Procès de Jian Ghomeshi: des médias veulent la photo en bikini de la témoin

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Jian Ghomeshi a rencontré des manifestantes tandis qu'il entrait au palais de justice de Toronto jeudi matin en compagnie de l'avocate Marie Henein.

La Presse Canadienne, Frank Gunn

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Diana Mehta
La Presse Canadienne
Toronto

Le juge au procès de Jian Ghomeshi a rejeté, jeudi, la requête de certains médias qui voulaient obtenir la photo en bikini envoyée par le premier témoin à l'accusé, estimant que la cour avait le devoir de protéger la vie privée des plaignantes et de réduire le traumatisme qu'elles doivent subir.

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Des manifestantes attendaient Jian Ghomeshi jeudi matin devant le tribunal à Toronto.

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Au deuxième jour du procès pour agressions sexuelles de l'ex-animateur vedette de la radio de la CBC, mardi, la cour avait appris que la femme avait envoyé la photo à M. Ghomeshi 18 mois après qu'il l'eut apparemment agressée à deux reprises.

Le «Toronto Star», CTV, Global TV et Postmedia ont demandé jeudi au juge d'obtenir la photo, dans l'intérêt public, puisqu'elle pourrait constituer un élément-clé de la preuve. Les médias promettaient de brouiller le visage de la femme pour préserver son anonymat.

Opposition virulente

La Couronne et l'avocat de la plaignante se sont vigoureusement opposés à cette requête, jeudi matin. Le procureur de la Couronne Michael Callaghan a notamment plaidé que la publication de cette photo pourrait dissuader d'autres victimes de dénoncer leur présumé agresseur et de venir témoigner.

Le juge William Horkins s'est rangé à cet avis. «Je ne crois pas qu'il faille voir la photo pour saisir» sa portée dans l'affaire, a statué le juge. Par contre, «les plaignantes doivent savoir que les tribunaux prendront très au sérieux leur rôle de gardien» de leur vie privée, a-t-il tranché.

Le procès se poursuivait jeudi avec un nouveau témoin de la Couronne, l'actrice Lucy DeCoutere.

Perpétuité

Jian Ghomeshi, qui a animé la populaire émission culturelle «Q», à l'antenne de la radio publique, a plaidé non coupable à quatre chefs d'agression sexuelle et un chef d'avoir tenté d'étouffer, de suffoquer ou d'étrangler une personne dans le but de vaincre sa résistance. S'il est reconnu coupable d'agression sexuelle, M. Ghomeshi fait face à une peine maximale de 18 mois de prison. L'accusation de tentative d'étouffement, par contre, pourrait lui valoir une peine de prison à perpétuité.

Plus tôt cette semaine, l'une des trois femmes qui ont accusé M. Ghomeshi a admis, en contre-interrogatoire, que plusieurs mois après les présumées agressions, elle avait envoyé des courriels à M. Ghomeshi dans lesquels elle tentait de reprendre contact avec lui. La plaignante a expliqué à l'avocate de la défense qu'elle avait envoyé ces courriels à l'animateur comme «appâts», afin qu'il communique avec elle et qu'elle puisse lui demander d'expliquer ses gestes violents.

Elle avait également expliqué comment Ghomeshi - qu'elle a décrit comme un charmant gentleman avec un côté sombre - l'aurait attaquée en décembre 2002, puis en janvier 2003. Lors du premier incident, Ghomeshi lui aurait tiré violemment les cheveux pendant qu'ils s'embrassaient «sensuellement». Lors du deuxième incident, qui serait survenu chez lui, l'animateur lui aurait encore une fois tiré les cheveux pendant qu'ils s'embrassaient avant de la frapper à la tête.

Charmer l'accuser

Au cours d'un intense contre-interrogatoire, la femme, qui ne peut être identifiée, a admis avoir envoyé les courriels à Ghomeshi dans lesquels elle tentait de le charmer, et ce, longtemps après les présumées agressions.

L'existence de ces courriels a été soulevée en cour après que la femme eut affirmé qu'elle n'avait pas communiqué avec l'animateur après les présumées agressions, sauf, peut-être, pour lui manifester sa colère par courriel.

La femme a déclaré à l'avocate de Ghomeshi qu'elle avait envoyé ces courriels à l'animateur comme «appâts», afin qu'il communique avec elle et qu'elle puisse lui demander d'expliquer les présumées agressions. Elle a aussi dit qu'elle ne se souvenait pas de ces courriels lorsqu'elle a parlé à la police et aux procureurs de la Couronne.

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