Tragédie de L'Isle-Verte: aucune accusation criminelle

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Dans le rapport de la commission d'enquête qui avait été présidée par le coroner Cyrille Delâge, qui s'est tenue il y a un an, les propriétaires de la Résidence, ainsi que le surveillant de nuit avaient été sévèrement blâmés, au même titre que le chef pompier de la municipalité de L'Isle-Verte.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rivière-du-Loup) À la lumière du rapport d'enquête relatif à la tragédie qui a fait 32 morts à L'Isle-Verte le 23 janvier 2014, aucune accusation criminelle ne sera déposée. C'est ce qu'a annoncé, lundi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Cette décision découle de l'étude de l'imposant dossier déposé par la Sûreté du Québec en octobre 2014, qui comportait 32 caisses de documents, de déclarations et de plusieurs rapports d'expertise. «Le DPCP n'est pas en mesure de prouver, hors de tout doute raisonnable, qu'un acte criminel a été commis à un moment quelconque, soit lors de la nuit du 23 janvier 2014, soit dans les jours, les semaines ou les mois suivants en lien avec l'incendie survenu à la Résidence du Havre», a déclaré la procureure en chef adjointe du DPCP pour l'Est-du-Québec, Annie Landreville. Elle a souligné que son rôle n'était pas de chercher une condamnation à tout prix.

Me Landreville a également rappelé que les recherches dans les décombres n'avaient pas permis de déterminer la cause de l'incendie. Par conséquent, le DPCP ne dispose d'aucun indice et d'aucun élément de preuve pouvant démontrer que l'incendie soit criminel ou volontaire. «Aucun accélérant n'a été retrouvé et il n'y a aucun indice nous laissant croire que l'incendie a été provoqué volontairement ou par un geste de qui que ce soit», a précisé la procureure.

Même si, lors de l'enquête publique dirigée par le coroner Cyrille Delâge, il y a un an, le surveillant de nuit, Bruno Bélanger, avait admis avoir paniqué et ne pas avoir tenté d'évacuer les résidents lors de l'incendie, aucun motif n'est suffisant pour l'accuser. «Ni les personnes présentes ce soir-là lorsque le feu s'est déclenché, ni les propriétaires, ni les personnes qui sont intervenues lors de l'incendie ne peuvent être considérés comme ayant été négligents», estime Me Landreville. 

La procureure a rappelé qu'elle avait assisté à tous les témoignages entendus lors de l'enquête du coroner. Dans son rapport, MeCyrille Delâge avait alors suggéré deux pistes de réflexion pour le DPCP : 1) des gestes posés par certains témoins, le soir de l'incendie; 2) des contradictions entre le témoignage de certains témoins et leurs déclarations antérieures. Or, selon elle, aucune preuve ne permet de croire à un geste criminel. «L'existence de contradictions dans des versions données par un témoin ne signifie pas automatiquement que sa responsabilité criminelle est engagée, en conclut aussi l'avocate. Le mensonge ou la fabulation n'est pas une infraction en soi.»

Propriétaire heureux

Le propriétaire de la Résidence du Havre s'est dit très heureux de la décision du DPCP. Roch Bernier affirme n'avoir jamais craint de faire l'objet d'accusations, pas plus qu'il ne l'a appréhendé pour son employé de nuit qui, pourtant, avait été durement critiqué par le coroner Delâge.

La mairesse de L'Isle-Verte accueille favorablement la décision du DPCP. «On avait toujours un doute, avoue Ursule Thériault. Ça me rassure. Je pense que c'est non équivoque dans ce qu'a expliqué Me Annie Landreville.» En même temps, elle dit comprendre la déception de certains survivants et proches des victimes qui déplorent la décision du DPCP. «La sérénité est extrêmement difficile à atteindre, croit-elle. Mais parfois, dans la vie, il faut savoir lâcher prise.»

Pour l'édile municipal, le dossier entourant cette tragédie n'est pas totalement clos puisqu'il reste la poursuite de 3 millions $ intentée contre son administration par Promotuel, la compagnie d'assurances de la Résidence du Havre.

«Je sais qu'il y a un coupable»

«On est encore au même point où on était, estime l'une des survivantes de l'incendie mortel, Jacqueline Dumont. Je me sens frustrée et déçue. Je sais qu'il y en a un qui est coupable.» La dame, qui a perdu son mari dans le sinistre, espérait que des accusations puissent tomber. «Je l'aurais souhaité parce que, dans ma tête, ça dépend de quelqu'un, est-elle persuadée. Ça a pas pris tout seul [le feu]. J'accuse pas personne, mais j'ai des doutes.»

La soeur d'une victime ne partage pas le même point de vue. «Je suis satisfaite de ce que j'ai entendu, indique Agnès Fraser. Ils ne peuvent pas faire mieux, je pense bien...»

L'enquête policière en chiffres

- 211 policiers et 66 civils ont participé aux recherches

- 11 jours de recherche dans les décombres

- 282 témoins rencontrés

- 165 éléments saisis

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