Onde de choc à la CS de la Capitale

Un bouquet de fleurs en hommage aux victimes... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Un bouquet de fleurs en hommage aux victimes a été déposé à l'école Jean-de-Brébeuf, où trois d'entre eux y ont travaillé ou y travaillaient toujours.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les décès de six Québécois dans l'attentat terroriste perpétré vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, ont créé une onde de choc à la commission scolaire de la Capitale. Quatre disparus y ont oeuvré ou y travaillaient toujours, laissant ainsi des collègues, des amis et des élèves dans le deuil.

Ce qui avait les apparences d'un drame lointain comme il s'en produit trop souvent a rapidement pris une tournure locale, samedi. Le premier bilan faisait état de six Canadiens tués parmi les 29 morts causées par les assaillants d'Al-Qaida à l'hôtel Splendid et au café Cappuccino d'Ouagadougou. Puis les six Canadiens sont devenus six Québécois, et enfin six résidents de Québec.

La réalité a frappé encore plus durement à la commission scolaire de la Capitale lorsque les noms des victimes se sont mis à circuler. À commencer par ceux d'Yves Carrier, ancien directeur adjoint de l'école secondaire Jean-de-Brébeuf, voisine du Cégep Limoilou, et de sa fille, Maude Carrier. Cette dernière a travaillé dans cette même école dans le passé et enseignait maintenant le français à l'école Cardinal-Roy.

Le drame fait d'autant plus mal que le conjoint de Mme Carrier travaille actuellement à Jean-de-Brébeuf. Il perd à la fois des membres de sa famille, des proches et des amis dans la tragédie.

«C'est avec consternation que nous avons appris samedi la mort tragique de madame Maude Carrier, enseignante de notre commission scolaire et conjointe de monsieur Yves Richard, enseignant de notre école. Mme Carrier, ainsi que son père, Yves Carrier, directeur adjoint retraité de Jean-de-Brébeuf, figurent au nombre des six coopérants de la région de Québec victimes des attentats perpétrés au Burkina Faso», a confirmé Natalie Bonenfant, directrice de l'école Jean-de-Brébeuf, dans une lettre aux parents diffusée sur Facebook dimanche après-midi. «Nos pensées se sont immédiatement dirigées vers les membres de la famille, à qui nous offrons nos plus sincères condoléances.»

Louis Chabot, une autre victime et un bon ami des Carrier, a lui aussi enseigné à Jean-de-Brébeuf. Il oeuvrait aujourd'hui à l'école secondaire Boudreau, un établissement pour les élèves âgés de 16 ans et plus situé près du centre commercial Fleur de Lys.

Quant à Suzanne Bernier, qui accompagnait tout ce beau monde dans ce voyage d'aide humanitaire en Afrique, elle a déjà été directrice des écoles fusionnées Saint-Albert-le-Grand et Saint-Paul-Apôtre, dans Limoilou. Amie de la famille Carrier, elle avait pris sa retraite en 2010. Elle est aussi morte vendredi.

Nombre d'enseignants et membres du personnel toujours actif à la commission scolaire ont côtoyé les Carrier, M. Chabot ou Mme Bernier. L'onde de choc est telle que l'état-major a décidé de suspendre les activités prévues lundi dans certains des milieux touchés.

De l'aide et du soutien

«Compte tenu de l'impact de ces événements sur les membres du personnel de même que sur certains élèves, notez que les cours seront suspendus lundi 18 janvier à l'école secondaire Cardinal-Roy, de même qu'à l'école secondaire Jean-de-Brébeuf, [...] afin de nous permettre la mise en place de mesures de soutien pour le personnel», a annoncé la commission scolaire de la Capitale en milieu de journée. «Tous les élèves qui en ressentent le besoin seront accueillis à l'école et recevront l'aide et le soutien nécessaires par les professionnels en place.»

Si des élèves ont perdu leurs professeurs, ce sont surtout les collègues des disparus qui ont de la difficulté à vivre le drame. «Concrètement, ce sont surtout les enseignants qui sont affectés [plutôt] que les élèves», a souligné Marie-Élaine Dion, porte-parole de la commission scolaire.

À l'école Boudreau, les examens du ministère prévus à l'horaire sont maintenus, mais des intervenants seront sur place pour épauler le personnel.

Horaire régulier

Les horaires réguliers doivent reprendre aussi tôt que mardi, toujours sous l'encadrement de spécialistes. Une minute de silence doit être observée dans chaque école affectée lors du retour en classe. Une élève a proposé à ses camarades de se vêtir de noir, mardi, afin de manifester leur deuil et leur sympathie pour les familles des victimes. En plus des quatre professionnels de l'éducation, Gladys Chamberland, conjointe d'Yves Carrier, et Charlelie Carrier, leur fils, sont morts dans l'attentat.

«La meilleure école en ville»

Yves Carrier a été directeur adjoint à l'école... (fournie par la famille) - image 3.0

Agrandir

Yves Carrier a été directeur adjoint à l'école Jean-de-Brébeuf 

fournie par la famille

Ceux qui ont connu Yves Carrier comme directeur adjoint à l'école secondaire Jean-de-Brébeuf se souviennent encore de sa phrase fétiche qu'il utilisait pour débuter ses messages à l'intercom : «Bonjour les élèves de la meilleure école en ville!»

La phrase est réapparue dans plusieurs hommages rendus sur les réseaux sociaux, dimanche, tant sur la page de l'école Jean-de-Brébeuf que sur celle de la commission scolaire de la Capitale.

Jean-Thomas Grantham, qui a fréquenté cette école secondaire alors qu'Yves Carrier y était toujours, se souvient d'un homme impliqué, souriant, généreux. À son souvenir, l'école ne connaissait pas ses meilleures années au début des années 2000, mais M. Carrier avait malgré tout réussi «à créer une grosse vie étudiante en parallèle».

Tel un «morning man», Yves Carrier était devenu la voix de Jean-de-Brébeuf. «À tous les matins, c'est Yves Carrier qui faisait les nouvelles au télévox, comme si c'était un animateur de radio», a raconté un autre ancien élève qui a requis l'anonymat pour s'exprimer.

La phrase est devenue un slogan. «C'était tapissé dans les murs de l'école», a raconté cet ancien président des élèves de l'école. «Il meurt exactement comme il a mené sa vie, un gars de projets. Un gars qui était tout le temps au-devant. Et ce n'étaient pas des petits projets avec Yves. C'était tout le temps des affaires assez importantes. L'aide humanitaire, ça lui ressemblait énormément.»

Des hommages

D'autres hommages ont émergé des réseaux sociaux dimanche. À l'image du slogan Je suis Charlie lors des attentats survenus à Charlie Hebdo en janvier 2015, une image sur fond bleu indiquant Je suis Carrier est apparue sur Facebook pour rendre hommage aux trois membres de la famille Carrier décédés à Ouagadougou.

Louis Chabot, Gladys Chamberland, conjointe de M. Carrier, et Suzanne Bernier ont eux aussi eu droit à un déferlement d'hommages de la part d'anciens collègues, étudiants et amis. 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer