Harcèlement sexuel: un haut gradé de Valcartier plaide coupable

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Les faits reprochés au lieutenant-colonel Martin Bernier seraient survenus en octobre, lors d'une soirée au Centre des congrès.

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(Québec) Le lieutenant-colonel Martin Bernier, haut gradé de la base militaire de Valcartier, a plaidé coupable, jeudi, à deux accusations de harcèlement sexuel sur deux militaires. Les victimes ont témoigné des effets négatifs qu'a encore aujourd'hui cet événement sur leur vie, dont celui d'être jugé si elles dénonçaient leur supérieur.

Selon les faits rapportés devant la Cour martiale, les infractions ont été commises dans la nuit du 18 au 19 octobre 2014 au Centre des congrès de Québec. S'y déroulait la Soirée du 100e anniversaire du Royal 22e Régiment.

Le lieutenant-colonel Bernier commandait alors le Centre d'instruction de la 2e Division du Canada. Les deux victimes étaient ses subalternes. Leur conjoint respectif les accompagnait lors de cette fête. Durant la soirée, le colonel a successivement dansé avec chacune d'elles. L'une a dit avoir ressenti un malaise, tandis que l'autre trouvait le colonel entreprenant, «taponneux».

Dans les minutes qui ont suivi, toujours sur le plancher de danse, le haut gradé a touché, tour à tour, les fesses de chacune des victimes. L'une a dit qu'il lui «a pogné une fesse, solide». Les deux femmes, qui sont amies, ont discuté à la fin de la soirée de ce qui venait de leur arriver. Elles ont partagé leur malaise avec leur conjoint et un organisateur de la soirée.

Elles ont porté plainte quelques jours plus tard. Le commandant a été relevé de ses fonctions en raison des allégations qui pesaient sur lui. Depuis, il a été transféré au quartier général d'Ottawa, où il travaille avec l'état-major interarmées stratégique.

En échange de cette reconnaissance de culpabilité, la Couronne a laissé tomber les deux chefs d'agression sexuelle portés initialement pour les mêmes gestes. «Ce n'est pas parce que c'est du harcèlement plutôt qu'une agression que c'est moins grave», a commenté le procureur au dossier, le major Philippe Doucet. Selon lui, les deux victimes sont d'ailleurs satisfaites de la reconnaissance de culpabilité enregistrée.

Lors de leur témoignage, jeudi, en Cour martiale, pour déterminer la peine qui sera infligée, elles ont exprimé les craintes qui les habitaient. «Je suis encore mal à l'aise. J'ai fait de l'anxiété et j'avais de la difficulté à dormir. Je me demandais si ma carrière allait en souffrir. Je ne voulais pas être identifiée comme une victime», raconte l'une d'elles.

Des sentiments partagés par sa collègue. «On me dit que ma conduite doit être exemplaire et m'enseigne le respect. Les Forces parlent énormément de harcèlement», rappelle-t-elle. La dame a dit avoir souffert, comme sa collègue, de commentaires disgracieux.

En effet, tous savaient qu'il s'était passé quelque chose. La rumeur courait. Plusieurs ont émis des commentaires «disgracieux» à l'égard des victimes, allant jusqu'à affirmer qu'elles «l'avaient cherché». «J'avais peur de me faire dire que j'aurais dû me taire et que je suis allée trop loin en le dénonçant. Je ne veux pas être associée toute ma carrière à cette histoire», ajoute-t-elle.

Les deux victimes ont ajouté que leur première réaction a été de «figer» lorsque le colonel leur a pris les fesses. «Je ne savais pas comment réagir. C'est un lieutenant-colonel. C'est un haut gradé. Ce n'est pas censé se passer comme ça. Il doit nous protéger. Si ça avait été quelqu'un d'autre, il aurait eu ma main dans la figure», raconte l'une d'elles.

L'avocat de la défense, le capitaine de corvette Patrice Desbiens, a insisté sur le fait que son client a reconnu son erreur en reconnaissant sa culpabilité. Il doit d'ailleurs témoigner aujourd'hui pour donner sa version des faits. Le lieutenant-colonel est passible d'un blâme, d'une amende et même d'une rétrogradation.

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