurait forcé, à la pointe d'un fusil, de lui fournir une adresse où commettre un vol.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Visiblement terrorisé, un homme de 23 ans a témoigné jeudi avec beaucoup d'émotion au procès de Jason Gagné, fils du Hells Angels Sylvain «Shawny» Gagné. L'homme de 28 ans est accusé dans des affaires de violation de domicile, de séquestration et de vols qualifiés survenus en 2014 dans Saint-Nicolas et Saint-Étienne-de-Lauzon.

S'exprimant à voix très basse et visiblement nerveux, le jeune mécanicien qui avait déjà vendu des voitures à Gagné a raconté comment celui-ci l'aurait forcé, à la pointe d'un fusil, de lui fournir une adresse où commettre un vol. «Il me proposait souvent de faire des vols avec lui, mais j'y étais opposé. Une fois cependant, il m'a menacé. Il a sorti un revolver, alors j'ai donné l'adresse d'un gars dont on disait qu'il avait de l'argent. Je lui ai montré où il restait», a-t-il raconté.

«Sous la menace, je suis parti avec lui. Sans ça, je ne serais jamais allé avec lui. Cependant, j'ai refusé d'embarquer dans le coup, même sous la menace», a enchaîné le témoin.

Jason Gagné fait face à 14 chefs d'accusation pour ces délits survenus le 3 juillet 2014. Il se serait alors introduit par effraction avec un complice dans une résidence de Saint-Étienne-de-Lauzon. Le duo avait alors battu, ligoté et séquestré l'homme et la femme qui y résidaient pour ensuite fouiller les lieux de fond en comble et repartir avec des armes à feu, mais sans argent.

Gagné serait d'ailleurs retourné voir le mécanicien le lendemain, fâché que le vol n'ait pas été aussi lucratif que prévu. «J'avais deux autos, une BMW et une Mustang, et il m'a dit qu'il partait avec l'une des deux. Il a encore sorti un revolver, alors je lui ai laissé la Mustang», a poursuivi le jeune témoin dont nous tairons l'identité pour sa sécurité.

Famille menacée

Arrêté en mars 2015 pour complicité dans cette affaire, le témoin n'avait alors pas parlé aux policiers des menaces dont il aurait été victime. «Je n'ai jamais parlé des menaces par arme à feu parce que j'avais peur. J'en ai parlé seulement quand il y a eu des menaces pour ma famille», a-t-il poursuivi.

Il a d'ailleurs précisé avoir été intimidé de nouveau en décembre dernier alors que Gagné aurait tenté de le décourager de témoigner contre lui à son procès. «Il m'a dit de ne pas témoigner, que c'était facile de faire disparaître du monde et il m'a dit qu'il savait le nom de ma blonde, qu'elle restait à Charny et il m'a dit son adresse», a-t-il poursuivi.

Le jeune homme, qui a laissé échapper quelques larmes durant l'une des pauses du procès, a expliqué à la juge Marie-Claude Gilbert que c'est ce dernier événement qui l'a incité à porter plainte aux policiers.

«J'ai fait une plainte le 16 janvier, car je craignais pour la vie et la sécurité de ma famille. Je ne me sentais pas capable de gérer la situation», a expliqué le jeune homme, dont le père a également été appelé à la barre.

L'agriculteur de 61 ans est venu parler de l'air effaré de son fils et du fait qu'il semblait avoir très peur quand il l'a vu discuter avec un autre jeune homme qu'il ne connaissait pas. Le père a expliqué que cet événement s'était déroulé durant la même période où son fils s'était départi de sa Mustang.

Opération Maverick 2

Jason Gagné est aussi accusé d'un autre vol qualifié survenu en décembre 2014 dans Saint-Nicolas, alors qu'une personne avait été menacée avec une arme de poing pour lui soutirer le contenu de ses poches. Les suspects avaient ensuite pris la fuite avec le véhicule de la victime, un Honda CRV.

Gagné avait été arrêté, en compagnie de trois complices, à la suite de l'opération Maverick 2, menée par la police de Lévis en février 2015. L'un des présumés complices a d'ailleurs témoigné contre lui plus tôt cette semaine dans ce procès qui se poursuivra encore quatre jours.

Le père de Gagné est le motard Sylvain «Shawny» Gagné, membre en règle de la section de Québec des Hells Angels, condamné à 15 ans d'emprisonnement après avoir plaidé coupable dans le mégaprocès SharQc en 2013. Comme 33 autres membres du club de motards, il a déposé en novembre une requête en Cour d'appel pour demander la permission de faire annuler sa condamnation.

L'avocat pris sur le fait avec son crayon intelligent

L'avocat de Jason Gagné, MJean-Pierre Gagnon, a été pris sur le fait par un constable spécial jeudi. L'homme de loi enregistrait ce qui se passait dans la salle de cour, durant le procès de son client comme durant les suspensions, avec son crayon intelligent.

Mise au courant de la situation par le constable, qui avait remarqué le voyant record sur le crayon de l'avocat déposé sur la table durant une pause, la juge Marie-Claude Gilbert l'a rappelé à l'ordre. «Est-ce qu'il enregistre? C'est contraire aux règles de pratique!» a déclaré la juge au procureur, qui disait l'ignorer et utiliser son crayon intelligent sans aucune intention malveillante. «Je ne pensais pas que ça créerait autant de remous...», a-t-il laissé tomber. L'avocat a ensuite accepté de fermer l'enregistreuse de son crayon intelligent. L'avocate de la Couronne, Me Sandra Rioux, est cependant revenue à la charge après avoir été informée que le crayon avait enregistré alors que l'avocat était à l'extérieur de la salle et en l'absence de la juge.

«J'ai de la difficulté à ce que des conversations que j'ai pu avoir en l'absence de Me Gagnon soient enregistrées à notre insu», a-t-elle expliqué. Me Gagnon a ensuite plaidé avoir oublié son crayon sur la table par erreur une seule fois, ce qui n'a pas empêché la juge Gilbert de lui demander d'effacer en entier le contenu de l'appareil.

«Je vais vous demander de l'effacer. Je ne permettrai pas dans cette salle de cour qu'on enregistre à l'insu des gens», a-t-elle poursuivi, ordonnant d'un même souffle que soit transmise sur disque compact l'enregistrement des audiences de la journée.

L'avocat s'est exécuté et a ensuite promis à la juge qu'il n'utiliserait plus son crayon intelligent, même s'il n'avait pas vu d'interdiction expresse de le faire dans les directives du juge en chef. «Moi, je vous demande, dans l'esprit de cette directive, de ne pas enregistrer, car quand je ne suis pas sur le banc, l'enregistrement est arrêté», a-t-elle fait valoir. «Vous ne portez pas des lunettes avec des micros, j'espère?» a-t-elle ensuite lancé à l'avocat avant de reprendre le procès.

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