Gare à la banalisation du trafic de pot, dit la Couronne

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Même s'il a reconnu sa culpabilité, Lemay banalise encore son crime, fait remarquer le procureur Me Larouche.

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(Québec) Le gouvernement de Justin Trudeau a beau annoncer une légalisation de la marijuana, il faut se garder de banaliser cette drogue, plaide la Couronne, qui réclame une peine de trois ans de pénitencier pour un trafiquant de pot.

L'arrestation de Maxime Lemay et de Philippe Saint-Antoine en mars 2013 au McDo de la rue Bouvier avait fait beaucoup jaser; les policiers de Lévis ont tiré 11 projectiles en direction de ceux qu'ils avaient identifiés comme d'importants trafiquants de cannabis de la région de Québec.

Après avoir échoué dans une requête en arrêt des procédures, Maxime Lemay, 35 ans, a décidé de plaider coupable. Son complice allégué prévoit toujours subir son procès pour trafic de stupéfiants.

Les deux hommes n'avaient rien de vendeurs du coin de la rue, a plaidé le procureur de la Couronne Me Jean-Simon Larouche.

Selon la poursuite, les deux hommes ont trafiqué pas moins de 46 kilogrammes de marijuana. Dans leur cache, les policiers ont trouvé deux compteuses pour les billets de banque et deux machines pour égrainer la marijuana et la sceller. Maxime Lemay gardait aussi un pistolet à impulsion électrique pour se protéger, disait-il, des voleurs de stupéfiants.

Même s'il a reconnu sa culpabilité, Lemay banalise encore son crime, fait remarquer le procureur Me Larouche, en citant le rapport prédécisionnel de l'accusé. «Il dit : "Je n'ai pas tué personne" et il considère le trafic de stupéfiants comme un simple travail», note le procureur de la Couronne. «Mais ce n'est pas vrai que c'est banal, surtout pas quand ça fait trois fois qu'on se fait condamner.»

En 1998, Lemay a été arrêté une première fois et, en 2006, il a écopé d'une peine de 12 mois dans la collectivité pour trafic de drogue.

Ravages

Me Jean-Simon Larouche a déposé un jugement de la Cour supérieure de 2008 qui décrit les ravages causés par le cannabis et les coûts sociaux engendrés.

Le procureur a réclamé une peine de trois ans de pénitencier et obtenu l'emprisonnement immédiat du trafiquant.

L'avocat de Maxime Lemay, Me Mathieu Rondeau-Poissant, constate lui aussi que le débat latent sur la légalisation de la marijuana peut engendrer un sentiment de banalisation chez certains délinquants. «D'autant plus qu'on a deux États américains où la vente de cannabis est permise», souligne Me Rondeau-Poissant.

Depuis son arrestation, Maxime Lemay a purgé l'équivalent ou presque d'une peine dans la collectivité, a plaidé son avocat, puisqu'il était assigné à son domicile en tout temps, sauf pour occuper son emploi dans le terrassement.

Selon l'avocat de défense, une peine supplémentaire de 15 à 18 mois d'emprisonnement servirait les fins de la justice.

La juge Johanne Roy rendra sa décision le 8 janvier.

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