Sylvie Bernier fait aussi partie des victimes de Marcel Aubut

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Sylvie Bernier

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La championne olympique Sylvie Bernier affirme avoir elle aussi été victime du harcèlement de Marcel Aubut. La native de Sainte-Foy a fait cette révélation à l'émission Gravel le matin vendredi, sur ICI Radio-Canada Première.

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Sylvie Bernier (centre), a remporté la première médaille d'or canadienne en plongeon en 1984 à Los Angeles.

«Je connais Marcel Aubut depuis très longtemps et je réalise que j'ai été témoin durant ma carrière et que j'ai moi-même été harcelée et je n'ai jamais dénoncé», a déclaré à l'animateur matinal Alain Gravel l'ex-plongeuse de 51 ans qui préside maintenant la Table sur le mode de vie physiquement actif.

L'ex-athlète avoue avoir été touchée par les révélations faites dans le rapport du Comité olympique canadien (COC) sur les agissements de son ex-président, notamment le fait que 50 % des femmes avaient été harcelées.

«Je suis aujourd'hui mère de trois grandes filles, trois jeunes adultes, et je me suis demandé pourquoi je n'avais pas dénoncé. Il est vraiment important de lever le voile sur le tabou du harcèlement», a-t-elle affirmé avant de donner plus de détails sur les agissements dont elle a été victime.

«Oui, je connais Marcel depuis très longtemps et oui, il a parfois eu un comportement un peu rustre envers moi aussi», a-t-elle déclaré ensuite. Questionnée par l'animateur sur la nature de ces comportements, Sylvie Bernier a mentionné que l'ex-président du COC avait parfois fait «des commentaires sur son apparence».

«Souvent, je me retournais de bord et je l'ignorais. Je le voyais seulement une fois aux six mois dans des réunions du C. A., mais j'aurais peut-être dû répliquer pour protéger les autres aussi. Avec le recul, est-ce que j'aurais pu faire plus? Est-ce que j'aurais pu voir ce qui se passait à l'interne?»

Pas de structure

L'ex-plongeuse dit maintenant être prête à s'impliquer dans la structure que le COC souhaite implanter afin d'éviter des situations semblables à l'avenir. «J'ai parlé à des filles au cours des derniers jours qui me disaient qu'il n'y avait pas de structure, que même si elles portaient plainte, la plainte s'arrêtait là.»

«Il n'y a pas grand monde qui pouvait dire non à Marcel, alors imaginez une employée pour qui la seule façon de s'en sortir était de démissionner de son poste! [...] Si on portait plainte, il était juge et partie, la plainte arrivait éventuellement sur le bureau de Marcel. Ça n'avait pas de bon sens!» poursuit-elle.

Celle qui agit aussi comme ambassadrice des saines habitudes de vie pour l'organisme Québec en Forme a également mis en lumière l'omniprésence du harcèlement dans toutes les sphères du monde du sport. «Il y a beaucoup de harcèlement dans le milieu sportif, et à tous les niveaux.»

«Je souhaite que la structure que le COC implantera permette, à tous les niveaux, les fédérations nationales, les fédérations provinciales, qu'un athlète, à l'âge de 14 ans en situation de vulnérabilité, qui n'est pas chez eux, puisse avoir une voix pour appeler une structure indépendante qui lui permettra de s'exprimer en toute confidentialité. C'est ce qu'on va créer au COC, et je m'engage pour qu'on trouve des solutions à cette crise-là et que ça serve à quelque chose», a-t-elle affirmé.

Aubut est toujours sous enquête, indique le Barreau

Normalement muet sur les enquêtes menées par son syndic, le Barreau du Québec a cru bon de sortir publiquement, vendredi. La bâtonnière a voulu «corriger» certains faits rapportés dans différents reportages voulant que Marcel Aubut ait été blanchi à la suite d'une plainte de harcèlement. 

Certains médias ont rapporté vendredi que l'ancien président du COC avait été «blanchi» par le syndic du Barreau à la suite de la plainte déposée en octobre par l'avocate Amélia Salehabadi-Fouques, qui allègue avoir été victime de harcèlement à trois reprises.

Ces reportages se basaient sur une lettre du syndic envoyée à Me Salehabadi-Fouques, en décembre. On peut y lire que Marcel Aubut nie avoir commis des gestes déplacés à l'endroit de la plaignante. 

Jointe par Le Soleil vendredi, cette dernière a déclaré être hautement insatisfaite du travail du syndic et a affirmé sans détour que le Barreau «défend Marcel Aubut». 

Or, la lettre ne fait pas office de décision finale, a expliqué la bâtonnière Claudia P. Prémont. «En fait, on ouvrait la porte à ses propres commentaires, à sa réponse face à la position de Me Aubut», a expliqué Me Prémont. «Me Marcel Aubut est toujours sous enquête», a-t-elle ensuite confirmé. 

Comme toutes les plaintes faites au Barreau, celle d'Amélia Salehabadi-Fouques peut se conclure de deux façons. Si le syndic juge qu'il y a matière à porter plainte au comité disciplinaire, le processus doit se poursuivre et la cause deviendrait alors publique. Mais si au contraire les réponses de Marcel Aubut et l'enquête satisfont le syndic, le dossier s'arrêterait sans obligation de divulguer les raisons de cette décision. Quoique Mme Salehabadi-Fouques serait libre de la dénoncer sur toutes les tribunes.

David Rémillard

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