Les chasseurs de The Judge dénoncés par une ennemie des pédophiles

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(Québec) Sophie Dupont, la femme de Québec qui a créé son propre registre des délinquants sexuels du Québec, tient à se dissocier du groupe de citoyens The Judge, dont la mission est de traquer les pédophiles pour les inciter à se faire soigner.

«Je suis vraiment contre l'idée des justiciers», a martelé hier Mme Dupont, en entrevue téléphonique au Soleil. «Je ne suis pas associée à ça, je ne cautionne pas ça», a-t-elle répété à plusieurs reprises.

La conceptrice d'un registre non officiel des délinquants sexuels a peur que l'intervention de civils auprès de suspects ou même de criminels avérés «mène à de la violence, à de l'intimidation». «Aller affronter un pédophile à six? Je ne pense pas qu'ils vont pouvoir contrôler tous ces gens-là», dit-elle, craignant l'effet «de gang».

Mme Dupont est convaincue que tout débordement pourrait nuire à la cause pour laquelle elle milite depuis 11 ans, soit la création d'un registre public des agresseurs sexuels d'enfants. À la veille des élections fédérales, elle se sent plus proche du but que jamais. Surtout si le Parti conservateur est reporté au pouvoir, lui qui est en train de créer une banque de données destinée au grand public. Y seraient concentrées des informations déjà publiées ailleurs par les corps de police ou d'autres organisations publiques.

C'est ce que fait Mme Dupont depuis 2009 sur Facebook. Avec des collaborateurs, elle dresse le profil de centaines de pédophiles traduits en justice. Son travail était suivi hier par 17 752 personnes.

Entre 300 et 400 demandes d'adhésion ont afflué depuis la publication samedi dans Le Soleil d'un portrait du groupe beauceron The Judge, qui s'est donné comme mission d'aller à la rencontre d'individus soupçonnés de s'intéresser sexuellement aux enfants pour leur suggérer «fortement» d'aller chercher une aide psychologique. L'initiative de Mme Dupont était rappelée en fin de texte.

Violence

Dans les deux cas, les critiques relèvent que des individus pourraient être tentés d'user de violence auprès de pédophiles. Cela s'est déjà vu aux États-Unis, où un registre public est accessible.

Mme Dupont ne croit pas que les deux projets soient comparables. «Moi, je ne les pourchasse pas, je ne cherche pas d'adresse. Tout ce que je veux, c'est qu'on sache qui sont nos voisins», fait-elle valoir.

La mère de famille, qui travaille comme secrétaire juridique, s'est fixé des règles à respecter. Pas question, par exemple, de donner l'adresse exacte des accusés. Elle se limite au quartier ou à la rue. Mme Dupont se fait également un devoir de confirmer ses dénonciations publiques par des documents de cour et des articles de journaux. Des soupçons de parents ne seraient pas suffisants pour elle. «C'est un suivi énorme. On ne peut pas se baser uniquement sur la parole de quelqu'un», insiste Sophie Dupont.

Quand des membres de son groupe Facebook tiennent des propos qu'elle juge déplacés, l'administratrice assure qu'ils sont aussitôt expulsés. Elle est toutefois empathique avec les proches de victimes qui peuvent être très en colère. «J'ai peur que des gens comme ça se joignent à eux [The Judge] et que ça se défoule», verbalise-t-elle avant de lancer un dernier appel au calme.

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