Nouvel espoir pour Judith Brassard emprisonnée en Colombie

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La Québécoise Judith Brassard (au centre) purge une peine de 28 ans de prison pour avoir présumément commandité le meurtre de son conjoint colombien.

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(Québec) L'Association canadienne pour le droit et la vérité (ACDV) a bon espoir de voir le nouveau ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, être davantage proactif que son prédécesseur dans le dossier de Judith Brassard, cette Québécoise emprisonnée en Colombie depuis plus de sept ans pour un crime qu'elle jure ne pas avoir commis.

Le président de l'association basée à Montréal, David Bertet, a rencontré par hasard Stéphane Dion cet été alors que celui-ci était en campagne électorale.

«Je l'ai interpellé sur le cas de Judith Brassard, et il a démontré une volonté de collaborer avec notre organisme pour le respect des droits humains. Il nous a demandé de lui remettre un rapport complet sur Judith», a indiqué au Soleil M. Bertet, ajoutant que cet intérêt n'avait jamais été au rendez-vous sous Harper.

Interrogé sur le rôle que pourrait jouer le ministre Dion, M. Bertet, dont l'association a commencé à s'impliquer dans le dossier de Judith Brassard il y a environ un an, a précisé qu'il y avait plusieurs façons d'intervenir.

«L'idée, c'est que le gouvernement canadien montre qu'il est présent, qu'il est préoccupé par la question des droits humains dans des pays comme la Colombie. Il a une confiance à rebâtir sur cette question, et le ministre Dion peut faire des représentations», fait valoir M. Bertet.

L'association, qui envisage de nouvelles avenues juridiques pour faire libérer Judith Brassard, compte également sur l'appui d'Ottawa à la tenue d'un éventuel procès «juste et équitable».

«Le gouvernement canadien ne peut peut-être pas intervenir directement dans la justice colombienne, mais il pourrait très bien envoyer un observateur à un éventuel procès», suggère le président de l'ACDV, qui travaille avec un organisme local sur ces nouvelles avenues juridiques.

Le gouvernement canadien pourrait aussi demander le rapatriement de sa ressortissante ou appuyer une demande en ce sens, ajoute le président de l'ACDV. «Sauf qu'il faudrait que Judith plaide coupable, et ça, elle refuse de le faire», précise-t-il.

Une coupable fabriquée

La mère de famille purge une peine de 28 ans de prison pour avoir présumément commandité le meurtre de son conjoint colombien, un orthodontiste membre d'une famille influente assassiné à la sortie de son cabinet en décembre 2006.

Judith Brassard et Felipe Rojas s'étaient mariés à Québec au milieu des années 90, pour ensuite s'installer à Santa Marta, où ils ont eu deux enfants. Au moment du meurtre, Judith Brassard se trouvait au Canada, les époux venant tout juste de divorcer.

Le meurtre a été planifié par un ancien paramilitaire, John Osario, qui était le conjoint de la domestique de la famille Rojas-Brassard, Katerine Pire, avec qui Rojas aurait eu une relation extra-conjugale. Osario, Pire et deux autres individus ont été reconnus coupables du meurtre de Felipe Rojas.

En cour, Osario et sa femme ont témoigné que le meurtre avait été commandé par Judith Brassard, alléguant que celle-ci voulait mettre la main sur l'assurance-vie du défunt et avoir la garde des enfants.

Ils se sont toutefois rétractés plus tard. Un registre d'appels téléphoniques déposé en preuve a en outre démontré qu'Osario n'avait jamais discuté avec Mme Brassard la veille du meurtre, comme il l'avait déclaré au cours de son interrogatoire.

Malgré les rétractations du couple, la justice nord-colombienne, reconnue pour sa corruption, a décidé de ne pas écarter leurs faux témoignages et a condamné la mère de famille à une lourde peine de prison.

Aucune preuve

En 2012, l'ombudsman colombien a publié un rapport dans lequel il affirmait qu'il n'existait aucune preuve que Judith Brassard avait joué un rôle dans le meurtre de son mari. Ce qui n'a pas empêché la Cour suprême de Colombie de confirmer le verdict de culpabilité de la Québécoise l'année suivante.

Selon la mère de Judith Brassard, Solange Harvey, sa fille est «très heureuse et optimiste» quant aux démarches de l'association. «J'ai le bonheur de lui parler au téléphone tous les deux soirs, ce qui me permet de tâter le pouls de sa condition», précise par courriel Mme Harvey.

Depuis un an, Judith Brassard bénéficie d'un congé de trois jours consécutifs tous les deux mois. «En mars prochain, ce sera chaque mois. Ça lui fait un grand bien», indique sa mère, ajoutant que pour s'occuper et garder le moral, sa fille enseigne l'anglais et la musique à la prison.

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