Quatre arrestations pour maltraitance dans Charlevoix

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Des perquisitions ont eu lieu mardi dans les deux résidences d'hébergement privées appartenant à Rémy Bernier.

Collaboration spéciale Dave Kidd, Le Charlevoisien

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(Québec) Après une vaste enquête de cinq mois, la Sûreté du Québec (SQ) a fait la lumière mardi sur une véritable culture de la violence qui aurait eu lieu dans au moins deux résidences d'hébergement privées pour personnes âgées et déficientes intellectuelles dans Charlevoix.

Quatre nouveaux suspects ont été arrêtés mardi en lien avec cette affaire. D'abord Rémy Bernier, 47 ans, de Saint-Urbain, le propriétaire des résidences de type familial de Saint-Urbain et de Baie-Saint-Paul où la maltraitance aurait eu lieu. 

S'ajoutent Herman Warren, 66ans, de La Malbaie, André Demers, 59 ans, de Québec, et Lisette Belleau, 52 ans, de Baie-Saint-Paul, toutes des personnes qui «gravitaient étroitement autour des victimes», explique Ann Mathieu, porte-parole de la Sûreté du Québec, sans confirmer qu'il s'agit d'employés.

Ces quatre suspects comparaîtront mercredi au palais de justice de La Malbaie pour faire face à des accusations de voies de fait simples, de voies de fait avec lésions et de menaces de mort.

La SQ confirme que plus d'une douzaine de personnes âgées, la plupart ayant des déficiences intellectuelles sévères, ont été violentées. «Il y a des dénonciations qui ont été faites pour briser ce cercle de violence-là. Ce sont des personnes très vulnérables qui ont vécu ces situations. J'invite d'éventuels témoins à ne pas hésiter à dénoncer ce type de crime contre la personne», exprime Ann Mathieu. 

L'enquête a débuté en mai dernier, après qu'un résident eut été admis à l'hôpital couvert de bleus. Le Curateur public, qui en avait la charge, a décidé de porter plainte à la police.

Le 29 mai, la SQ a procédé à l'arrestation de Jean Coutu. Cet homme de 53 ans au lourd passé judiciaire était l'un des employés de Rémy Bernier, et c'est lui qui avait le résident sous sa garde avant qu'il n'atterrisse à l'hôpital. M. Coutu a été accusé de voie de fait causant des lésions et il est resté derrière les barreaux depuis.

C'est à la suite de cette première arrestation que la Sûreté du Québec a entendu d'autres dénonciations qui lui ont permis de continuer son enquête. «Si on reçoit d'autres informations, c'est sûr qu'on va poursuivre notre travail», indique Mme Mathieu.

Des perquisitions ont eu lieu mardi dans deux des résidences appartenant à M. Bernier, qui possède également l'entreprise Taxi Dalber, à Baie-Saint-Paul.

Jean Coutu est le premier employé d'une résidence... (L'Hebdo charlevoisien, Éric Maltais) - image 3.0

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Jean Coutu est le premier employé d'une résidence pour personnes déficientes à avoir été arrêté, en mai dernier.

L'Hebdo charlevoisien, Éric Maltais

Le CIUSS se défend

Lors de la première dénonciation, en mai, une enquête administrative a été déclenchée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de la Capitale-Nationale. Après un mois, le CIUSSS en est venu à la conclusion qu'il devait rompre tout lien avec Rémy Bernier. Ce dernier a alors fermé définitivement ses quatre résidences privées. Trente-deux personnes avaient préalablement été déménagées dans d'autres résidences du secteur.

Catherine Chagnon, agente d'information pour le CIUSSS, a soutenu en entrevue mardi qu'«au moment où on a eu l'information, on a fait ce qu'il fallait». Selon elle, puisque les résidences sont aujourd'hui fermées et que les suspects ne font pas partie des employés du CIUSSS, le dossier est clos.

Une ressource intermédiaire, ça rapporte combien?

Depuis 2013, le gouvernement du Québec a régi les montants d'argent qu'il octroie aux ressources intermédiaires, ces résidences privées de type familial qui accueillent des patients confiés par le CIUSSS. Les patients sont classés selon une échelle de soins de 1 à 6. Lorsqu'ils ont la cote 1, ils sont assez autonomes, tandis qu'à 6, ils requièrent une attention constante, pour manger, s'habiller, etc. Selon l'entente collective entre le ministre de la Santé et le Regroupement des ressources résidentielles adultes du Québec, pour 2015, le gouvernement octroie 34,53 $ par jour pour un patient coté 1, et 77,69 $ par jour pour un autre coté 6. Si bien qu'une ressource intermédiaire de neuf places (le maximum prévu par la loi) peut se retrouver en fin d'année avec des revenus qui oscillent entre 113000 $ et 255000 $. 

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