Allégations de fraude dans une garderie de Beauport

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La garderie située au 787, rue Seigneuriale à Québec était déjà sous tutelle depuis le 24 août.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le ministère de la Famille vient de couper les vivres à la garderie La Forêt enchantée de Beauport. Les employées soutiennent que des investisseurs asiatiques installés à Montréal auraient acquis frauduleusement l'installation de 61 places grâce à un stratagème de prête-nom. Ce qui aurait amené le Ministère à résilier son entente de subvention.

La garderie située au 787, rue Seigneuriale était déjà sous tutelle depuis le 24 août, nous informe Nadia Caron, de la Direction des communications du ministère de la Famille. Sans vouloir donner de détails sur ce qu'on reproche aux propriétaires de la garderie, elle soutient que c'est «de nature administrative» et que «jamais la santé ou la sécurité des enfants n'a été mise en jeu».

Le Ministère a commencé à enquêter sur cette garderie il y a quelques mois, après avoir reçu des plaintes. L'enquête a depuis été transférée à la Sûreté du Québec.

Pour les parents, cette intervention du Ministère fait en sorte qu'à partir du 23 décembre, cette garderie n'offrira plus de places subventionnées à 7,30 $. Elle pourrait toutefois demeurer ouverte comme garderie privée et demander 40 $ par jour, ou le prix qu'elle juge approprié.

Une rencontre est prévue jeudi soir entre un représentant du ministère de la Famille, les éducatrices et les parents concernés, afin de faire le point sur la situation.

«On va débuter un appel de projet ciblé pour permettre à ces parents qui bénéficiaient déjà d'une place subventionnée d'en trouver une autre pas très loin. Ils vont bénéficier d'une priorité d'accès», soutient Mme Caron.

Pour le Ministère, le meilleur des scénarios serait de trouver un «jumeau identique», soit un service de garde semblable qui pourrait s'établir pas très loin et qui pourrait accueillir les 61 enfants et les 12 éducatrices en place. Tout le monde serait alors moins chamboulé.

Propriétaires asiatiques

Reste que les parents et les éducatrices sont inquiets de constater ce qui se passe dans cette garderie qui existe depuis environ 20 ans. Le Soleil a obtenu copie d'une pétition et d'une lettre écrite à la ministre de la Famille, Francine Charbonneau.

Dans la missive, les éducatrices soutiennent que leur garderie a été achetée par des propriétaires asiatiques de la région de Montréal en décembre dernier. Elles témoignent qu'ils étaient rarement sur les lieux et s'exprimaient seulement en anglais. Une autre dame asiatique s'occupait de gérer la garderie à Québec. Selon elles, ces propriétaires montréalais, qui possèdent déjà plusieurs garderies, utilisaient le stratagème de prête-nom avec la dame de Québec afin de profiter illégalement de subventions.

Étant donné qu'il est interdit à un même propriétaire de détenir plus de 300 places en garderie privée subventionnée, utiliser un prête-nom leur aurait permis de contourner les règles.

Cet automne, les propriétaires ont remis en vente leur garderie de Beauport. Le prix affiché : 1,95 million$. La sanction prise par le ministère de la Famille vient court-circuiter les ambitions des propriétaires, car une garderie non subventionnée vaut beaucoup moins cher comparativement à une garderie subventionnée.

Les éducatrices, elles, demandent à la ministre de la Famille de «prendre sa part de responsabilité» et de revenir sur sa décision pour «sauver» l'établissement. Elles croient que les irrégularités auraient dû être vues avant la transaction de décembre 2014.

«À ce moment-là, les dossiers ont été examinés comme il se devait, tout avait été vérifié. Les nouvelles informations nous sont parvenues seulement après la vente», soutient Nadia Caron, du ministère de la Famille.

Cas semblable l'an dernier

Un cas semblable de prête-nom dans le réseau des garderies privées subventionnées a été révélé par Radio-Canada en janvier dernier. La garderie de Saint-Hubert Les jardins de Leckie appartenait à un prête-nom, car les véritables propriétaires, Ji Dao Xiao et Ling Yang, possédaient déjà trois autres garderies. À ce moment-là, la ministre Charbonneau avait réagi en disant croire qu'il s'agissait d'un cas unique. 

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