Un témoin décrit l'horreur des résidences de Rémy Bernier

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Des perquisitions ont eu lieu mardi dans deux des résidences appartenant à Rémy Bernier, qui possède également l'entreprise Taxi Dalber, à Baie-Saint-Paul.

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(Québec) Après une enquête de cinq mois, la SQ lève le voile sur la négligence et la maltraitance qui auraient eu cours dans deux résidences pour personnes âgées et déficientes intellectuelles de Charlevoix. Quatre personnes seront accusées mercredi. En exclusivité, un témoin raconte.

Une employée du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de la Capitale-Nationale qui se rendait quelques fois par semaine dans les résidences pour personnes déficientes appartenant à Rémy Bernier soutient qu'elle et ses collègues ont maintes fois décrié ce qui s'y passait, sans que la direction de l'hôpital de Baie-Saint-Paul ne fasse quoi que ce soit.

Monique (nom fictif) a accepté de livrer ses commentaires au Soleil, à la condition que l'on préserve son anonymat. «Quand on allait là, les lunchs et les collations n'étaient pas adéquats. Ça sentait mauvais. Personne n'en aurait mangé», raconte-t-elle. 

«Il y a certains clients qui avaient des marques», lance-t-elle. Monique dit avoir mentionné à de nombreuses reprises ce qu'elle considérait comme de la négligence ou même de la maltraitance à ses supérieurs immédiats. «On était plusieurs à rencontrer nos patrons et à parler de ça et les patrons n'agissaient pas [...] L'hôpital se fermait les yeux», dénonce-t-elle.

«Les clients étaient sales, pas habillés adéquatement.» Par exemple, elle a déjà remarqué qu'un patient portait les vêtements d'un autre, ou des vêtements trop petits, pas adaptés à la saison.

L'employée du CIUSSS explique que Rémy Bernier engageait souvent des gens de l'extérieur et qu'il y avait un grand roulement de personnel. Par exemple, pour une résidence de neuf personnes, il engageait deux employés. Chacun travaillait 24 heures sur 24, sept jours de suite, avant de passer le relais à son collègue. Des conditions «pas humaines», selon elle. «Quand un résident ne dort pas de la nuit, tu n'as personne pour t'aider le lendemain», illustre-t-elle.

Rémy Bernier possédait une résidence pour personnes âgées à Baie-Saint-Paul, de même que trois résidences pour personnes déficientes : deux à Baie-Saint-Paul et une à Saint-Urbain. C'est à ces trois derniers endroits que Monique était appelée à travailler, et selon elle, les conditions de vie des clients étaient «pas mal partout pareilles».

Pour l'argent?

Monique soutient qu'il était «bien connu dans la région» que Rémy Bernier avait ouvert ce type de résidences pour «l'argent».

Selon elle, Rémy Bernier était enclin à prendre la plupart des cas lourds, ces personnes pour lesquelles l'hôpital de Baie-Saint-Paul avait du mal à trouver un foyer. «Comme il les prenait tous, ça réglait le problème de l'hôpital», croit-elle.

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