Un policier tué en Abitibi, le suspect retrouvé sans vie

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Lac-Simon pleure à la fois un policier et un des siens, morts dans un drame encore inexpliqué.

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La Presse Canadienne
Montréal

Un policier a été tué par un suspect qui se serait ensuite enlevé la vie au cours d'une intervention policière qui a mal tourné samedi soir dans la communauté autochtone de Lac-Simon, près de Val-d'Or, en Abitibi.

Appelés à se rendre dans une résidence pour un conflit entre un nombre indéterminé de personnes, deux patrouilleurs de la police locale ont été accueillis par au moins un coup de feu.

Selon la Sûreté du Québec, qui a été chargée de l'enquête, les agents n'auraient pas répliqué.

L'un d'eux a été blessé grièvement et a succombé à ses blessures. Il s'agit de Thierry Leroux, un policier de 26 ans, a indiqué un porte-parole de la SQ, le sergent Benoît Coutu. Le jeune homme du Lac-Saint-Jean était à l'emploi du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac Simon depuis août 2015.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représentait le défunt, a publié un bref communiqué en réaction à la triste nouvelle dimanche après-midi.

L'un des conseillers du SCFP y a écrit que les collègues de M. Leroux étaient «secoués» par sa fin brutale. Stéphane Lachance a ajouté qu'ils offraient «leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Thierry».

M. Lachance a également indiqué qu'ils se promettaient de suivre de près l'enquête indépendante devant être menée par la SQ.

Une soixantaine de résidents de Lac-Simon ont répondu... (La Presse, Olivier Jean) - image 2.0

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Une soixantaine de résidents de Lac-Simon ont répondu à l'appel du conseil de bande et ont bravé le froid mordant pour exprimer leur solidarité envers Anthony Papatie, un jeune homme qui semblait avoir bonne réputation dans sa communauté. 

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La vie de l'autre policier n'est pas en péril. Par contre, il a subi un choc nerveux, a indiqué le syndicat.

Le suspect a été découvert sans vie à l'intérieur du domicile. Il aurait retourné l'arme contre lui. La SQ a donné son identité : il s'agit d'Anthony Raymond Papatie, un individu de 22 ans.

Des agents jeunes, mais bien formés, assure le syndicat

À 26 ans, Thierry Leroux était dans la... (Tirée de Facebook) - image 4.0

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À 26 ans, Thierry Leroux était dans la moyenne d'âge du Service de police anishnabe Takonewini. Le jeune agent avait été embauché en août dernier par le conseil de nation anishnabe. 

Tirée de Facebook

À 26 ans, Thierry Leroux, décédé en uniforme samedi, figurait dans la moyenne d'âge des membres actifs du Service de police Anishnabe Takonewini de Lac-Simon, lequel est composé de 16 policiers. Un effectif jeune, certes, mais formé adéquatement, assure son syndicat.

Thierry Leroux est mort dans l'exercice de ses fonctions, samedi soir, abattu d'un tir d'arme à feu lors d'une intervention sur le territoire de la nation anishnabe de Lac-Simon, non loin de Val-d'Or, en Abitibi.

Le jeune agent originaire d'Amos n'était à l'emploi du Service de police anishnabe Takonewini de Lac-Simon que depuis six mois. Il avait été embauché au mois d'août par le Conseil de la nation anishnabe, qui se trouve à être l'employeur responsable du corps de police. 

Les troupes sont plutôt jeunes dans ce coin de l'Abitibi. Selon le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les membres de la police de Lac-Simon, la majorité des constables sont âgés dans la vingtaine ou dans la trentaine. «À 26 ans, Thierry était pas mal dans la moyenne», a fait savoir Stéphane Lachance, représentant syndical du défunt policier et de ses collègues. 

«Ce sont effectivement des jeunes, mais ce sont des policiers qui ont reçu la formation adéquate [à l'École nationale de police du Québec] à Nicolet», a-t-il poursuivi. «Il était formé et connaissait les procédures. [...] Souvent, les policiers prennent leur expérience là [en région] avant d'entrer comme policiers dans de grands centres urbains comme Québec ou Montréal.»

