Poursuite de 3 millions $ pour l'ablation inutile d'un rein

Marc Lafleur réclame, pour lui et ses proches, 2,8... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Marc Lafleur réclame, pour lui et ses proches, 2,8 millions $ à un pathologiste de l'hôpital de l'Enfant-Jésus.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Un homme de Québec prétend qu'un diagnostic de cancer erroné a mené à l'ablation d'un de ses reins et l'a poussé à suivre un traitement chimiothérapique inutile. Il réclame, pour lui et ses proches, 2,8 millions $ à un pathologiste de l'hôpital de l'Enfant-Jésus.

Selon la poursuite déposée en Cour supérieure le 30 novembre, Marc Lafleur, aujourd'hui âgé de 58 ans, n'avait plus qu'entre huit mois et trois ans à vivre, à la fin 2012. Un verdict tombé le 5 décembre de la même année après le diagnostic du pathologiste Robert Dubé, qui concluait qu'il était atteint d'une tumeur maligne au rein gauche.

La masse avait été découverte à la suite d'une échographie, en novembre. Une radiologiste avait ensuite prélevé des biopsies, qui ont été envoyées dans le bureau du spécialiste présumé fautif. 

En plus d'encaisser son pronostic de survie, M. Lafleur se soumet à un traitement de chimiothérapie prescrit par un hémato-oncologue, lequel se base sur les conclusions du Dr Dubé. Il lui recommande le Votrien, «un médicament chimiothérapique que l'on donne spécifiquement aux patients qui sont atteints» de ce type de cancer.

Le diagnostic du Dr Dubé précisait aussi qu'il y avait présence de métastases osseuses entre certaines vertèbres. Selon le document de cour, M. Lafleur reçoit cinq traitements de radiothérapie pour les atténuer, mais sans résultats.

Un an après le diagnostic et le début des traitements de Votrien, une autre spécialiste fait passer de nouveaux tests à M. Lafleur. Les examens détermineront qu'il «n'y a pas de métastases osseuses à la colonne, mais bien des lésions causées par la bactérie E. coli». L'infectiologue ordonnera alors la fin du traitement au Votrien.

Pendant tout ce temps, les spécialistes continuent de croire à une tumeur maligne au rein gauche de plus de cinq centimètres. En mai 2013, un urologue oncologue «procède par laparoscopie à l'ablation complète du rein gauche de M. Lafleur en raison d'une présumée tumeur maligne». 

Le rein est ensuite analysé par un autre pathologiste, lequel diagnostiquera finalement un «oncocytome», soit une «tumeur bénigne». Se basant sur un avis médical de la Société française de radiologie, l'avocat de M. Lafleur souligne que ce genre de masse peut faire l'objet d'une simple surveillance si elle est asymptomatique. Dans le contraire, «on enlèvera la tumeur avec une partie du rein», explique-t-on.

M. Lafleur, sa conjointe et leur fille ne sauront qu'en juillet 2013 qu'il n'est pas atteint d'un cancer.

Pour tous les torts causés, le résident de Charlesbourg réclame 2,8 millions $. En plus d'avoir subi des conséquences physiques de la chimiothérapie, il dit surtout avoir souffert de troubles psychologiques à la suite du diagnostic et de l'annonce de sa mort. Il aurait même préparé une vidéo dans laquelle il faisait ses au revoir à ses proches.

Le montant demandé inclut des dommages pour sa conjointe et leur fille. 

M. Lafleur et sa conjointe ont refusé d'accorder une entrevue au Soleil.

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