Multiples attaques à Paris: au moins 35 morts

Des corps sont étendus sur le pavé à... (AP, Thibault Camus)

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Des corps sont étendus sur le pavé à la suite d'une fusillade au bar le Carillon, à Paris.

AP, Thibault Camus

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Agence France-Presse
Paris

Plusieurs attaques à Paris et dans le secteur du Stade de France au nord de la ville ont fait vendredi soir au moins 35 morts, et une prise d'otages était en cours dans la salle de spectacle du Bataclan dans le centre de la capitale, dix mois après les attentats de janvier.

Une source proche du dossier a fait état d'un bilan de 35 morts au moins. Un bilan précédemment donné par la préfecture de police faisait état de 18 morts.

«Ma femme était au Bataclan. C'est une catastrophe», a déclaré un témoin à l'AFP. «Ma soeur est dans le Bataclan», a raconté aussi Camille, 25 ans. «Je lui ai téléphoné. Elle disait qu'ils avaient tiré. Et puis elle a raccroché».

Selon les informations données précédemment par la préfecture, trois personnes ont été tuées dans des explosions dans le secteur du Stade de France, où se déroulait un match amical France-Allemagne auquel assitait le président François Hollande, qui a été évacué.

Au Stade de France, un journaliste de l'AFP a relaté avoir entendu deux explosions, qui ont pu aussi être entendues par les téléspectateurs qui étaient devant leur poste de télévision.

Interrogée peu après 22H30 (21H30 GMT), la préfecture de police dénombrait «au moins trois fusillades, peut-être quatre dans le secteur du Bataclan (XIe arrondissement) et rue de Charonne (XIe arrondissement)», des quartiers animés du centre de Paris. La préfecture a fait été de 15 morts à la salle de spectacle du Bataclan, où une prise d'otages est actuellement en cours, selon la préfecture.

Le bilan «devrait être beaucoup plus lourd», selon une source proche du dossier.

Un conseil des ministres exceptionnel a été convoqué vers minuit, a annoncé la présidence française.

Une cellule de crise à été mise en place au ministère de l'Intérieur autour du président Hollande, du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, ont indiqué les services du Premier ministre.

Selon une source judiciaire, le parquet antiterroriste français s'est saisi de l'enquête.

Attaques «simultanées»

Le bilan de ces attaques manifestement «simultanées» reste provisoire, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier. De nombreuses équipes de secours ont été déployées et des périmètres de sécurité ont été mis en place.

A l'étranger, le Premier ministre britannique David Cameron s'est déclaré «choqué». «Je suis choqué par les évènements de ce soir à Paris», a écrit M. Cameron sur son compte twitter. «Nos pensées et nos prières vont au peuple français. Nous ferons tout ce qui est possible pour aider».

Selon un responsable américain, le président Barack Obama se tient informé des évènements survenus à Paris.

Ces attaques surviennent dix mois après les attentats jihadistes de janvier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, et ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives.

La dernière en date s'était produite le 21 août à bord d'un train à grande vitesse Thalys entre Bruxelles et Paris.

Un carnage avait alors été évité par des passagers, dont des militaires américains en vacances, qui avaient maîtrisé un tireur armé d'une kalachnikov et d'un pistolet. Deux personnes avaient été blessées. L'assaillant, Ayoub El Khazzani, jeune Marocain signalé aux services de renseignement comme islamiste radical, avait été interpellé.

Avant cela, en juin, un homme avait décapité son patron puis, après une mise en scène macabre sur fond de drapeaux islamistes, tenté de faire exploser une usine de Saint-Quentin-Fallavier (centre-est). En avril, un étudiant algérien, Sid Ahmed Ghlam, était arrêté en possession d'armes de guerre après avoir tué une jeune femme, alors qu'il préparait un attentat contre une église de Villejuif (banlieue sud de Paris).

Menace terroriste 

Fin octobre, un homme de 25 ans, Hakim Marnissi, 25 ans, a été arrêté à Toulon et a reconnu en garde à vue avoir été en contact avec un jihadiste français en Syrie, pour projeter d'attaquer des militaires de la base navale de sa ville. Surveillé depuis sa radicalisation, il avait reçu un couteau de combat et deux cagoules par colis postal.

Mi-octobre, dans un discours aux forces de sécurité, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait estimé que 1.800 Français ou résidents en France étaient «de près ou de loin concernés par des activités à caractère terroriste».

Dans une interview au journal Libération publiée le 12 novembre, il précisait que «571 de nos ressortissants étaient actuellement identifiés dans les groupes terroristes en Syrie ou en Irak» et que 141 étaient «présumés y avoir trouvé la mort».

Depuis les attentats de janvier, le plan de vigilance français Vigipirate est à son niveau maximum dans la région parisienne. Une mission de sécurité intérieure associée à ce plan est assurée sur tout le territoire par l'armée.

La France participe depuis plus de deux ans à la coalition anti-Etat islamique en Irak mais a commencé à mener des frappes contre le groupe Etat islamique en Syrie en octobre.

Elle a annoncé le 5 novembre qu'elle allait à nouveau déployer courant décembre dans le Golfe son porte-avions Charles de Gaulle, une décision qui a suivi l'annonce américaine d'une prochaine intensification des bombardements alliés en Syrie.

Dans ce contexte de «menace terroriste» et de «risque de trouble à l'ordre public», Paris a décidé de rétablir un contrôle aux frontières pendant un mois, à partir du 13 novembre, à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le climat (COP21) prévue du 30 novembre au 11 décembre au Bourget (banlieue nord).

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