L'enquête publique sur les femmes autochtones est lancée

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Michèle Audette milite pour le démarrage de cette enquête depuis 2001.

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Comme promis en campagne, le nouveau gouvernement de Justin Trudeau passe de la parole aux actes et lance la première phase d'une enquête nationale sur les nombreux cas de femmes autochtones disparues ou assassinées au pays.

«Des milliers de gens qui ont fait des efforts ont maintenant la preuve que c'est enclenché», a réagi l'ex-présidente de l'Association de femmes autochtones du Canada, Michèle Audette, présente mardi à Ottawa. «On n'a pas tous les détails, mais on sait qu'il [le gouvernement] ne peut plus reculer.»

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, et ses homologues des Affaires autochtones et de la Condition féminine prendront la route dès la semaine prochaine pour s'entretenir avec les familles éprouvées et recueillir les commentaires sur la forme que devrait prendre l'enquête et ses objectifs.

Ottawa martèle déjà que cette première phase prendra «autant de temps» qu'il le faudra. «Chacune de ces filles était un individu, avec des valeurs, des promesses et elles méritent mieux», a assuré la ministre Wilson-Raynould. «C'est une tragédie nationale qui exige une réaction nationale», a-t-elle ajouté lors de l'annonce.

De la musique aux oreilles de Michèle Audette qui milite pour le démarrage de cette enquête depuis 2001, à l'époque où elle occupait l'intérim de l'Association. C'est d'ailleurs l'inaction du gouvernement Harper dans le dossier qui a poussé l'Innue de Mani-Utenam à tenter le saut en politique fédérale, sous les couleurs libérales.

Pas d'effet à court terme

Heureuse et émue, la leader autochtone s'attend à un changement de culture lent et progressif. «Dans la vie, au quotidien, je ne suis pas naïve, ça ne changera pas aujourd'hui des choses, ni même dans les cinq premières années, soulève-t-elle. On parle d'une culture générale à revoir, c'est grand et il faut être très patient.»

«Cependant, pendant cette enquête-là, il va y avoir une éducation populaire [...] On sent par ailleurs qu'il y a une sympathie, une volonté de différents leaders de faire partie du changement.» Mme Audette espère que le geste posé par Ottawa aura des répercussions dans les instances locales où les communautés se côtoient.

Il est encore trop tôt pour savoir si Michèle Audette aura un rôle à jouer dans le déploiement de l'enquête nationale, bien qu'elle soit pressentie par plusieurs pour être nommée commissaire. La libérale défaite dans Terrebonne dit n'avoir reçu aucune demande officielle en ce sens, mais affirme qu'elle «suivra le dossier de très près».

Les libéraux prévoient déclencher l'enquête elle-même après la période de consultations, vers le printemps. L'exercice devra s'étaler sur deux ans et coûter 40millions$. Quelque 1200 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues en 30 ans au Canada. Avec La Presse Canadienne

Une enquête indépendante nécessaire pour les incidents de Val-d'Or, croit l'opposition

Les incidents de Val-d'Or commandent une enquête indépendante québécoise, même si Ottawa va de l'avant avec sa commission nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, estiment les Premières Nations et les partis d'opposition.

«C'est clair que nous allons continuer à insister pour une enquête plus indépendante au Québec sur les relations entre les forces policières et les membres de notre communauté», a indiqué lundi le chef Ghislain Picard, de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Une demande à laquelle le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ne ferme pas complètement la porte. Il insiste par contre sur la nécessité qu'une enquête du Québec soit complémentaire au travail d'Ottawa. «Moi, je n'ai rien écarté, a affirmé le ministre au Soleil. Il ne serait pas très logique d'avoir deux enquêtes sur la même question. Mais tant qu'on n'a pas la version finale du mandat fédéral... On verra.»

Le porte-parole péquiste en matière d'affaires autochtones, Guy Leclair, estime que le gouvernement Couillard cherche à se «défiler de ses obligations». «En refusant de faire une enquête publique indépendante sur Val-d'Or, il ferme les yeux sur un problème bien réel», a indiqué M. Leclair.

Pour le caquiste Mathieu Lemay, il faut aller plus loin qu'uniquement la question des femmes autochtones. «Il n'y a rien qui empêche de déclencher une enquête sur l'administration de la justice envers les communautés autochtones, affirme-t-il. Ce sont des exercices complémentaires.» Simon Boivin

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