Une victime s'insurge que son agresseur récidiviste ait été en liberté

Une femme a été violemment agressée en plein... (Photothèque Le Soleil)

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Une femme a été violemment agressée en plein jour alors qu'elle joggait le long de la rivière Saint-Charles, près du pont Scott.

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(Québec) Marie (nom fictif) ne voulait pas raconter son histoire publiquement. Son bien-être physique et psychologique était bien assez à gérer après qu'on l'eut attaquée le mois dernier alors qu'elle joggait le long de la rivière Saint-Charles. Mais la rapide et cruelle impression que son agresseur pourrait s'en tirer avec une peine de prison trop clémente l'a fait revenir sur sa décision. Elle devait parler avant qu'une autre agression du genre se produise, et qu'elle soit, cette fois, fatale.

«Le gars, il est hyper violent, il m'a attaquée d'une façon qui est hyper gratuite. Ça aurait été suffisant pour me tuer», raconte au Soleil la victime de 25 ans qui, un mois jour pour jour après les faits, est toujours en état de stress post-traumatique. «C'est inacceptable qu'une personne violente comme ça soit libre», ajoute celle qui a subi plusieurs fractures au visage, une grave commotion cérébrale et une entorse cervicale.

Le 2 octobre vers 9h30, Marie a été frappée au visage alors qu'elle se trouvait tout près du pont Scott, sur le sentier pédestre du parc linéaire de la rivière Saint-Charles. Malgré la force du coup, elle est parvenue à s'enfuir et à demander de l'aide. Procès oblige, la victime demeure vague sur les circonstances précises de l'agression.

L'accusé est actuellement détenu en attendant son enquête sur remise en liberté, qui aura lieu le 20 novembre. L'homme de 52 ans est accusé de menaces de mort, de voies de fait causant des lésions, de voies de fait armées, de séquestration et de tentative d'agression sexuelle. Il ne s'agit pas des premières accusations du genre pour l'accusé, qui a notamment été reconnu coupable en 2011 de voies de fait, de séquestration et de menaces de mort.

C'est précisément ce que reproche Marie au système de justice québécois. «Si j'étais morte, ce gars-là serait hors circuit définitivement. Je suis tellement heureuse de pas être morte, mais dans un sens, il aurait fallu ça pour être sûr de l'arrêter. [...] Qu'est-ce qu'il faut qu'il se passe pour que définitivement, cette personne-là, on n'accepte plus qu'elle se promène dans notre société? Combien de chances ça prend pour se rendre à l'évidence que c'est une personne qui n'évolue pas dans le bon sens?»

À ses yeux, la loi devrait prévoir et accepter que certains récidivistes ne se réhabiliteront jamais. «Il faut s'avouer qu'à un moment donné, il y a une limite [à la réhabilitation], parce que c'est un danger, et ça va demeurer un danger.»

Marie parle en connaissance de cause, elle qui est avocate de formation. Elle est en arrêt de travail depuis l'agression, et doute de pouvoir y retourner de sitôt, mais elle sait déjà qu'elle voudra un jour utiliser son poids comme avocate pour faire changer les choses au niveau juridique.

Manque de soutien

En attendant, Marie tente de se remettre sur pied, mais a l'impression de le faire sans le soutien dont elle devrait bénéficier en tant que victime. C'est qu'en date du 1er novembre, elle n'avait toujours pas eu de suivi de la Direction de l'indemnisation des victimes d'actes criminels. «Après un mois, il n'y a aucun suivi qui est fait de mon côté. Lui [l'accusé] est en dedans, il a un suivi psychologique et d'autres services qui sont accessibles, et ce n'est pas lui, la victime. Il y a comme un paradoxe. [...] Depuis que c'est arrivé, je me fais vraiment la promesse à moi-même d'être la pire victime pour lui. Je veux que ça soit le pire pour lui, mais on n'a pas tous les outils pour que ça soit pire pour lui. Au contraire, je trouve qu'il est chanceux quasiment.»

«Présentement, mes frais d'ambulance, c'est moi qui les paye. Si je vois un psychologue, c'est moi qui paye, ma physio, c'est moi qui paye. Je suis en arrêt de travail, c'est à mes frais», dénonce-t-elle.

Malgré les importantes séquelles laissées par l'agression, Marie ne veut pas semer la peur chez les femmes de Québec. «C'est quelque chose de super exceptionnel, je ne veux pas que tout le monde commence à avoir peur. J'aurais peut-être eu plus de chances de gagner à la loterie que de subir ça.» Elle souhaite plutôt que les femmes restent fortes, même dans l'adversité. «Ça m'écoeure que les femmes, on ait cette vulnérabilité-là.»

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