Confrontation taxi-Uber: une altercation, deux plaintes

L'altercation a eu lieu à l'aéroport de Québec.... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'altercation a eu lieu à l'aéroport de Québec.

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(Québec) Une menace de mort au Taser d'un côté, un coup de poing de l'autre. Qui dit vrai? Une même altercation entre un chauffeur de taxi et un chauffeur Uber, mardi midi, à l'aéroport de Québec, a donné lieu à deux plaintes à la police complètement différentes.

Issam Aloui conduit son taxi à Québec depuis huit ans. Mardi, après avoir déposé des clients à l'aéroport Jean-Lesage, vers 12h30, il a eu un accrochage avec la Mercedes d'un chauffeur Uber. Une altercation a suivi. Ce sont les faits.

Dans quelles circonstances l'accident s'est-il produit? Que s'est-il passé ensuite? Les deux chauffeurs auraient déposé des versions diamétralement opposées aux policiers, où chacun se dépeint comme la victime.

Pour M. Aloui, tout a commencé alors qu'il redémarrait son taxi après avoir déposé ses clients. «Une Mercedes blanche m'a coupé puis a freiné brusquement.» C'est à ce moment, selon lui, que son taxi a légèrement heurté l'arrière de la voiture de luxe. Un véhicule Uber, mais Issam Aloui assure que c'est la police qui le lui a appris après l'incident.

Après l'accrochage, le chauffeur de la Mercedes serait sorti de son automobile afin d'aller parler à M. Aloui. «J'ai ouvert ma fenêtre et je lui ai dit qu'aucun des deux véhicules n'était endommagé après un si petit contact, mais qu'on pouvait faire un constat à l'amiable s'il le voulait. C'est là qu'il s'est mis à m'engueuler et me traiter de tous les noms et "d'esti d'Arabe".»

Taser

Le chauffeur de taxi a alors appelé le 9-1-1 dans le but que des agents viennent régler le litige concernant l'accrochage. C'est là, selon Issam Aloui, que son assaillant aurait sorti un Taser, une arme prohibée au Canada. «Je trouvais bizarre qu'il sorte quelque chose de sa poche. Une espèce de petite boîte noire. J'ai vite compris ce que c'était. J'ai crié : "il va me frapper avec un Taser" pour alerter quelqu'un en bloquant avec ma main et me reculant dans le fond de mon véhicule. Il m'a répondu : "je vais t'arracher la tête avec ça" en allumant son arme.»

Issam Aloui explique avoir brusquement reculé son véhicule pour se mettre hors de portée puis avoir bloqué la voie à la Mercedes dans l'espoir que la sécurité intervienne. «Le gars a sauté dans sa voiture et il a grimpé sur la chaîne de trottoir pour prendre la fuite.»

M. Aloui assure avoir porté plainte aux policiers tout de suite après.

Version opposée

Qu'en dit son présumé assaillant? Totalement l'inverse. Selon ce dernier, M. Aloui l'attendait à l'aéroport, sachant qu'il était un Uber, et c'est en tentant de l'empêcher de venir déposer des clients que le taxi est entré en collision avec sa Mercedes.

S'il s'est bel et bien rendu à la vitre d'Issam Aloui, c'est pour lui faire remplir un constat à l'amiable, assure le chauffeur Uber, qui n'a pas voulu donner son identité. C'est alors son homologue chauffeur de taxi qui l'aurait invectivé, avant de le frapper.

Le chauffeur Uber affirme être ensuite retourné à son véhicule et avoir filé au poste de police pour porter plainte.

Qui dit vrai? La police de Québec ne peut que confirmer l'accrochage entre les deux véhicules. Des plaintes ont été reçues, mais aucune accusation ne sera portée mercredi contre l'un des deux chauffeurs. L'enquête se poursuit.

Ce qui n'empêche pas les deux hommes de clamer que le visionnement des caméras de surveillance de l'aéroport leur donnera raison. «Le dernier endroit sur la planète où je pensais être en danger, c'est l'aéroport de Québec. C'est censé être l'endroit le plus sécuritaire. Des voyageurs provenant de partout à travers le monde passent par là», conclut Issam Aloui, visiblement sous le choc.

«Ce n'est plus tolérable»

Pour le président de Taxi Coop, Abdallah Homsy, l'incident de mardi est directement lié aux tensions grandissantes entre Uber et les compagnies de taxi. «Quand le gouvernement n'intervient pas et laisse les choses aller, c'est ça qui arrive : le chaos. Le gars de Uber, il sait qu'il fait quelque chose d'illégal, alors il est sur la défensive en partant. On s'en va où avec ça? Pour nous, ce n'est plus tolérable.» Le président de Taxi Coop se questionne également sur la présence d'un Taser dans un véhicule de transport, tel que rapporté par son collègue. «On n'a jamais eu besoin d'armes comme ça pour se protéger dans nos taxis. Pourquoi eux en ont besoin? C'est dangereux. Mais c'est ça quand il n'y a aucune réglementation.»

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