Desjardins poursuivi pour 1,5 M$ par une directrice évincée

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(Québec) Manon Girard avait le logo vert de Desjardins tatoué sur le coeur. Victime, selon elle, d'un congédiement abusif après 35 ans de carrière, elle intente une poursuite de 1,5 million $ contre la Caisse populaire Saint-Raymond-Sainte-Catherine, son directeur et le Mouvement au complet.

La gestionnaire a commencé sa carrière comme commis junior et a gravi les échelons pour devenir, à 31 ans, directrice de la section marché des particuliers à la Caisse populaire Sainte-Thérèse-de-Lisieux.

Dans sa poursuite déposée en début de semaine en Cour supérieure, elle affirme qu'elle «cultivait un amour profond pour son travail et pour le Mouvement [Desjardins]» et «qu'elle croyait fermement qu'elle y terminerait sa carrière».

En avril 2013, elle décroche le poste de directrice marché des particuliers et développement des affaires à la Caisse Saint-Raymond-Sainte-Catherine dans Portneuf. Elle vient d'obtenir son poste de rêve, précise-t-elle dans sa poursuite.

Les premiers mois se passent bien. Manon Girard affirme que, neuf mois après son arrivée, la Caisse dépasse les objectifs tant pour l'épargne que pour le crédit hypothécaire et résidentiel.

À la fin de 2013, elle doit gérer deux dossiers d'employés difficiles et recommande le congédiement de l'un d'eux.

État de choc

Au printemps 2014, un nouveau directeur général de la Caisse populaire, Michel Truchon, entre en fonction. À une rencontre qui devait viser à transférer les dossiers entre le dg par intérim et le nouveau dg, Manon Girard apprend que son style de gestion est jugé inadéquat.

Le nouveau dg convoque la directrice 10 jours plus tard. Michel Truchon lui aurait alors dit que des employés menaçaient de quitter la Caisse si elle restait en poste. «Va-t'en chez vous et pense à comment on peut s'organiser pour que tu puisses quitter la caisse», aurait dit le directeur général, selon les allégations de Manon Girard.

À partir de ce moment, la directrice affirme qu'elle ne se souvient plus de rien en raison d'un état de choc. Au dire de son conjoint, elle n'aura que de brefs instants de lucidité durant plusieurs semaines.

La gestionnaire évincée affirme avoir souffert d'insomnie sévère, d'une perte d'intérêt marquée, de troubles importants de concentration, de nausées et de vomissements, d'anxiété. Son médecin diagnostique une dépression sévère et la place en arrêt de travail.

La directrice affirme dans sa requête que la période qui a suivi son évincement «est le pire supplice qu'elle a pu endurer dans sa vie».

Manon Girard recevra une lettre de congédiement de la Caisse en février 2015 avec comme raison donnée sa mauvaise attitude et son absence de volonté de changer.

Selon la directrice, elle n'a jamais reçu aucune indemnité de départ.

Manon Girard a tenté un recours à la Commission des normes du travail; selon elle, sa plainte n'a pas eu de suites parce qu'elle n'accumulait pas deux années de services continus à la Caisse.

Manon Girard réclame la somme de 320 000 $ à son directeur général Michel Truchon pour les dommages liés à sa dépression. Elle demande aussi à la Cour de condamner la Caisse et le Mouvement Desjardins à un peu plus de 1,2 million $ notamment pour atteinte à sa réputation, pour l'avoir privée d'une indemnité de départ et en dommages exemplaires. Manon Girard dit s'être sentie trahie par la Caisse et le Mouvement «pour lequel elle n'a été que dédiée durant toute sa vie».

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