Délit de fuite mortel: 9 mois de prison pour Valérie Tremblay

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L'infirmière auxiliaire Valérie Tremblay - ici avec son avocate - a été reconnue coupable de délit de fuite mortel sur la personne de Sébastien Dubé en mai 2011.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) L'infirmière auxiliaire Valérie Tremblay, coupable de délit de fuite mortel sur la personne de Sébastien Dubé en mai 2011, a quitté le tribunal en larmes lundi matin après que la juge Chantale Pelletier lui eut imposé une peine de neuf mois de prison ferme.

Estimant qu'il s'agissait d'un cas de sévices graves à la personne, la juge a rejeté la proposition de l'avocate de la défense, Me Sylvie Côté, qui souhaitait pour sa cliente sans antécédent judiciaire une peine avec sursis à purger dans la collectivité.

La juge a répété qu'elle ne croyait pas ce que l'accusée maintient depuis le début des procédures, à savoir qu'elle ne s'est jamais rendu compte qu'elle avait frappé M. Dubé, un homme pourtant de forte corpulence et vêtu de vêtements aux couleurs visibles, croyant plutôt avoir heurté un objet ou un animal. Elle note également les dommages importants à la voiture, signe d'un impact violent.

«La preuve présentée au procès démontre hors de tout doute raisonnable que lors de l'impact, l'accusée, assise au volant, ne pouvait faire autrement que voir la victime sur le capot», explique la juge.

«Avoir laissé la victime blessée sur la chaussée démontre un mépris certain pour la vie humaine. Trois jours après l'accident, alors que l'accusée fait sa déclaration au policier, elle ne manifeste toujours aucune inquiétude pour la victime. Cela est d'autant plus surprenant de la part d'une personne travaillant dans le domaine de la santé», poursuit-elle.

Notant toutefois que Valérie Tremblay semblait, à la lecture des rapports présentenciels, de plus en plus consciente de la gravité de la situation et qu'elle était une citoyenne sans histoire qui a commis une infraction importante, la juge a opté pour une peine de 9 mois alors que pour des accusations similaires, les peines d'emprisonnement ferme peuvent aller jusqu'à deux ans.

Longues procédures

S'il a fallu presque cinq ans pour régler ce dossier, c'est entre autres que la femme de 30 ans a à deux reprises tenté de plaider coupable, voyant à chaque occasion son plaidoyer refusé par le juge parce qu'elle n'avouait pas avoir eu connaissance de l'accident. Elle a de plus été enceinte à deux reprises durant les procédures, la dernière fois une grossesse à risque ayant forcé le report des représentations sur sentence.

Le procureur de la Couronne, Me Jean-François Robitaille, a indiqué que la famille de la victime était soulagée de voir les procédures se terminer enfin. «Ce dossier a pris une tournure particulière à cause de plusieurs événements extraordinaires. Les membres de la famille de M. Dubé sont contents de fermer ce chapitre et de passer à autre chose. Parfois, ils en étaient même à se demander si Mme Tremblay faisait exprès. Moi, je n'ai jamais vu ça, mais je comprends leur frustration.»

Sa vis-à-vis de la défense a toutefois signalé que sa cliente aurait elle aussi voulu clore le dossier beaucoup plus tôt. «Il ne faut pas oublier que ma cliente voulait plaider coupable depuis 2013. Elle n'a pas eu le choix de faire un procès parce que personne ne reconnaissait son plaidoyer», a commenté Me Côté, ajoutant que la situation était difficile pour sa cliente.

«Elle s'attendait à une peine ferme et d'être éloignée de ses trois enfants mais, malgré ça, ce n'est jamais facile. Surtout que c'est une personne sans antécédent qui n'a pas l'habitude du système judiciaire», a conclu l'avocate.

La famille de la victime «grandement soulagée»

Sébastien Dubé... (Fournie par la famille) - image 3.0

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Sébastien Dubé

Fournie par la famille

La famille de la victime, Sébastien Dubé, a tenu lundi soir à exprimer son émotion, par voie de communiqué, au sujet du verdict tombé quelques heures plus tôt. «Nous sommes grandement soulagés que les procédures judiciaires soient enfin terminées. Aujourd'hui, loin des corridors du palais de justice, nous retrouvons notre identité et, surtout, nous retrouvons notre individualité. Désormais, nous ne serons plus "la famille de la victime"; ce faisant, nous pourrons enfin terminer chacun notre deuil. Le deuil d'un enfant, d'un frère, d'un cousin, d'un ami.»

La famille a également pris le temps de remercier les journalistes, les policiers et les enquêteurs ayant travaillé dans le dossier, ainsi que le procureur de la Couronne, Me Robitaille, «pour son grand professionnalisme, ses nombreuses explications tout au long des procédures et son humanisme...»  

Avec Camille B. Vincent

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