Les parents d'un enfant battu par des écoliers réclament 800 000 $

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Antoine (prénom fictif), six ans et demi, a été tabassé par trois élèves de son âge le 30 octobre 2012.

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(Québec) Les parents d'un garçon de six ans violemment tabassé par des camarades de l'école Coeur-Vaillant en 2012 intentent une poursuite de 800 000 $ contre la commission scolaire des Découvreurs et les parents des trois agresseurs.

Antoine (prénom fictif), six ans et demi, rentre de l'école Coeur-Vaillant de Sainte-Foy le 30 octobre 2012 avec, dans son sac à dos, son t-shirt ensanglanté. Sa mère le questionne et apprendra petit à petit que son garçon a été battu par trois élèves aussi âgés de six ans. 

Ce n'était pas la première fois qu'Antoine, petit garçon rondelet, était ciblé; il avait reçu un coup de poing sur la bouche la semaine précédente et son lunch disparaissait fréquemment depuis la rentrée.

Selon la requête déposée en Cour supérieure, ce jour-là, Antoine s'est fait frapper la tête sur l'asphalte et aurait reçu des coups de pied au visage ainsi que des coups à l'abdomen et aux jambes.

Les parents affirment que jamais l'école ou le service de garde ne les a avisés de l'agression. À ce jour, les parents ignorent l'identité de l'un des trois agresseurs et ils n'ont jamais su si des mesures disciplinaires avaient été prises contre eux.

Quelques jours après le passage à tabac de l'écolier, la mère d'Antoine rencontre la directrice de l'école Coeur-Vaillant, Marie-Andrée Couillard. Selon la mère, la directrice se contente de nier le problème, ajoutant «qu'il était possible que ce soit la mère qui aurait battu son enfant».

Un signalement aurait été fait à la Direction de la protection de la jeunesse, mais n'aurait pas été retenu. La mère d'Antoine, infirmière, affirme dans sa requête que ces propos l'ont grandement affectée.

Constatant que son fils somnole beaucoup dans les jours suivant l'agression, la mère se rend consulter à la clinique pédiatrique de Sainte-Foy.

Idées suicidaires

Après plusieurs examens, les médecins diagnostiquent trois commotions cérébrales, un trouble de l'attention avec hyperactivité lié au traumatisme crânien, une diminution importante de la vision, une grave surdité, un stress post-traumatique et même des idées suicidaires.

Dans les mois suivant l'agression, Antoine doit consulter psychologue, pédiatre, audiologiste et autres spécialistes plusieurs fois par semaine. Il doit prendre des antidépresseurs, de la mélatonine et d'autres anxiolytiques.

La mère d'Antoine est elle suivie par des psychologues «afin de faire le deuil de l'enfant qu'elle avait connu avant l'incident», peut-on lire dans la requête.

Les parents réclament au total 800 000 $ à la commission scolaire des Découvreurs et aux parents des deux jeunes qu'ils ont pu identifier.

Graves conséquences

Antoine n'a pas ri durant deux ans. Certains jours, il frôle encore les murs de l'école sans parler à personne. 

Chantale (prénom fictif), la maman d'Antoine, a accepté de raconter au Soleil ce qu'est devenue sa vie, leur vie, depuis que son fils a été victime d'un grave cas d'intimidation.

 D'un enfant «épanoui, social et enjoué», Antoine s'est métamorphosé en garçon agressif et anxieux dès qu'il fréquente d'autres jeunes. 

Il a dû fréquenter plusieurs écoles adaptées et vient de réintégrer une classe ordinaire. Avec des bonnes et des moins bonnes journées. «Dès que le ton monte dans la classe, il sort en trombe», raconte la maman.

Dans les mois suivant l'agression, Chantale a vu son fils régresser au stade d'un jeune enfant, incontinent, incapable de se laver. 

«On a dû déménager de quartier pour éviter de croiser les agresseurs», raconte Chantale.

La mère dit avoir épuisé toutes ses réserves financières et perdu son emploi pour cause d'absentéisme prolongé. «On sait que le système médical ne fournit pas tous les services de réadaptation, note-t-elle. Et pendant des années, le petit va avoir besoin d'autres soins.»

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