Agression sexuelle alléguée: un ex-militaire de Valcartier réclame 3 millions à Ottawa

Agressé au début des années 2000, l'ex-soldat dénonce... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Agressé au début des années 2000, l'ex-soldat dénonce «une véritable loi du silence sur les crimes sexuels qui à toutes fins pratiques protège les agresseurs et ostracise les victimes».

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Un militaire retraité de Valcartier qui dit avoir été victime d'une agression sexuelle de la part de collègues intente une poursuite de 3 millions $ contre le gouvernement du Canada et dénonce la loi du silence qui entoure les crimes sexuels dans les Forces armées.

Au début des années 2000, Jeff (prénom fictif), jeune soldat, doit suivre une formation avec d'autres militaires de Valcartier. 

Au terme d'une soirée très arrosée, il revient au dortoir qu'il partage avec cinq autres militaires. Dans sa requête déposée en Cour supérieure, Jeff affirme n'avoir aucun souvenir de ce qui se passe par la suite.

À son réveil, il constate que son visage dégage une odeur de sperme. Le jeune homme, qui n'a à ce moment aucune expérience sexuelle, décide d'oublier l'incident.

Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'un collègue militaire raconte à Jeff avoir été mis au courant de son agression. Selon ce collègue, un ou des militaires avaient donné des coups de pénis au visage de Jeff et s'étaient masturbés sur lui alors qu'il était inconscient.

«Le fait qu'il ait pu être la victime d'un acte aussi abject était absolument insupportable pour le demandeur en raison de l'humiliation, de l'anxiété et de la souffrance que cette idée engendrait chez lui», peut-on lire dans la requête.

Jeff réussit à identifier et à confronter un des présumés agresseurs. Ce dernier nie l'agression.

Jeff tente de se convaincre qu'il n'a pas été victime d'une agression, mais plutôt d'une mauvaise blague. L'incident avait visiblement fait le tour de son groupe, car durant les deux années suivantes, il sera l'objet de moqueries et de harcèlement.

Il réussira malgré tout à vivre dans le déni jusqu'à ce qu'il se retrouve en mission en Afghanistan. Dans un climat de vive tension, un autre militaire lui suggère de ne pas oublier ce qui lui était arrivé, faisant référence à l'agression.

Bouleversé et dégoûté, Jeff se trouve incapable de dénoncer l'agression et d'ainsi abandonner ses fonctions et ses collègues dans une période cruciale. Il craint aussi de perdre sa conjointe et de sacrifier sa carrière militaire.

«Il choisit de continuer à faire son travail malgré la douleur et la détresse qu'il ressentait», allègue-t-on. 

Aucune accusation

Aux prises avec des idées suicidaires, Jeff se sent comme une bombe à retardement même s'il reçoit des éloges pour son travail en mission.

Il accepte de retourner en mission quelques années plus tard, se plongeant dans le travail. 

Alors que sa carrière prend son envol et qu'il atteint des positions d'autorité, Jeff voit encore moins comment il pourra dénoncer ses agresseurs et continuer à commander des hommes. Il dit avoir alors vécu dans la honte et la crainte d'être exposé. Dix ans après l'agression alléguée, Jeff est dans un état de détresse psychologique tel qu'il ne peut plus fonctionner et doit être placé en arrêt de travail.

Il portera plainte deux ans plus tard au service des enquêtes des forces canadiennes. Aucune accusation ne sera déposée contre quiconque au terme de l'enquête. 

Jeff reproche à son employeur d'être avant tout responsable de l'agression sexuelle qu'il a subie «par son inaction, sa complaisance et sa tolérance à l'égard de ce type d'acte au sein des forces».

Il ajoute que les forces armées ont instauré «une véritable loi du silence sur les crimes sexuels qui à toutes fins pratiques protège les agresseurs et ostracise les victimes».

Le militaire réclame 3 millions $ pour la perte de sa carrière, la perte de jouissance de la vie et à titre de dommages punitifs.

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