Alcool au volant: 5 ans de pénitencier pour la mort de ses amis

Le 19 septembre 2014, Anthony Dumas (à droite)... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le 19 septembre 2014, Anthony Dumas (à droite) a perdu la maîtrise de la voiture qu'il conduisait, tuant sur le coup ses camarades William Bureau et Jean-Philippe Rochette sur l'autoroute Laurentienne.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le jeune Anthony Dumas a été condamné à cinq ans de prison pour avoir conduit avec les capacités affaiblies et causé la mort de ses deux amis après une soirée bien arrosée le 19septembre 2014.

Une autre déchirante histoire de jeune chauffard ivre s'est conclue vendredi au palais de justice de Québec. Trois autres familles démolies, qui ont quitté la salle d'audience en étouffant des sanglots pour certains, en serrant les poings pour d'autres.

Le jeune Anthony Dumas, 22 ans, avait perdu la maîtrise de la Lexus blanche de son père qu'il conduisait à haute vitesse sur l'autoroute Laurentienne. Ses deux amis Jean-Philippe Rochette, 23 ans, et William Bureau, 19 ans, ont été tués sur le coup dans le violent accident. Les trois jeunes hommes fréquentaient l'École des métiers et occupations de l'industrie de la construction.

Un toxicologue avait estimé le taux d'alcool dans le sang de l'accusé à environ 0,20 au moment de la collision.

Anthony Dumas était dans un état d'ébriété tel qu'il avait été expulsé du Dagobert, peu avant minuit en raison de son comportement disgracieux.

À deux reprises, des amis ont recommandé à Dumas, soumis à une mesure zéro alcool en raison de son jeune âge, de ne pas conduire son véhicule. Deux passants ont même offert de le conduire. Le jeune homme, qui était membre du service de raccompagnement Tolérance zéro, a refusé, indiquant qu'il était capable de prendre le volant pour rentrer chez lui, dans Beauport.

Course folle à 200 km/h

L'accident doublement fatal est survenu vers 0h20 sur l'autoroute Laurentienne, près de la sortie Soumande. Circulant à environ 200 km/h, la Lexus blanche dérape, heurte la chaîne de rue, fait une rotation et frappe un garde-fou et un muret de béton. Le véhicule est sectionné en deux sous la force de l'impact, ne laissant aucune chance aux passagers. Un médecin va constater leur mort évidente dans les minutes suivantes Anthony va d'abord dire aux premiers policiers arrivés sur les lieux qu'il n'était pas le conducteur et que l'auto roulait à 50 km/h.

Le jeune homme est reconduit à l'hôpital pour y faire soigner un traumatisme crânien léger. C'est là que les policiers lui apprendront le décès de ses deux amis. En pleurs, Anthony affirme qu'il aurait voulu être mort lui aussi.

Il a choisi de plaider coupable aux deux accusations de conduite avec les capacités affaiblies ayant causé la mort en juillet.

En proie à un vif sentiment de culpabilité, Anthony Dumas n'avait pas été capable d'affronter ses enseignants et les autres élèves après l'accident. Il a reporté son retour en classe en janvier 2015 et a réussi à obtenir son diplôme d'électricien.

Témoignant aux observations sur la peine, Anthony Dumas a exprimé tous les remords, les regrets et la peine qu'il éprouvait. Il se disait prêt à faire des conférences dans les écoles pour sensibiliser les jeunes.

Sans antécédent criminel, Anthony Dumas ne présente qu'un faible potentiel de récidive, ont évalué les psychologues.

L'effet Lacasse

Dans sa décision sur la peine, le juge Christian Boulet a abondamment cité l'arrêt de la Cour suprême qui vient de rétablir la peine de six ans et demi pour le Beauceron Tommy Lacasse, coupable d'avoir causé la mort de deux jeunes filles en conduisant en état d'ébriété.

La peine de Tommy Lacasse avait été réduite à quatre ans de détention par la Cour d'appel, ce qui constituait une erreur, vient de trancher la Cour suprême en décembre.

Le degré de responsabilité d'Anthony Dumas dans le drame est très élevé, rappelle le juge Boulet. «C'est lui qui prend volontairement la décision de s'intoxiquer de manière si importante, souligne le juge. Il fait preuve d'insouciance et d'irresponsabilité.»

Le procureur de la Couronne MeJean-Philippe Robitaille réclamait une peine de six ans de détention, en insistant sur l'importance de la dénonciation auprès du public. L'avocat de défense Me Carl Thibault plaidait pour une peine de trois ans de détention, soulignant le haut potentiel de réinsertion sociale de son jeune client.

Après sa libération, Anthony Dumas sera sous le coup d'une interdiction de conduire durant 32 mois.

Tout récemment, Jade Morillon-Morissette a écopé d'une peine de six ans et demi de prison pour avoir conduit de façon dangereuse dans Limoilou et fauché un couple de jeunes Colombiens. La jeune femme avait une cause pendante de conduite avec les capacités affaiblies.

Les proches des deux jeunes hommes fauchés à l'aube de leur vie n'ont pas voulu s'adresser aux médias.

Le juge Christian Boulet résume dans sa décision le témoignage de la mère de William Bureau, qui a raconté, avec beaucoup d'émotion, à quel point le chagrin, l'anxiété et la colère sont omniprésents pour elle et sa famille.

Les parents de Jean-­Philippe Rochette, incapables de témoigner à la cour, sont aussi habités d'une grande douleur. Ils souffrent d'épuisement psychologique et sont suivis par un médecin.  Isabelle Mathieu

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