Du peu qu'il en sait et du peu qu'il peut en dire, M. Lachance croit que Thierry Leroux et son partenaire, non blessé et traité pour un choc nerveux, «n'ont même pas eu le temps de faire l'intervention». Le coup de feu serait parti dès leur arrivée à la résidence du suspect, Joseph Anthony Raymond-Papatie, vers 22h30.

Le représentant syndical n'a pas osé s'avancer davantage sur les circonstances entourant le drame, l'affaire faisant l'objet d'une enquête par la Sûreté du Québec (SQ). Il a offert au passage ses condoléances à la famille de la victime. M. Lachance était en route pour Lac-Simon, dimanche soir, où il doit rencontrer le conseil de la nation lundi.

Confrérie en deuil

Peu nombreux, les policiers de Lac-Simon ont été temporairement relevés de leurs fonctions, question d'encaisser le choc. La SQ assurera la couverture policière jusqu'à nouvel ordre et ce pour une durée indéterminée. Des ressources de soutien psychologique seront mises en place pour soutenir les collègues de Thierry Leroux. 

«C'est une confrérie tissée serrée», a expliqué Stéphane Lachance, soulignant qu'une mixité existe au sein des forces policières de Lac-Simon, certains agents étant issus de la communauté autochtone.

Puisque les événements se sont déroulés sur le territoire d'une communauté autochtone, M. Lachance a tenu à prévenir ceux qui voudraient tirer des conclusions «faciles». «Ça aurait pu se produire partout au Québec ou au Canada. Quelqu'un armé a fait feu vers un policier et l'a atteint mortellement», a-t-il tranché. «[Être policier à Lac-Simon], ce n'est pas pire, ce n'est pas mieux.»

La population de la réserve est estimée à 1200 personnes. Selon Affaires autochtones Canada, environ 633 d'entre elles y résideraient en permanence.

Une série d'hommages rendus à Thierry Leroux

À la mémoire de Thierry Leroux, ses anciens... - image 6.0

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À la mémoire de Thierry Leroux, ses anciens collègues de classe ont créé un logo à l'effigie de la 143e cohorte, ajoutant la mention «Rest in peace bro [Repose en paix, mon frère]»

Plusieurs hommages ont été rendus dimanche au policier Thierry Leroux, décédé en fonction samedi soir, en Abitibi. Ses camarades de la 143e cohorte de l'École nationale de police du Québec se sont notamment mobilisés sur les réseaux sociaux. 

Thierry Leroux n'avait que 26 ans et n'était en service à Lac-Simon que depuis six mois. Il faisait partie de la 143e cohorte de l'École nationale de police du Québec, qui a gradué en décembre 2013. Nombre de ses anciens collègues de classe lui ont rendu hommage sur Facebook, dimanche, après avoir appris le décès de l'un des leurs. À sa mémoire, ils ont créé un logo à l'effigie de la 143e cohorte, ajoutant la mention «Rest in peace bro [Repose en paix, mon frère]». Le logo tapissait les pages personnelles de l'entourage du jeune homme en fin de journée.

Thierry Leroux a un frère de la région de Québec. Le Soleil a tenté de le joindre dimanche après-midi, sans succès. Ce dernier a laissé quelques mots pour son frangin. «Une douleur si intense qu'il n'y a pas de mot pour la décrire. À un ami, un complice, mais surtout un frère qu'on ne pourra jamais remplacer! Je t'aime, bro, tu me manques déjà», a-t-il écrit sur Facebook. Les hommages ne sont pas tous venus du cercle immédiat de Thierry Leroux. Le Service de police de la Ville de New York, par l'entremise d'un compte Twitter dédié à la mémoire des policiers morts en service, a offert des condoléances aux proches du Québécois. D'autres corps de police à travers le Canada ont fait de même.   Avec David Rémillard

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