Quatre heures pour changer la vie d'un itinérant

Les policiers David Pelletier et Mélissa Simard espèrent... (Fournie par Mélissa Simard)

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Les policiers David Pelletier et Mélissa Simard espèrent que le coup de main qu'ils ont donné à Gaétan aura un effet positif sur sa vie.

Fournie par Mélissa Simard

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(Québec) Sortir de la rue n'est pas une mince affaire. Un coup de pouce est souvent nécessaire. Deux policiers de la Ville de Québec ont décidé de changer la vie d'un itinérant en lui dénichant notamment un logis et des vêtements.

L'hiver ne s'annonce pas aussi ardu que les derniers pour Gaétan. Maintenant, il possède un chez-soi dans Sainte-Foy, une chambre, et a pu obtenir mardi grâce à l'aide des constables Mélissa Simard et David Pelletier son chèque d'aide sociale.

Bien connu des autorités, Gaétan vivait dans la rue depuis quelques années. Souvent, les policiers recevaient des appels à son sujet, car il s'installait dans des lieux publics pour trouver un peu de chaleur et s'éloigner des caprices de Dame Nature. Aujourd'hui, cette situation est peut-être chose du passé.

Quatre heures, c'est le temps qu'il a fallu aux deux policiers pour changer quelque peu la vie de Gaétan.

10h. Alors qu'ils patrouillaient dans le secteur de Sainte-Foy, Mme Simard et M. Pelletier aperçoivent l'itinérant en train de marcher sur un trottoir.

«Cela faisait plusieurs fois qu'on voyait le monsieur au [Complexe] Jules-Dallaire et à d'autres endroits. À chaque fois, on lui demandait de sortir et il le faisait. Il n'acceptait jamais l'aide. Il partait et faisait son petit bout de chemin», raconte au Soleil Mme Simard. «Il y a environ une semaine, moi et David, nous nous sommes dit qu'il fallait faire quelque chose. Il est très gentil, jamais agressif, il est bonasse.»

De la parole aux actes

Mardi, ils décident finalement de passer de la parole aux actes. Après une longue discussion avec lui, Gaétan accepte de les suivre. Premier arrêt, le bureau d'aide sociale sur la route de l'Église... mais Gaétan ne possède aucune pièce d'identité.

Après avoir obtenu son chèque avec l'aide des policiers, l'homme de 60 ans se présente finalement dans une banque où la caissière accepte de lui remettre l'argent. «Nous voulons aussi l'aider éventuellement à obtenir sa carte d'assurance maladie, ajoute Mme Simard. D'autres organismes vont aussi l'aider dans ses démarches, notamment Pech.»

Deuxième objectif, trouver une demeure avec le temps froid qui arrive. «Le monsieur ne voulait pas aller à Lauberivière, il est bien dans Sainte-Foy, affirme Mme Simard. Nous avons alors décidé de contacter un motel sur le boulevard Wilfrid-Hamel. Nous avons visité une chambre avec lui. Toutefois, on sentait qu'il n'allait peut-être pas rester là longtemps...»

Le propriétaire du motel annonce alors aux policiers qu'une chambre est disponible pour 375 $ par mois à Sainte-Foy. Mais avant d'aller visiter cette chambre, Mme Simard et M. Pelletier se rendent au Dollorama pour acheter des articles d'hygiène, de la nourriture et des vêtements à Gaétan.

«Nous lui avons notamment acheté un savon, du shampoing, une tuque, un cache-cou et un petit peu de manger», énumère Mme Simard. La facture : 40 $, payée par les deux policiers.

Arrivé à la maison de chambres, Gaétan discute avec le concierge. Durant ce temps, les deux policiers vont au Village des Valeurs, où la superviseure, très sensible à la cause, accepte d'aider l'itinérant.

«La dame nous a dit : "Prenez deux paniers et venez avec moi! Prenez tout ce que vous voulez, c'est à nos frais." Nous avons notamment pris du linge, deux serviettes de bain, des ustensiles, un gros mateau, des culottes de ski, deux pantalons», énumère Mme Simard.

De retour à la chambre, l'homme prend sa douche et il reçoit ses nouveaux vêtements. «Après sa douche, il souhaitait remettre son vieux linge. Je l'ai alors mis dans la laveuse», ajoute-t-elle, précisant que Pech est par la suite arrivée sur place pour prendre la relève.

Mercredi matin, la policière s'est assurée de faire un suivi. L'homme a passé la nuit dans sa chambre et a écouté la télévision.

Pourquoi une telle action? «Car nous avons souvent affaire avec lui et nous avons été touchés par sa cause. C'était notre projet à moi et à David. Cette journée-là, c'était sa journée. Je lui ai même acheté du McDo», conclut fièrement Mme Simard. «Je sais que ça ne sera pas facile pour lui, mais j'espère le revoir dans quelques mois et que les choses vont avoir changé.»

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