Procès Turcotte: tuer pour «faire chier» son ex

Guy Turcotte aurait déclaré à une infirmière qu'il... (Photothèque Le Soleil)

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Guy Turcotte aurait déclaré à une infirmière qu'il avait tué Olivier et Anne-Sophie pour enlever à Isabelle Gaston ce qu'elle avait de plus précieux.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Guy Turcotte aurait déclaré avoir tué ses enfants pour faire du mal à son ex-conjointe Isabelle Gaston, a rapporté une infirmière au procès de l'homme accusé du meurtre prémédité d'Oliver et d'Anne-Sophie.

C'est ce qu'a déclaré Chantal Duhamel mardi, devant le tribunal. L'accusé aurait tenu ces propos au lendemain du double meurtre alors qu'il était hospitalisé à l'urgence de l'hôpital de Saint-Jérôme où il travaillait comme cardiologue.

«Il a dit qu'il voulait la faire chier et que la façon de la faire chier était de lui enlever ce qu'elle avait de plus précieux au monde, ses enfants», a rapporté Mme Duhamel.

Guy Turcotte aurait aussi dit en sa présence qu'il ne voulait pas voir ses enfants souffrir de la séparation et que c'est pour cela qu'il les avait tués. «Il m'a dit : "J'aimerais que tu dises le message à Isabelle pour moi, que j'ai fait ça pour la faire chier"», a ajouté Mme Duhamel qui travaillait avec l'accusé.

Les avocats de la défense ont semblé être très indisposés par cette dernière déclaration, interrogeant la dame en long et en large pour savoir pourquoi elle n'avait pas mentionné cette phrase plus tôt. Le témoin a rétorqué qu'on ne l'avait jamais questionnée directement sur ce point.

Guy Turcotte aurait aussi parlé d'Isabelle Gaston à une autre infirmière, soit Guylaine Paquin.

Celle-ci a rapporté que l'accusé lui avait pris les mains et dit : «Si tu savais tout ce qu'elle m'a fait endurer». Plus tard il dira : «Elle avait tout ce qu'elle voulait, elle faisait tout ce qu'elle voulait, elle voyageait comme elle voulait».

L'urgentologue Marie-Pierre Chartrand a pris en charge l'accusé lorsqu'il est arrivé à l'hôpital. Elle connaissait Guy Turcotte et travaillait avec lui tout comme avec Isabelle Gaston. Elle dit avoir eu un choc quand elle l'a vu - comme tout le personnel de l'hôpital.

Selon elle, Guy Turcotte était conscient et éveillé à son arrivée et comprenait ce qui se passait.

Elle avait l'impression qu'il était légèrement intoxiqué, car il était au ralenti - comme quelqu'un qui a pris quelques bières, a-t-elle dit-mais il ne tenait pas de propos délirants et ne semblait pas avoir d'hallucinations. «Selon moi, il est en état de comprendre», a-t-elle dit également.

«Il a dit que c'est écoeurant ce qu'il a fait, de le laisser mourir, que sa vie était finie», a-t-elle rapporté.

Malgré ses protestations, la décision a été prise de le traiter, notamment puisqu'elle jugeait qu'il était suicidaire. Par la suite, l'accusé a été transféré dans un autre hôpital.

«C'était trop lourd émotivement», a-t-elle dit. Et puis, «il utilisait le fait qu'il nous connaissait, on avait l'impression qu'il nous manipulait un peu». Elle a souligné le fait qu'il aurait dit avoir pris du Tylenol pour expliquer son état. Après avoir reçu les résultats des tests de sang - qui ne révélaient aucune trace de ce médicament - elle a confronté Guy Turcotte à ce sujet, pour pouvoir le soigner.

Il aurait alors «négocié», a-t-elle dit. «Il a dit qu'il me dirait ce qu'il a pris, si je lui disais son PH et ses bicarbonates», a déclaré Mme Chartrand, expliquant qu'il s'agit là de deux données biologiques dont il voulait connaître le résultat.

Le méthanol

Le méthanol a aussi fait son entrée dans ce procès criminel mardi, ce qui a permis d'entrevoir un peu la théorie de la défense.

L'infirmière Duhamel a rapporté que l'accusé aurait déclaré avoir consommé deux litres de lave-glace (qui contient du méthanol), la veille, vers 20h.

Pour le Dr Chartrand qui se fiait aux tests de sang, Guy Turcotte avait ingéré une quantité non précisée d'alcool toxique - sans savoir lequel - et présentait des symptômes d'intoxication à son arrivée à l'hôpital. De plus, il vomissait, a rapporté la médecin.

«Le méthanol peut causer de la confusion», a dit Mme Chartrand.

Cela explique pourquoi autant de cas a été fait par les policiers qui ont témoigné au sujet des bidons de lave-glace retrouvés chez Guy Turcotte, dont un qui portait des traces de sang d'Anne-Sophie.

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