Cinq États américains épargnés par les fusillades de masse

Les citoyens de San Bernardino continuent d'honorer la... (AP, Jae C. Hong)

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Les citoyens de San Bernardino continuent d'honorer la mémoire des victimes de la fusillade du 2 décembre, où 14 personnes ont été abattues. Si la tendance se maintient, en 2015 aux États-Unis, il pourrait y avoir plus de fusillades que de jours au calendrier.

AP, Jae C. Hong

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Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
Washington

Heureuse coïncidence ou véritables havres de paix? Cinq États américains échappent à la sanglante et interminable série de fusillades de masse aux États-Unis, devenues le quotidien d'un pays qui en a déjà vu plus de 350 en 2015.

Depuis le 1er janvier, le pays a connu 353 fusillades de masse dans 220 villes, qui ont fait 462 morts et 1317 blessés. Si le rythme du décompte arrêté au 2 décembre par le site shootingtracker.com, qui agrège tous ces événements qui ont fait au moins quatre victimes (tuées ou blessées), ne s'arrête pas net, le bilan pourrait receler un douloureux symbole : il y aurait dans l'année plus de ces fusillades que le calendrier ne compte de jours.

Rien ne semble pouvoir enrayer la machine à tuer aux quatre coins des États-Unis, la dernière fusillade recensée par le site, celle de San Bernardino en Californie (14 morts, 22 blessés) étant aussi la pire depuis trois ans.

Dans ce macabre contexte, cinq États américains, la Virginie Occidentale (est), le New Hampshire (nord-est), le Dakota du Nord (nord), le Wyoming (ouest) et Hawaï (Pacifique) ont été miraculeusement épargnés.

Les quatre derniers sont même blancs de toute fusillade de masse depuis 2013 et les premières données du site, qui ne s'appuie pas sur des chiffres officiels, mais sur des rapports glanés notamment dans la presse.

Faible population

Les experts s'accordent à l'expliquer, en partie, par la faible population des ces États.

D'après les estimations du dernier recensement américain, le Wyoming, avec 584 000 âmes, est par exemple le moins peuplé des États-Unis tandis que le Dakota du Nord est 47e (739 000), «et on s'attend naturellement à ce que ces États avec de faibles populations connaissent également le moins de fusillades de masse», avance Adam Lankford, criminologue et spécialiste du sujet à l'université de l'Alabama.

À titre de comparaison, la Floride et la Californie, les deux champions américains avec respectivement 27 et 25 fusillades de masse, comptent 19,9 et 38,8 millions d'habitants.

En plus d'être faiblement peuplés, ils font également partie des plus ruraux et n'ont pas de grandes villes, à l'exception d'Honolulu. «Cela affecte le risque et la probabilité [pour leurs habitants] de commettre une fusillade de masse», explique M. Lankford.

«De nombreux types de fusillades de masse se produisent principalement en ville, comme celles liées à la violence des gangs, au crime organisé et à d'autres activités criminelles», précise-t-il.

Mais leur imperméabilité à ces incidents semble d'autant plus paradoxale que quatre de ces cinq États - Hawaï est la seule exception - n'ont pas de lois restrictives sur les armes.

D'après le site du Centre de prévention contre la violence par arme à feu, smartgunlaws.org, le Wyoming, entre autres choses, ne régule pas par exemple le transfert ou la possession d'armes d'assaut et ne requiert pas d'obtenir un permis ou de faire enregistrer son arme. Le site lui donne ainsi sa plus mauvaise note, «F». Note partagée par le Dakota du Nord et la Virginie-Occidentale, le New Hampshire faisant à peine mieux avec un «D-».

Circulation des armes

De fait, la circulation des armes, dénoncée drame après drame par le président Barack Obama qui appelle en vain à une plus ferme réglementation, engendre des fusillades. Les cinq États en connaissent de nombreuses, mais toujours contenues à moins de quatre victimes.

«Aucun d'entre eux n'a mis quoi que ce soit en place d'innovant ou d'efficace pour empêcher une fusillade de masse», explique de son côté Adam Winkler, professeur de droit à l'université californienne de UCLA et auteur d'un livre sur le droit de détenir des armes à feu aux États-Unis.

Il ne fait «aucun doute», déplore-t-il, que les partisans locaux proarmes vont présenter l'absence de fusillades de masse «comme des preuves» que plus d'armes réduit l'insécurité.

Or, «il est très difficile de faire baisser le nombre [de ces événements], car la plupart des armes utilisées sont achetées légalement. Et je ne pense pas qu'on puisse lutter contre au niveau d'un État», ajoute-t-il.

«Ces États ont été chanceux cette année», résume Adam Lankford. «Et à l'avenir, ils risquent malheureusement de connaître des fusillades de masse.»

Celles-ci restent des événements «très rares» à l'échelle de la population et du nombre d'armes en circulation aux États-Unis, et il est peu probable que «n'importe quelle politique puisse empêcher un événement si rare», estime de son côté James Jacobs, directeur du centre de recherche du crime et de la justice à la faculté de Droit de l'université de New York.

Étant donné cet aspect aléatoire, juge-t-il, «ils pourraient continuer à avoir de la chance».

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