La prostitution juvénile persiste à Québec

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Le phénomène de la prostitution juvénile n'a connu ni hausse ni baisse dans la capitale, mais il a évolué avec les réseaux sociaux.

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(Québec) La prostitution juvénile n'y est pas organisée en réseau comme à l'époque du Wolf Pack, mais elle existe toujours à Québec, selon la coordonnatrice de la Table régionale de concertation sur la prostitution juvénile et l'exploitation sexuelle, Nancy Delisle.

Au cours des dernières semaines, les médias ont abondamment fait état de fugues d'adolescentes dans la région de Montréal. Des parents ont confié craindre que leur fille ne se prostitue. 

Selon Nancy Delisle, le phénomène de la prostitution juvénile n'a pas connu de hausse ou de baisse dans la capitale. «C'est encore présent, comme il y a 2 ans, 10 ans, 15 ans», observe-t-elle.

Le phénomène a toutefois évolué, en grande partie avec les réseaux sociaux et la cybersexualisation, explique la spécialiste du Centre jeunesse de Québec. «Aujourd'hui, on parle moins de structure de réseau comme à l'époque du Wolf Pack. C'est davantage le fait de quelques jeunes, d'un garçon ou deux qui a [ou ont] plusieurs filles», note Mme Delisle. 

Des ados fugueuses

À la Table, les cas les plus souvent rapportés sont ceux d'adolescentes qui ont fugué, qui se sont rendues dans les grands centres urbains et qui sont entrées en contact avec de vagues connaissances, un ami Facebook ou un ami d'un ami. «Une fois chez cette personne, elle est contrainte d'avoir des relations sexuelles en échange d'un toit, de nourriture ou de drogue. Souvent, elle n'est pas libre de repartir», explique Nancy Delisle.

D'autres adolescentes peuvent aussi être sous l'emprise de leur «amoureux» proxénète ou d'une «amie» qui les contraint à avoir des relations sexuelles qu'elles n'auraient pas eues normalement. 

Le modus operandi de ces amis peu recommandables est essentiellement le même que celui utilisé par les membres du Wolf Pack au début des années 2000. Au départ, l'adolescente qui vient de changer de réseau d'amis est en «lune de miel». Les partys et les cadeaux fusent, et la jeune fille se sent valorisée. Ensuite vient une phase de désensibilisation, cette période où l'adolescente est amenée à se soumettre à des activités sexuelles. «Elle est manipulée et devient désensibilisée. À ce moment-là, elle n'a pas conscience qu'elle s'en va vers une dynamique d'exploitation sexuelle», dit Mme Delisle.

Signes avant-coureurs

Des signes avant-coureurs peuvent être remarqués par les parents de ces adolescentes à risque de prostitution. «D'abord, il y a le changement dans le réseau social. L'adolescente a de nouveaux amis qui sont très peu connus de ses parents. Elle reste évasive sur ses fréquentations et sur les endroits où elle va. Elle peut aussi arriver à la maison avec de nouveaux objets, des objets luxueux qu'elle n'a pourtant pas les moyens de se payer comme des bijoux, des vêtements ou des sous-vêtements. Il peut également y avoir un changement dans l'habillement : elle est plus sexy, plus provocante, et son image sur les réseaux sociaux est aussi plus sexy», énumère Nancy Delisle.

En cas de doutes, le mieux reste encore d'avoir une bonne discussion avec son enfant. «Pourquoi ne pas profiter des cas qui sont médiatisés pour lui demander ce qu'elle en pense?» suggère Mme Delisle, qui rappelle l'importance d'avoir une bonne communication avec son enfant dès son plus jeune âge. «De l'enfance à l'adolescence, c'est important de s'intéresser à ce que vit son enfant, de lui demander au souper comment a été sa journée, par exemple.»

Si la relation s'est détériorée et que la communication est rompue, les parents ne doivent pas hésiter à aller chercher de l'aide auprès de la DPJ, du CLSC ou d'un organisme comme le Projet intervention prostitution Québec (PIPQ). 

Selon Nancy Delisle, la littérature divise les adolescentes qui se prostituent ou qui sont à risque de le faire en quatre catégories : les indépendantes, qui sont plus autonomes et qui voient la prostitution comme une possibilité de faire de l'argent; les aventureuses, qui sont mues par la curiosité et le désir d'avoir une vie excitante; les soumises (le profil le plus courant), qui ont moins confiance en elles et qui ont un grand besoin d'affection; et, enfin, les «esclaves sexuelles», qui ont peur d'êtres battues ou violées et qui se perçoivent comme un objet sexuel.

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