Six ans et demi de prison pour Jade Morillon-Morissette

Jade Morillon Morissette... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Jade Morillon Morissette

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Pour avoir fauché un jeune couple de Colombiens et leur bébé à naître, la conductrice Jade Morillon-Morissette a été condamnée à six ans et demi de pénitencier.

La jeune femme de 27 ans, très calme dans le box des accusés, les bras croisés, a plaidé coupable à l'accusation d'avoir conduit un véhicule avec les capacités affaiblies par l'alcool et d'avoir causé la mort d'une femme enceinte d'origine colombienne, Ingrid-Carolina Zamorano-Pabon, 30 ans, et de son conjoint Julian-Esteban Muneton-Vasquez, 29 ans, le soir du 30 août, à l'angle de la 18e Rue et de la 4e Avenue, une intersection fréquentée de Limoilou.

La conductrice a aussi plaidé coupable à l'accusation d'avoir causé la mort du couple par négligence criminelle. 

Une accumulation de facteurs a en effet rendu Jade Morillon-Morissette coupable de cette grave accusation. «Le fait qu'elle circulait très rapidement, avec un taux d'alcoolémie élevé, alors qu'elle avait une discussion avec un téléphone qui n'était pas en mode mains libres et qu'elle a brûlé un feu rouge, tout ça mis ensemble a constitué de la négligence criminelle», explique la procureure de la Couronne Me Geneviève Bédard, précisant que la preuve montre que les victimes ne contrevenaient aucunement au Code de la route et que le conducteur était sobre.

Julian et Ingrid étaient arrivés au Québec en 2014. Après avoir suivi des cours de francisation, ils construisaient leur vie à deux et attendaient leur premier enfant.

Dans les minutes qui ont suivi la collision, les médecins ont tenté en vain de sauver le foetus de huit mois.

Elle-même mère de trois enfants, Jade Morillon-Morissette, une jeune femme au parcours cahoteux, a demandé à son avocat, Me Simon Roy, de lire une lettre d'excuses aux familles.

«Je suis triste et je m'en veux beaucoup, a dit la jeune conductrice, en demandant pardon à la famille des victimes, qui vit en Colombie et aux États-Unis. Sachez que je ne demeure pas insensible à ce drame et qu'il n'y a pas une journée sans que je pense à eux.»

Effet Lacasse

Le dossier de Jade Morillon-Morissette en était encore lundi à l'étape de l'enquête sous cautionnement. Quelques jours après la décision de la Cour suprême dans le dossier du chauffard Tommy Lacasse, la défense et la poursuite ont conclu leurs discussions en recommandant une peine similaire à celle du jeune Beauceron, soit six ans et six mois. «On a eu la chance d'avoir un éclairage récent de la Cour suprême et ça nous a confirmé dans l'évaluation qu'on avait déjà entamée», indique la procureure de la Couronne.

Une fois soustraite la détention provisoire, la conductrice devra purger six ans et deux mois.

Après sa peine de détention, Jade Morillon-Morissette sera sous le coup d'une interdiction de conduire durant six ans.

En entérinant la peine, la juge Réna Émond a souligné à quel point «il est aberrant de voir des citoyens prendre la chance de conduire en état d'ébriété alors qu'il existe d'autres alternatives».

Jade Morillon-Morissette a aussi réglé du même coup sa cause pendante de conduite avec les capacités affaiblies, commise le 27 mars 2013 à Pont-Rouge.

Cette arrestation était survenue après un appel pour un début d'incendie à la résidence de la jeune femme. Les policiers l'avaient retrouvée, très agitée, au volant de son véhicule, avec un garçon de quatre ans à bord.

Jade Morillon-Morissette avait consommé tout un cocktail de stupéfiants ce soir-là.

Elle a un seul autre antécédent judiciaire de méfait.

Familles des victimes soulagées

Le diacre Arismendy Lozada, qui a servi de porte-parole pour la communauté colombienne de Québec au moment du drame, a pu sentir le soulagement dans la voix de la mère de Julian lorsqu'il lui a parlé au téléphone.

«Un procès long, ça aurait été encore plus dur pour la famille de faire le deuil, estime M. Lozada. Les familles sont reconnaissantes pour le travail de la police et aussi de la procureure de la Couronne.»

Vivant toujours une grande détresse, les familles de Julian et d'Ingrid ressentent beaucoup de compréhension et de miséricorde pour les proches de Jade Morillon-Morissette, affirme le diacre. «Des deux côtés, ce sont des familles qui vivent un deuil», souligne-t-il.

Certains membres de la communauté colombienne auraient espéré une peine plus sévère pour Jade Morillon-Morissette, constate le diacre Lozada. En Colombie, un tel crime aurait été puni par une dizaine d'années de prison. 

«Mais les gens comprennent que le système de justice est différent au Canada et que le fait qu'elle ait reconnu sa culpabilité, ça implique une certaine réduction de peine.»

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