Guy Turcotte coupable de meurtres non prémédités

Guy Turcotte et son avocat, Pierre Poupart... (Photo Peter McCabe, archives La Presse Canadienne)

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Guy Turcotte et son avocat, Pierre Poupart

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Guy Turcotte a appris dimanche son sort directement de la bouche du jury: il ira en prison pour le meurtre de ses deux enfants, Olivier et Anne-Sophie.

Au terme de son second procès pour avoir poignardé à mort ses enfants, le jury l'a trouvé coupable de meurtre non prémédité.

Un verdict différent de celui rendu après le procès initial, lors duquel l'homme avait été reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Guy Turcotte est resté impassible pendant le prononcé du verdict, rendu verbalement par le juré numéro onze.

En raison du verdict rendu, le juge a ordonné la détention immédiate de l'homme.

Un «Yes» étouffé a été entendu dans la salle de cour à 12h06, quand le verdict a été prononcé. Le mot semblait venir en direction d'Isabelle Gaston, l'ex-conjointe de Guy Turcotte et mère des deux enfants.

Le jury de 11 personnes a délibéré pendant près de six jours avant d'en arriver à cette décision.

Le meurtre non prémédité - ou meurtre au second degré - entraîne une peine de prison à vie. Il pourra être libéré après un certain nombre d'années purgées derrière les barreaux.

Nombre d'années minimum en prison

Immédiatement après le verdict, le juge André Vincent, de la Cour supérieure, a donné une autre tâche au jury, soit celle de faire une recommandation sur le nombre d'années minimum que Guy Turcotte devra passer en prison avant une libération conditionnelle.

L'ex-cardiologue de 43 ans avait été accusé du meurtre prémédité de ses deux jeunes enfants, Olivier, âgé de 5 ans, et Anne-Sophie, âgée de 3 ans.

Il les a poignardés à mort à 46 reprises le 20 février 2009.

Après que la Couronne en eut appelé du premier verdict de non-responsabilité criminelle, la Cour d'appel avait ordonné un second procès - en raison de directives fautives au jury. Il s'agit de celui qui a débuté au palais de justice de Saint-Jérôme, le 15 septembre 2015.

Guy Turcotte avait plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre. Il avait toutefois admis avoir causé la mort des deux bambins.

État mental au moment des faits

En raison de la défense qu'il a présentée, une bonne partie du procès a tourné autour de son état mental le soir du drame.

Tous les psychiatres qui ont témoigné au procès - tant celui de la Couronne que ceux de la défense - étaient d'avis que l'homme souffrait, le soir des meurtres, d'un trouble de l'adaptation avec humeur dépressive.

Ils ne s'entendaient toutefois pas sur les conséquences de ce trouble, et s'il pouvait permettre l'application de l'article 16 du Code criminel, qui porte sur la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Selon les experts appelés par la Couronne, l'homme était responsable de ses actes et n'avait pas perdu contact avec la réalité.

Selon ceux de la défense, Guy Turcotte était dans un état de confusion mentale et en rupture de contact avec la réalité ce soir-là. Il était obnubilé par l'idée de mourir: c'est pourquoi il avait bu du lave-glace.

La défense avait fait valoir qu'il s'est ensuite «vu mourir, vu mort» et qu'il a décidé d'emmener ses enfants avec lui, pour leur éviter la souffrance de trouver son cadavre. La défense avait aussi plaidé que l'homme s'est retrouvé dans cet état de détresse et en crise suicidaire, car il vivait mal sa séparation avec la mère des enfants, le fait qu'elle l'ait trompé avec l'un de ses amis, et aussi parce qu'il ne voyait plus ses enfants tous les jours.

La Couronne avait plaidé de son côté que Guy Turcotte a agi par vengeance contre Isabelle Gaston. L'homme voulait s'enlever la vie et a tué ses enfants parce qu'il ne supportait pas l'idée qu'ils grandissent avec un autre homme que lui, ont argumenté les procureurs.

Quelques citations clés entendues durant le procès

  • «Tu veux la guerre, tu vas l'avoir!» 

    Isabelle Gaston, qui a relaté ce que Guy Turcotte lui a dit le jour du drame.

  • «Je n'ai jamais pensé qu'il pourrait les tuer. [...] Les brasser? Oui. Mais de les tuer? Jamais de ma sainte vie.»

    Isabelle Gaston

  • «Il a dit qu'il voulait la faire chier et que la façon de la faire chier était de lui enlever ce qu'elle avait de plus précieux au monde, ses enfants.»

    Chantal Duhamel, infirmière à l'hôpital de Saint-Jérôme, qui relate ce que Guy Turcotte lui a dit au lendemain du drame.

  • «Je me sens en train de mourir. [...] Et c'est à ce moment que je me dis: je vais les emmener avec moi.»

    Guy Turcotte, qui explique sa version du soir du drame, après avoir bu du lave-glace.

  • «Il fait: «noooooon», comme un gémissement. [...] Là je me rends compte que je suis en train de lui faire mal, je panique et je lui donne d'autres coups.»

    Guy Turcotte, qui explique ce qu'il a fait à son fils Olivier.

  • «Il a dit qu'il entendait son fils mourir dans son sang. [...] Il a dit que ça prenait 10 minutes pour une personne pour mourir dans son sang. Sur un ton de médecin, objectif, froid, rationnel.»

    Luc Tanguay, consultant en communication, qui relate les paroles de Guy Turcotte, lorsqu'il l'a visité à l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel.

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