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Le promoteur de l'îlot Esso poursuit la Ville de Québec

L'Îlot Esso dans le quartier Montcalm... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'Îlot Esso dans le quartier Montcalm

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La saga de l'îlot Esso dans Montcalm n'est pas tout à fait terminée; le promoteur immobilier poursuit la Ville de Québec, la pétrolière et une firme d'ingénierie car il allègue avoir été trompé sur le degré de contamination du site.

Durant 75 ans, le terrain situé au 75, René-Lévesque, à l'angle de Cartier, a été une station-service Esso. Ce n'est qu'en 2004 que les installations pétrolières ont été démantelées.

Tel que le prévoit la loi, les sols contaminés ont été retirés aux frais d'Esso à l'été 2005.

Selon le rapport produit par la firme Biogénie - devenue depuis Englobe - après sa décontamination, le site devenait propre à un usage résidentiel.

La Ville de Québec a acquis ce qui devenait l'îlot Esso en décembre 2006 et l'a mis en vente au printemps 2011.

La Société immobilière Miradas de David Grondin, rassurée par le rapport de Biogénie, décide de déposer une offre d'achat de 361 000 $. La Ville de Québec accepte l'offre et cède le terrain.

Une seconde évaluation environnementale et de nouveaux travaux d'excavation font déchanter le promoteur immobilier.

Selon Miradas, la contamination par les hydrocarbures est encore importante. Le promoteur immobilier avise la Ville de Québec en mai 2014 qu'il lui refilera la facture des nouveaux travaux de décontamination.

Décontamination

Le promoteur immobilier affirme que ces travaux de décontamination imprévus lui ont coûté plus de 300 000 $ et ont retardé l'échéancier de construction de trois mois.

En raison des retards, les locataires commerciaux, le café Starbucks et Chocolats Favoris ont réclamé et obtenu des compensations financières.

Les logements résidentiels, prévus aussi pour décembre 2014, n'ont été livrés qu'en mars 2015, privant le promoteur de revenus de location.

«Si Miradas avait été pleinement informée de l'état de contamination du sol, jamais elle n'aurait accepté d'acquérir l'immeuble», affirme le promoteur immobilier.

En plus de poursuivre la Ville de Québec, le promoteur immobilier Miradas s'attaque aussi à Esso qui, dit-il, «a contrevenu à ses obligations découlant de la Loi québécoise sur l'environnement et de la réglementation applicable».

La société immobilière Miradas estime dans sa requête déposée cette semaine en Cour supérieure qu'«Esso et la Ville ont profité d'un prix de vente ne représentant pas la valeur marchande de l'immeuble et en ont tiré un profit injustifié».

Erreurs alléguées

Il inclut aussi dans sa poursuite la firme Biogénie (Englobe) parce que, allègue-t-il, elle «a commis des erreurs importantes lors de la rédaction des rapports».

Le promoteur immobilier conclut qu'il a été «induit en erreur» par la Ville de Québec, Esso et Biogénie lors de l'acquisition.

La société immobilière Miradas réclame plus de 621 000 $ aux trois défenderesses.

Chronologie

Juin 2011

Le promoteur David Grondin de la Société immobilière Miradas achète de la Ville de Québec le terrain de l'ancienne station-service Esso à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque

Décembre 2012

La conseillère indépendante Anne Guérette s'oppose publiquement au projet de sept étages dans ce secteur où le zonage permet quatre étages.

Printemps 2013

Le promoteur présente un projet de six étages avec 30 unités de condos, à vendre au coût d'environ 225 000 $, et des commerces au rez-de-chaussée.

Été 2013

Fortement critiqué par certains citoyens pour son gabarit jugé trop imposant, le projet d'édifice de six étages est discuté pendant des heures et rejeté lors d'une assemblée du conseil de quartier Montcalm. L'îlot Esso devient le symbole de ce qui s'annonce comme un enjeu des élections municipales du 3 novembre : la densification et la construction en hauteur.

10 novembre 2013

Tenue d'un référendum. Les citoyens des zones voisines du terrain de l'îlot Esso rejettent à 77 % le projet d'édifice à six étages. Le promoteur reviendra à la charge quelques mois plus tard avec un immeuble de 21 unités d'habitation sur quatre étages. Comme il respecte le zonage, il ne peut y avoir de référendum.

Janvier 2014

Les élus de l'arrondissement de La Cité-Limoilou, y compris Anne Guérette, donnent le feu vert à la nouvelle version du projet.

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