Ultimatum des Premières Nations à Couillard

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(Québec) Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a sommé mardi Philippe Couillard, le «premier responsable» de la «crise» à Val-d'Or, de le rencontrer dans les 24 heures.

Au sortir d'une réunion avec une trentaine de chefs membres de l'APNQL, en Abitibi-Témiscamingue, M. Picard a lancé un ultimatum au premier ministre du Québec. «Il n'a pas le choix, a lancé M. Picard. Il doit assumer ses responsabilités et rencontrer les Premières Nations.»

Le lien de confiance est «brisé» entre les peuples autochtones et les corps policiers comme la Sûreté du Québec, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ou la Gendarmerie royale du Canada (GRC). L'APNQL insiste pour qu'une autorité policière autochtone surveille le travail des agents du SPVM chargés d'enquêter sur les incidents de Val-d'Or, révélés par l'émission Enquête, la semaine dernière.

Par courriel, l'attaché de presse du premier ministre a appelé les chefs autochtones au maintien d'un «ton respectueux» dans les échanges avec le gouvernement. Il n'a donné aucune indication des intentions de M. Couillard devant l'ultimatum lancé. «Depuis vendredi dernier, nous avons agi rapidement», a toutefois noté l'attaché de presse, Harold Lebel.

Plus tôt dans la journée, M. Couillard a annoncé qu'un observateur indépendant viendrait ajouter une garantie supplémentaire d'autonomie à l'enquête du SPVM sur les allégations de maltraitance policière envers des femmes autochtones.

«Nous avons pris la décision de nommer une personne qui sera observatrice dans cette enquête pour que chacune des parties ait l'assurance entière de l'indépendance du processus», a déclaré le premier ministre, en Chambre. L'identité de cette personne sera connue «sous peu», a-t-on dit à son cabinet.

Vendredi dernier, la Sûreté du Québec (SQ) a été déchargée de l'enquête sur le comportement de huit de ses policiers à l'endroit de femmes autochtones à Val-d'Or. Plutôt que de la confier au SPVM, le chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, maintient qu'elle aurait dû être confiée au Bureau sur les enquêtes indépendantes (BEI).

Même si le BEI n'est pas encore fonctionnel, le chef péquiste souhaite qu'il mette sur pied un comité ad hoc pour garantir l'indépendance de l'investigation. «Ça permettrait de donner plus de crédibilité à l'enquête en cours, a lancé M. Péladeau. [...] C'est une question de justice et d'apparence de justice.»

Mais le premier ministre s'appuie sur une déclaration de la directrice du BEI, Madeleine Giauque, voulant que l'organisme sera «opérationnel le 1er avril 2016» uniquement. «On va de l'avant de façon appropriée compte tenu de ce qu'on a comme ressources disponibles actuellement», a déclaré M. Couillard.

En point de presse, le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et la ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, ont évoqué des mesures qui peuvent être mises en place à court terme pour aider la communauté autochtone à Val-d'Or : intervenants psychosociaux, travailleurs sociaux, aide aux itinérants.

En larmes, la ministre Lise Thériault s’est défendue... (Archives La Presse Canadienne) - image 2.0

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En larmes, la ministre Lise Thériault s’est défendue de ne pas avoir réagi plus vite devant des allégations d'agressions sexuelles et d’abus de pouvoir commis à l’endroit d’autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or.

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Démission réclamée

La gestion du dossier par la ministre Lise Thériault a été «indigne de ses fonctions» et doit lui coûter son siège au Conseil des ministres, estime le Parti québécois.

La ministre de la Sécurité publique a beaucoup trop tardé à transférer l'enquête à une entité indépendante, selon le PQ. Son cabinet avait été prévenu des allégations d'abus physiques et sexuels depuis le mois de mai.

«Jusqu'à jeudi passé, elle trouvait normal que ce soit des policiers de la Sûreté du Québec qui enquêtent sur d'autres policiers de la SQ», s'est indigné le leader parlementaire de l'opposition, Bernard Drainville. À son avis, Mme Thériault a fait preuve d'un «manque de jugement» et d'un «comportement erratique» dans le dossier.

Mme Thériault doit donc «démissionner et sinon, le premier ministre du Québec devrait lui demander sa démission», a dit M. Drainville. Il ajoute cet épisode à celui de l'évasion par hélicoptère à la prison d'Orsainville. «Elle devrait partir, on n'a plus confiance en elle», a ajouté le leader de l'opposition.

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