Caméras corporelles: la police de Québec partage les craintes du maire

Michel Desgagnés, le chef du SPVQ, se dit... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Michel Desgagnés, le chef du SPVQ, se dit ouvert à toute nouvelle technologie pouvant «servir le service de police et la sécurité des citoyens», mais reste tout de même prudent sur la question de la violation des droits.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le chef de la police de Québec, Michel Desgagné, partage en partie les craintes du maire Régis Labeaume sur l'éventuelle utilisation de caméras corporelles par les policiers pour filmer leurs interventions. Mais il ne voudrait tout de même pas se priver d'un outil qui pourrait faciliter le travail de ses troupes.

Le maire de Québec a utilisé le mot délicat, lundi, pour qualifier l'utilisation de caméras corporelles par les forces policières.

Pendant que Montréal lancera un projet pilote au printemps, Régis Labeaume regardera ce qui se passe chez son homologue Denis Coderre. Mais de toute évidence, il a des réticences. «Si les policiers sont pour filmer tout le monde qu'ils rencontrent, il y a quelque chose qui m'agace là-dedans.»

Michel Desgagné, chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), admet qu'il y a plusieurs questions à régler avant d'implanter une telle procédure au sein de la police municipale. «C'est [aussi] la préoccupation des corps de police quand on regarde ça. C'est quoi la limite qu'on peut adopter là-dessus?» s'interroge M. Desgagné, rencontré par Le Soleil mardi.

Le cadre légal qui régirait l'utilisation de caméras par les policiers est au coeur de la réflexion amorcée il y a plus d'un an au SPVQ et ailleurs en province. «On fait référence qu'aux États-Unis, il y a déjà beaucoup de services de police qui les utilisent, mais les règles et les droits ne sont pas similaires. Nous, les corps de police, et la Ville de Québec, on a des préoccupations à ce niveau-là», a exprimé M. Desgagné.

Ce dernier ne cache cependant pas qu'il est ouvert à «toutes les nouvelles technologies qui peuvent bien servir le service de police et la sécurité des citoyens».

Vie privée

«Les caméras corporelles, si ça peut aider à dénouer des impasses ou à relativiser le travail des policiers, oui, je suis favorable. Mais je le répète encore, il y a tout un contexte. Ce n'est pas juste de porter la caméra. C'est l'utilisation qu'on doit faire de ces images-là après [conservation des données, communication de preuve] et le droit à la vie privée de l'ensemble des citoyens.»

Le chef du SPVQ regardera donc avec grand intérêt ce qui se trame dans la métropole. «L'étude et les projets pilotes que font mes collègues, c'est bien entendu qu'on est impliqué et qu'on regarde ça de près.»

Non seulement le SPVQ observe, mais il participe activement à la cogitation sur ce qui pourrait devenir un changement de culture majeur au sein des forces policières. 

«On a des représentants qui sont autant en communication avec le ministère de la Sécurité publique qu'avec les corps de police pour voir l'ensemble des impacts et pour voir, si un jour on l'utilise, comment on va encadrer cette nouvelle technologie-là.»

Prudence pour le pot légal

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) fait écho à la position de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) concernant la possible légalisation de la marijuana au Canada, une mesure prévue par les libéraux de Justin Trudeau. Rencontré mardi, le chef du SPVQ, Michel Desgagné, ne s'est pas mouillé personnellement sur le sujet, préférant se rapporter à la position de l'Association. Son président, Clive Weighill, a déclaré dans La Presse, le 25 octobre, qu'il était prêt «à travailler avec le gouvernement au sein du groupe de travail proposé, ce qui comprend le fédéral, les provinces et les territoires, pour évaluer un nouveau cadre législatif». Prudent, M. Weighill ne s'est cependant pas prononcé pour ou contre une légalisation pure et simple. L'ACCP milite notamment pour que des contraventions soient remises pour des délits mineurs de possession simple de cannabis, plutôt que d'engorger le système de justice. 

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