«Colosse» Plamondon et le juge De La Sablonnière se retrouvent après 28 ans

Yves «Colosse» Plamondon (à droite) dit assez bien... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Yves «Colosse» Plamondon (à droite) dit assez bien s'adapter à la vie en liberté, même si le rythme est plus rapide et que la ville de Québec a bien changé.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Dans le coin droit, l'ex-détenu qui a passé trois décennies à l'ombre pour des meurtres dont il a toujours nié être l'auteur. Dans le coin gauche, l'ancien procureur de la Couronne qui l'a fait condamner et qui doit se défendre d'une poursuite de 35 millions $.

Yves «Colosse» Plamondon et le juge René De La Sablonnière se retrouvaient dans la même pièce pour la première fois en 28 ans mardi, dans une petite salle d'interrogatoire du palais de justice de Québec.

Au premier coup d'oeil, Plamondon ne reconnaît pas celui qui avait convaincu un jury de le déclarer coupable. «On vieillit tous», glisse, laconique, l'ex-détenu.

Pas de poignée de main entre les deux hommes, qui approchent tous deux de l'âge de la retraite, mais une atmosphère cordiale pour une rencontre qui a duré un peu plus d'une heure.

Yves Plamondon a été libéré en mars 2014 après avoir purgé 28 ans de prison pour trois meurtres commis dans la région de Québec dans les années 80. 

Obligé par la Cour d'appel de faire subir un second procès à Plamondon, en raison de graves erreurs dans la divulgation de la preuve, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé d'abandonner les accusations.

À la fin décembre 2014, Plamondon, a intenté une poursuite civile de 35 millions $ contre la Sûreté du Québec, le procureur général de la province et l'ancien procureur de la Couronne René De La Sablonnière, aujourd'hui juge à la Cour du Québec.

Les parties se retrouvaient mardi, sans la présence d'un juge, pour débattre d'une requête en radiation d'allégations. 

Le juge souhaite notamment que Plamondon s'abstienne de faire référence, dans sa requête, au rapport fédéral produit dans le cadre de sa révision judiciaire. C'est cette révision qui allait conduire la Cour d'appel à ordonner un second procès.

Pour l'avocat de «Colosse», le dossier est embourbé dans la «procédurite».

«C'est inutile tout ça, lance Me Daniel Rock. Dans le dossier de M. Plamondon, le constat est clair, il y a eu une erreur judiciaire. Tout le monde l'a concédé, on n'a plus à le prouver.»

Il serait davantage dans l'intérêt de la justice d'accélérer la procédure en dommages. Plamondon se montre ouvert à la conciliation si les parties y consentent.

Neuf mois après le dépôt de la requête, le juge De La Sablonnière, le procureur général du Québec et la Sûreté du Québec n'ont pas encore déposé leur défense.

«Colosse» Plamondon dit assez bien s'adapter à la vie en liberté, même si le rythme est plus rapide et que la ville de Québec a bien changé.

L'ex-détenu soutient n'avoir aucune rancoeur envers ceux qui l'ont mené et gardé en prison toutes ces années. «Ça ne donne rien de vivre avec la haine. Je ne me lève pas le matin en pensant à ça», illustre-t-il.

Il dit passer des journées tranquilles à s'entraîner, promener son chien, visiter son frère à son chalet. Quand des gens le reconnaissent à l'épicerie ou au centre commercial, les commentaires sont toujours positifs, jure-t-il. «Les gens m'encouragent», dit-il.

Gêné, «Colosse» ajoute que parfois, des membres du public demandent de se faire prendre en photo avec lui.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer