Procès Turcotte: rien ne laissait présager le drame, selon des témoins

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La journée du drame, des collègues affirment n'avoir rien remarqué de différent dans le comportement de Guy Turcotte.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Québec

Rien dans le comportement de Guy Turcotte ne laissait présager qu'il tuerait ses deux enfants le 20 février 2009, ont déclaré des témoins au procès de l'homme accusé du meurtre d'Olivier et d'Anne-Sophie.

Martin Nolet, un agent immobilier, a relaté mercredi au jury du procès criminel les démarches qu'il a faites en février 2009 avec l'accusé pour l'achat d'une maison.

Selon lui, Guy Turcotte était content de l'offre faite le 15 février sur une maison à proximité de la résidence de son ex-conjointe, pour que cela soit plus facile pour les enfants, Olivier, âgé de cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans.

Lors de l'une des rencontres avec Guy Turcotte au début de février pour visiter des maisons, ce dernier s'était brièvement épanché sur ce qu'il vivait.

«Il était positif pour la maison, mais a dit que la séparation était douloureuse et qu'il était en colère contre Isabelle», a témoigné M. Nolet.

Isabelle Gaston, son ex-conjointe et mère des enfants, avait entamé une relation extraconjugale avec Martin Huot, un ami du couple.

«Il a mentionné qu'il s'agissait d'un ami personnel et il trouvait dur de se faire tricher avec un ami personnel», a rapporté M. Nolet.

Le soir du double meurtre, le 20 février 2009, M. Nolet a reçu un message téléphonique de l'accusé, vers 20h30, qui l'informait qu'il ne pourrait être présent pour l'inspection de la propriété, prévue pour le lendemain, le samedi, vers midi.

Le message a été joué dans la salle de cour pour le jury. On y entend Guy Turcotte parler d'une voix calme et posée, d'un débit normal, s'excuser et remercier avant de raccrocher.

«Salut Martin, c'est Guy. Écoute, demain, je serai vraiment pas capable d'être là, je serai pas là. Es-tu capable de me rendre un service [inaudible], pis de canceller, qu'on remette ça pour y aller une autre fois parce que je pourrai pas être là samedi pour l'évaluation, l'inspection. Je suis désolé, je te remercie beaucoup. Bye-bye», peut-on entendre.

Rencontré par les policiers par la suite, M. Nolet leur a dit trouver «inconcevable» que Guy Turcotte ait tué ses enfants, parce qu'il venait tout juste de le voir.

«Rien dans son comportement ne laissait présager cela», est-il écrit dans sa déclaration aux policiers.

Nathalie Lemelin travaillait à l'hôpital de Saint-Jérôme avec l'accusé depuis six ans et était de service avec lui le 20 février.

Cette journée-là, une nouvelle salle de soins avait été installée, et Mme Lemelin l'avait montrée à Guy Turcotte en milieu d'après-midi, et il s'était dit content de l'organisation.

Elle a dit n'avoir rien remarqué de spécial, qu'il était «normal, comme d'habitude». Elle n'avait pas remarqué de changements au cours des semaines précédentes non plus.

Par contre, le chef de service de cardiologie, Jean Gauthier, a assisté à la même réunion du service que Guy Turcotte, la veille du drame. L'accusé n'avait pas sa bonne humeur habituelle, a-t-il témoigné.

«Il était en retrait, il n'a pas parlé beaucoup, il était taciturne», a-t-il dit.

Il a ajouté qu'il le trouvait amaigri récemment, triste, et qu'il ne parlait pas beaucoup. Il était au courant de sa séparation d'avec Isabelle Gaston.

Le vendredi 20 février, avant de partir pour la fin de semaine, Guy Turcotte a toutefois laissé sa liste de patients comme à l'habitude pour le cardiologue qui prendrait la relève de la garde des patients. Il s'agissait de M. Gauthier, qui a précisé que les patients ont été bien traités lors de cette dernière semaine de l'accusé.

Tout le personnel médical de l'hôpital de Saint-Jérôme qui a témoigné a louangé Guy Turcotte, le qualifiant d'excellent médecin, apprécié des patients comme du personnel.

Un message d'au revoir

Guy Turcotte a aussi laissé un message sur la boîte vocale de sa collègue Nathalie Lemelin, le 1er mars, soit un peu plus d'une semaine après la mort des enfants.

Dans celui-ci, l'accusé, calme, commence par s'excuser «pour tout le chiard que je vous fais».

Puis, méthodique, il indique à Mme Lemelin d'aller dans un tiroir de son bureau chercher un reçu pour un congrès, car il veut se faire rembourser pour le coût de l'événement. Il demande à un autre de lui refaire un chèque, car le dernier n'a pas été encaissé.

«Parce que je vais avoir ben des avocats à payer», explique-t-il.

Il lui demande aussi de mettre de côté sa facturation et ses souliers, car quelqu'un ira éventuellement les chercher.

Il la remercie ensuite pour son sourire et sa présence. «Je lègue ma calculatrice à Marie-Josée», dira-t-il avant de lui laisser des messages d'appréciation pour bon nombre de collègues. «Ce n'est pas son timbre de voix habituel», a dit Mme Lemelin au procès. «Il est moins joyeux que d'habitude.»

Le procès est suspendu jusqu'à mardi.

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