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La SQ déchargée de l'enquête sur les femmes autochtones

Troublée par les révélations de l'émission Enquête, à Radio-Canada,... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Troublée par les révélations de l'émission Enquête, à Radio-Canada, la ministre Lise Thériault a dû interrompre son point de presse pour refouler ses sanglots.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) La Sûreté du Québec (SQ) est déchargée de l'enquête sur des abus présumés envers des femmes autochtones par certains de ses policiers qui ont été suspendus vendredi, a annoncé la ministre Lise Thériault, au bord des larmes.

«Je suis aussi choquée que la population», s'est indignée la ministre, émue. «Il est temps qu'on fasse quelque chose. C'est ce qu'on va faire.»

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sera dorénavant responsable de l'enquête sur les allégations d'inconduite sexuelle et de mauvais traitements envers des femmes autochtones à Val-d'Or. Le directeur général de la SQ, Martin Prud'homme, a lui-même demandé à la ministre le transfert de l'enquête afin «d'assurer la transparence dans ces dossiers et la confiance du public» envers le corps policier.

«Ma responsabilité, à partir du moment où j'apprends des faits qui sont troublants, choquants, inacceptables, est de faire en sorte qu'on puisse premièrement rétablir la confiance avec la SQ, a lancé Mme Thériault. Parce que je ne suis pas la seule à être ébranlée.»

Le reportage d'Enquête, à Radio-Canada, a montré les témoignages à visage découvert de femmes autochtones qui racontent les sévices dont elles auraient été victimes de la part de policiers de la SQ. L'une dit avoir été abandonnée sur la route à 1h15 de marche de chez elle en plein hiver. Une autre avoir fait des fellations à des policiers en uniforme qui l'ont payée 200 $ chacun. Une autre encore affirme avoir été violée, il y a 20 ans, par un agent dans une salle d'interrogation du poste de police.

Le nouveau Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), responsable des investigations sur les corps policiers et dont la directrice a été nommée en janvier, n'est pas encore en service. Il ne pouvait donc pas se charger de l'enquête, a expliqué la ministre.

Perturbée par les révélations, Mme Thériault a dû interrompre son point de presse pour refouler ses sanglots. «La réalité vécue par les femmes autochtones à Val-d'Or, mais également partout au Canada, est préoccupante et inacceptable, a-t-elle affirmé. Le gouvernement se doit de poser des actions et ne peut pas rester les bras croisés.»

huit policiers concernés

Les huit policiers concernés sont maintenant en «retrait administratif» avec solde. Cinq d'entre eux sont à Val-d'Or, et trois autres sont postés ailleurs au Québec. Ils ne peuvent donc plus patrouiller dans les rues. La ministre a néanmoins souligné que tous les policiers ne peuvent être mis dans «le même panier». «La grande partie des policiers sont corrects et ont un travail de sécurité publique à faire», a déclaré Mme Thériault.

Certaines allégations étaient connues par son cabinet depuis mai. Mais la procédure normale était suivie, une enquête était menée et son ministère «n'aurait pas pu en faire plus», estime-t-elle. Mme Thériault note que le reportage a révélé des éléments qui ne faisaient pas l'objet d'une enquête. «Je ne peux pas dire que l'enquête policière a été inadéquate, a dit la ministre. Les policiers ont enquêté sur ce que les femmes ont bien voulu dire.»

La direction du bureau de la SQ de Val-d'Or a été confiée à une autre officière, la capitaine Ginette Séguin. La sous-ministre aux affaires policières, Marie Gagnon, a aussi été dépêchée sur place, accompagnée d'un directeur général adjoint de la SQ. Ils devront faire un état de situation.

Les députés de la commission des relations avec les citoyens se réuniront la semaine prochaine pour discuter du dossier et des suites à y donner.

La porte-parole péquiste en matière de condition féminine, Carole Poirier, estime que le fait que la ministre n'agisse qu'après un reportage médiatique est une preuve de «mépris total envers les femmes autochtones». «Ces larmes, la ministre aurait dû les verser au printemps et faire quelque chose à ce moment-là», a lancé Mme Poirier.

Elle s'explique mal que l'enquête soit confiée au SPVM alors que la ministre disait la veille en Chambre que des accusations étaient imminentes. «Est-ce que l'enquête était finie, oui ou non?» demande-t-elle.

La situation dénoncée est d'une gravité telle qu'elle mérite le déclenchement d'une commission d'enquête, a soutenu la Coalition avenir Québec.

=> Le blogue de Richard Therrien sur le reportage d'Enquête

Point de presse de Lise Thériault

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