D'oncle abuseur... à père exemplaire

René Lesage a été condamné à 30 mois... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

René Lesage a été condamné à 30 mois de prison, jeudi, au palais de justice de Québec.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) René Lesage est un excellent mari, un bon père et un citoyen sans reproche. Pour avoir violé deux jeunes nièces il y a 40 ans, il passera les 30 prochains mois au pénitencier.

Il y a un peu plus d'un an, la juge Chantale Pelletier a reconnu René Lesage, 62 ans, de Saint-Raymond, coupable d'attentat à la pudeur et de viol sur ses deux nièces.

Le jeune oncle, âgé à l'époque entre 16 et 23 ans, a agressé à plusieurs reprises les nièces, qui avaient elles entre 6 et 14 ans.

Selon les témoignages retenus par la juge, Lesage profitait de moments où il était seul avec les filles, à la ferme des grands-parents ou au chalet, pour les toucher ou se faire masturber. À au moins une occasion, Lesage force une nièce à une relation sexuelle complète.

La Couronne réclamait une peine de prison de trois à quatre ans. La défense, soulignant le temps écoulé et la vie exemplaire de l'accusé, plaidait pour une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité.

Témoin de la défense, la criminologue Marie-Pierre Houde affirmait qu'à ses yeux, la dénonciation, source d'un grand stress pour l'accusé, constituait une punition déjà suffisamment importante. La criminologue suggérait une compensation financière pour les victimes de même que le recours à la justice réparatrice.

La juge Chantale Pelletier a complètement écarté le témoignage de la criminologue, soulignant un certain «manque de rigueur» et qualifiant d'éléments de «philosophie» ses suggestions sur la peine.

Insultes aux victimes

Les membres de la famille immédiate de René Lesage ont très mal pris la décision sur la peine. Un fils est sorti en pleurant et en criant à l'injustice.

Les soeurs et les beaux-frères de l'accusé grommelaient des insultes en direction des victimes, installées dans un petit local non loin de là. «Il y a seulement mon truck qui n'a pas passé dessus!» pestait un sexagénaire tandis qu'une dame incitait les journalistes à aller vérifier dans Portneuf la réputation des deux plaignantes.

Un constable spécial a dû calmer le jeu afin d'éviter que la colère des proches ne dégénère en gestes d'intimidation.

Marie-France et Johanne Roussin, qui ont demandé la levée de l'interdiction de non-publication sur leur identité, n'étaient pas surprises de l'attitude de la famille. «C'est pour leur nom qu'ils s'inquiètent, glisse Marie-France. Pour moi, c'est réglé.»

Les deux femmes, aujourd'hui dans la jeune cinquantaine, se sentent soulagées d'avoir dénoncé leur agresseur et d'avoir suivi le processus judiciaire. «Moi, ça m'aide à sortir du rôle de victime que j'ai eu collé à la peau pendant tellement d'années», explique Johanne, avant de repartir, souriante, avec sa cousine.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer