L'infirmière Valérie Tremblay doit aller en prison, selon la poursuite

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L'infirmière auxiliaire Valérie Tremblay (au centre) a été reconnu coupable de délit de fuite mortel.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'infirmière auxiliaire Valérie Tremblay, coupable de délit de fuite mortel, mérite une peine de 15 mois de prison pour son manque d'empathie, plaide la poursuite. La défense estime pour sa part qu'une peine dans la collectivité serait appropriée.

Au petit matin, le 7 mai 2011, Sébastien Dubé quitte à pied le bar La P'tite Grenouille de Charlesbourg, où il vient de fêter avec des amis.

Arrivé à l'angle de la 46e Rue Est et du boulevard Henri-Bourassa, le grand gaillard de 37 ans sera heurté violemment par une voiture.

La conductrice, Valérie Tremblay, une infirmière auxiliaire, s'arrête brièvement. Elle ne descendra jamais de son véhicule et quittera les lieux.

La jeune femme originaire de Chicoutimi, qui partait aussi de La P'tite Grenouille, a toujours maintenu, même quand elle a voulu plaider coupable, qu'elle croyait avoir frappé une poubelle ou un chien.

Au terme d'un procès, la juge Chantale Pelletier a jugé cette explication invraisemblable et a estimé que la conductrice avait fait de l'aveuglement volontaire.

Aux yeux du procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Robitaille, Valérie Tremblay a aussi fait preuve d'un grand manque d'empathie en continuant son chemin cette nuit-là. «Ironiquement, de par sa formation, c'est une dame qui aurait pu porter secours à M. Dubé», fait remarquer Me Robitaille.

Selon la poursuite, le tribunal doit imposer une peine suffisamment sévère pour dissuader les gens intoxiqués de quitter une scène d'accident afin que les policiers puissent faire leur enquête. Me Robitaille suggère une peine de prison ferme de 15 mois.

L'avocate de Valérie Tremblay, Me Sylvie Côte, évalue qu'en raison de la date de l'infraction, sa cliente, jeune femme sans antécédent judiciaire, est admissible à une peine avec sursis. Mais si la juge en vient à la conclusion que la détention ferme s'impose, l'avocate de défense propose une peine de 90 jours à purger les fins de semaine.

Valérie Tremblay, qui aura bientôt 30 ans, est mère d'une petite fille ainsi que de jumelles, nées en septembre dernier.

Elle a dit en témoignage qu'elle pourrait perdre son droit de pratique comme infirmière auxiliaire si elle était condamnée à la prison ferme. 

Se tournant vers les parents et les soeurs de Sébastien Dubé, Valérie Tremblay a présenté ses excuses, en tremblant et en retenant ses larmes avec peine. «Je n'ose pas imaginer votre douleur, a-t-elle dit. Je vais vivre toute ma vie avec la souffrance d'avoir enlevé la vie à un autre être humain.»

Martine Dubé a écouté sans broncher les excuses de Valérie Tremblay. La grande soeur de la victime venait de confier à la juge qu'elle n'avait pas la grandeur d'âme de son frère et n'était pas capable, comme lui, de «pardonner l'impardonnable». «Je n'arrive pas à me défaire de l'image de mes parents qui se penchent sur le corps de leur enfant et qui lui murmurent "au revoir, je t'aime"», a douloureusement témoigné Martine Dubé.

La juge Chantale Pelletier rendra sa décision sur la peine le 29 février, un peu moins de cinq ans après la collision.

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