Mort du petit Nathan: Nicolas Lacroix coupable

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Nathan Lecours est décédé en 2012.

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(Québec) Nicolas Lacroix avait les meilleures intentions du monde. Mais l'utilisation négligente de son arme le rend coupable de l'homicide involontaire du petit Nathan Lecours, deux ans et demi, conclut la juge Chantale Pelletier.

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Nicolas Lacroix est coupable d'homicide involontaire et de négligence criminelle ayant causé la mort du petit Nathan Lecours. 

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Se gardant d'ajouter une couche d'émotion à un dossier déjà très lourd, la juge Pelletier lit sa décision d'une voix calme et neutre.

L'accusé, un électricien de 39 ans, sans avocat depuis les derniers jours de son procès, écoute sans broncher. Micheline et Florian Lecours, les grands-parents paternels de Nathan, sont là. Ce sont eux qui auront la tâche de rapporter la nouvelle à la mère de la petite victime.

Presque quatre ans plus tard, le drame reste d'une tristesse inouïe. Le 3 mai 2012, Nicolas Lacroix apprend sur Facebook que son amie Mélanie Bissonnette est victime d'un harceleur, qui lui laisse des messages obscènes et menaçants nuit et jour.

Pour montrer à la jeune mère comment se défendre, Nicolas Lacroix, chasseur et tireur expérimenté, se rend chez elle, rue Foisy, à Lévis, avec son fusil de calibre 12.

Le coup fatal part après seulement quelques minutes de démonstration, atteignant le petit Nathan Lecours, deux ans et demi, en plein visage. Le blond garçonnet se trouvait au bout de la table et jouait à faire des «coucous» à sa mère et à l'accusé.

Un spécialiste en balistique a indiqué que l'arme, en bon état de fonctionnement, n'a pu se décharger accidentellement. Il a fallu nécessairement que l'accusé appuie sur la détente.

La mère et Nicolas Lacroix se ruent hors de la maison en criant et en pleurant. Lacroix répète : «C'est de ma faute, je l'ai tué, c'est un accident, je ne voulais pas le tuer, je veux mourir!»

Les premiers policiers remarquent une forte odeur d'alcool émanant de l'accusé. Des tests sanguins analysés à l'hôpital révéleront que Nicolas Lacroix était en état d'ébriété, avec une alcoolémie d'environ 0,16. «Cela a certainement affecté sa motricité lorsqu'il a manipulé l'arme à feu», a souligné la juge Pelletier.

La juge convient que la situation est tragique autant pour l'accusé que pour la victime. «Malheureusement, il ne s'agit pas d'une simple malchance, souligne la juge. La manipulation d'une arme exige une grande prudence.»

Apporter une arme à feu à une personne qui ne connaît pas les armes, manipuler et charger l'arme en présence de l'enfant, pointer l'arme dans une direction non sécuritaire; toutes ces actions constituent, aux yeux de la juge, une conduite qui s'écarte de la norme de diligence qu'observerait une personne raisonnable dans les circonstances.

Nicolas Lacroix n'a presque pas réagi en entendant le mot coupable. Dès que la juge eut fini de lire, les constables spéciaux ont pris le soin de retirer à Lacroix le canif qu'il avait oublié dans ses poches.

Un peu plus que quatre ans

La procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine a annoncé qu'elle allait réclamer une peine légèrement supérieure à la peine minimale de quatre ans prévue au Code criminel pour les crimes commis avec une arme à feu. Le fait, notamment, que Lacroix était intoxiqué par l'alcool mérite une peine supplémentaire, estime la Couronne.

La juge Pelletier a refusé la demande de la Couronne de mettre Lacroix derrière les barreaux immédiatement. Il demeurera donc en liberté sous engagement jusqu'aux observations sur la peine, qui auront lieu dans quelques semaines.

Nicolas Lacroix a indiqué avoir communiqué avec de nouveaux avocats dans le but de contester la constitutionnalité de la peine minimale de quatre ans pour l'usage d'une arme à feu.

Extrait du jugement de la juge Chantale Pelletier :

«Une personne raisonnable, se trouvant dans la même situation que l'accusé et possédant comme lui une expérience et une formation dans les armes à feu, aurait été consciente que l'utilisation négligente de l'arme à feu pouvait avoir comme conséquence probable de créer le risque de mort.»

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