Le ministre des Affaires autochtones ouvert à une enquête publique

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Geoffrey Kelley, le ministre des Affaires autochtones, souhaite que les chefs de l'Assemblée des Premières Nations arrivent eux-mêmes avec une suggestion de mandat sur lequel une enquête québécoise pourrait se pencher.

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(Québec) Le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, montre de l'ouverture à la tenue d'une enquête publique au Québec liée aux dénonciations de plusieurs femmes amérindiennes de Val-d'Or.

Alors que sa collègue de la Sécurité publique, Lise Thériault, estime qu'il ne faut pas «débuter 12 enquêtes», M. Kelley ne rejette pas d'emblée la demande d'investigation réclamée par plusieurs, dont les partis d'opposition.

Mais, dit-il, si Québec devait aller de l'avant, il faudrait que le mandat soit «complémentaire» à l'engagement du premier ministre Justin Trudeau d'une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

«Demain [mardi], les chefs de l'Assemblée des Premières Nations [APNQ] seront en réunion, a souligné M. Kelley en entrevue au Soleil. Laissons-les faire leur travail et faire des propositions au gouvernement. Moi, j'ai laissé ouverte toute la notion d'une enquête. [...] On ne peut pas fermer la porte. Mais il y a des choses qu'il faudra peaufiner avant de prendre la décision.»

Un reportage sur des abus physiques et sexuels de la part de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) dénoncés par plusieurs femmes autochtones de Val-d'Or a remis à l'avant-scène toute la question des conditions de vie des Premières Nations.

Le ministre Kelley souhaite que les chefs arrivent eux-mêmes avec une suggestion de mandat sur lequel une enquête québécoise pourrait se pencher. Et il veut savoir ce que fera le fédéral pour s'assurer de ne pas dédoubler le travail. «Quand on est dans le feu de l'action, on a toujours la tentation de précipiter les choses, a-t-il affirmé. Mon message aux chefs de l'APNQ a été : "Si on donne un mandat [d'enquête], quel serait ce mandat?"»

Dans l'espoir de «calmer le jeu» et voir l'état des lieux, le ministre s'est rendu à Val-d'Or et a rencontré des intervenants sociaux, des élus municipaux, les chefs des communautés voisines. Des gestes «tangibles» doivent être appliqués à «court terme», dit-il. Des propositions ont déjà été faites et les ministres des Affaires autochtones, de la Justice, de la Sécurité publique et à la Santé publique doivent faire l'inventaire des mesures qui pourraient être mises en place.

«Ce ne sont pas d'énormes sommes d'argent, dit M. Kelley. C'est des agents de liaison, peut-être bonifier le travail des travailleurs sociaux, un meilleur soutien des itinérants, poursuit-il. Si ça peut être avancé en priorité, on peut calmer le jeu à Val-d'Or. Ensuite, il sera important de rétablir la confiance envers la police.»

«Retrait administratif»

La SQ a été déchargée de l'enquête sur les agissements de ses agents à Val-d'Or. Elle a été confiée à la police de Montréal. Les policiers mis en cause sont en «retrait administratif» avec solde depuis vendredi. La ministre Thériault a été critiquée parce qu'elle sait depuis mai que des enquêtes sur des abus sexuels et physiques visent des agents de la SQ.

Jeudi, les députés de la Commission des relations avec les citoyens se pencheront sur un «plan de travail» pour étudier les «conditions de vie des femmes autochtones en lien avec les agressions sexuelles et la violence conjugale», explique le président de la commission, le caquiste Marc Picard. Les travaux commenceront cet automne.

Le ministre Kelley a été responsable des Affaires autochtones au Québec au cours de 5 des 10 dernières années. La situation des communautés est à «géométrie variable», explique-t-il. Certaines ont d'excellentes relations avec leurs voisins, d'autres moins. La pauvreté, l'isolement et le manque d'éducation sont trois facteurs clés dans la problématique autochtone, explique-t-il. «Une jeune qui n'a pas complété ses études secondaires, ses options dans la vie au niveau d'une carrière ou d'un métier sont très limités, souligne M. Kelley. Est-ce qu'il y a du racisme dans la société québécoise comme dans toute autre société? La réponse est oui. Alors j'imagine que, pour une femme autochtone sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal, la vie n'est pas toujours facile. Ce n'est pas tout le monde qui veut lui louer un appartement ou lui donner un emploi.»

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