Arrestation de «Colosse» Plamondon: un scénario quasiment parfait

Yves «Colosse» Plamondon en mars 2014... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Yves «Colosse» Plamondon en mars 2014

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(Québec) L'arrestation d'Yves «Colosse» Plamondon pour vol qualifié et complot pour vol qualifié de la caisse populaire de Saint-Apollinaire, mercredi, relève quasiment du hasard. Le célèbre criminel a été pris en flagrant délit au moment où il faisait l'objet d'une filature pour une histoire de trafic de stupéfiants, impliquant son frère, Gaétan.

Le script est parfait. Plamondon faisait un retour devant la justice jeudi matin après être sorti de prison en 2014 au terme de 28 années passées derrière les barreaux relativement à trois meurtres pour lesquels il a toujours clamé son innocence. Comme à l'époque, il a été arrêté dans un restaurant. Dans les années 80, c'était au Marie-Antoinette de la 1re Avenue. Cette fois, un McDonald's.

L'air tendu, il est demeuré figé dans le box des accusés lors de sa courte comparution. Une attitude qui contrastait avec celle qu'il affichait deux jours plus tôt, lorsqu'il s'est présenté dans ce même palais de justice. Vêtu d'un complet-cravate, il s'y trouvait dans le cadre de la poursuite civile de 35 millions $ qu'il intente contre l'État pour avoir passé près de 30 ans à l'ombre injustement, plaide-t-il. 

«Colosse» a été arrêté par la police de Québec mercredi vers 13h30 relativement à un vol à main armée survenu la journée même vers 12h30 à la caisse populaire de Saint-Apollinaire. Un coup de feu aurait été tiré durant le vol. Plamondon faisait alors l'objet d'une filature policière. Il a été arrêté dans le McDonald's de l'endroit, où il attendait le présumé auteur du vol avant de repartir avec lui à bord d'une automobile, puis de revenir au même restaurant.

Filature

De toute évidence, les enquêteurs de l'unité des stupéfiants qui filaient le train à Plamondon ne s'attendaient pas à assister à un vol qualifié. C'est pourquoi ils ont attendu avant de l'intercepter en compagnie de son complice.

Ce complice est Stéphane Lachance, qui célébrait d'ailleurs son 46e anniversaire, mercredi. Il est aussi accusé de vol qualifié, de complot pour vol qualifié et de port de déguisement dans le but de commettre un vol. Contrairement à Plamondon, il paraissait agité lors de sa comparution.

Longue fiche de route

Lachance a lui aussi une longue fiche de route comme criminel. Il avait été arrêté en 2008 pendant l'opération Doberman, qui avait pour but de mettre fin à un réseau de trafic de drogue, possiblement lié aux Hells Angels.

Le Soleil parlait de lui en 1992. Lachance avait été arrêté avec deux autres individus alors que le trio s'apprêtait à commettre un vol à main armée à la caisse populaire du boulevard Neilson, à Sainte-Foy. Les trois hommes avaient en leur possession un véhicule volé, une arme à canon tronçonné et des bas de nylon servant à recouvrir leur visage. 

Lachance et Plamondon demeuraient dans le quartier Saint-

Sauveur. Le premier était domicilié dans un appartement de la rue de l'Aqueduc, et le second dans un duplex qui appartient à son frère, Gaétan, rue Kirouac.

Celui-ci a d'ailleurs été arrêté mercredi vers 14h30 à son chalet. Il a comparu au palais de justice pour possession de cocaïne dans le but d'en faire le trafic. Pour la petite histoire, Yves Plamondon avait même indiqué aux journalistes présents mardi dans le cadre de sa poursuite civile qu'il devait aller rejoindre son frère «au chalet».

Pour l'accusation de vol qualifié, la peine minimale est de cinq ans pour une première offense, ce qui serait le cas de Plamondon selon la Couronne. Dans le cas de Stéphane Lachance, qui est un récidiviste, la peine minimale est de sept ans pour vol qualifié. La Couronne s'est opposée à la remise en liberté des trois accusés pour, dit-elle, garantir la sécurité du public et sa confiance dans la justice.

Les dossiers devraient revenir lundi devant le tribunal. Des accusations en matière de trafic de drogue pourraient aussi être déposées contre Yves Plamondon et Stéphane Lachance.

Une saga judiciaire qui dure depuis 1988

Plamondon avait été libéré au début de 2014 après avoir purgé 28 ans d'une sentence à perpétuité à laquelle il avait été condamné en 1988 pour trois meurtres. Au cours de ces années, il a toujours plaidé son innocence. 

La Cour d'appel avait ordonné la tenue d'un nouveau procès en 2013 en raison d'éléments de preuve qui n'avaient pas été divulgués au premier procès, mais la poursuite avait décidé d'abandonner les accusations. Plamondon a ensuite entamé une poursuite de 35 millions $ contre le ministère de la Justice et la Sûreté du Québec pour les 28 années passées derrière les barreaux. 

Joint au téléphone, jeudi matin, l'avocat de Plamondon,

Me Daniel Rock, s'explique mal la situation actuelle. «On ne comprend rien. Lorsque je l'ai vu, il était bien de bonne humeur. J'ai parlé à sa blonde, qui ne comprend rien non plus.» 

Selon Me Rock, il y a des contradictions dans les versions rapportées sur l'événement de mercredi. «Je leur souhaite de ne pas s'être trompés. Ça arrive dans des drôles de circonstances. Ça dérange ce qu'on fait», lançait-il, faisant référence à la poursuite de 35 millions $ de son client contre le ministère de la Justice. Il compte bien représenter «Colosse» dans cet autre dossier, qui n'a aucune influence, soutient-il, sur la poursuite en cours. 

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