Les équipes de lutte à la grande criminalité seront concentrées à Montréal

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«On crée une équipe multidisciplinaire pour réunir les forces, explique Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP. Ça va favoriser les échanges et les partages d'expertise.».

Le Nouvelliste, Émilie O'Connor

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(Québec) Remue-ménage dans la lutte au crime organisé; le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) fusionne et centralise à Montréal les trois bureaux spécialisés dans la grande criminalité.

En cette ère de compressions budgétaires et de réingénierie de l'état, le DPCP y est allé lui aussi de sa restructuration avec, à la clef, un nombre encore inconnu de coupes d'emplois occasionnels. Mais surtout, plus d'efficience, promet-on.

Depuis 20 ans, le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait créé trois bureaux spécialisés pour appuyer les policiers dans leurs enquêtes et intenter des procès contre les criminels de haut vol. Le bureau de lutte aux produits de la criminalité (BLPC), le bureau de lutte au crime organisé (BLACO) et, dans la foulée des scandales dans le monde de la construction, le bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM). Au moins une centaine de procureurs de la Couronne oeuvraient dans ces trois bureaux sur les 580 que l'État québécois emploie.

Le BLACO, notamment, avait des dizaines de procureurs dans plusieurs endroits (Montréal, Québec, Gatineau, Granby, Trois-Rivières et Sherbrooke).

Tous ces bureaux seront maintenant unifiés dans une même équipe, installée à Montréal. «On crée une équipe multidisciplinaire pour réunir les forces, explique Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP. Ça va favoriser les échanges et les partages d'expertise.»

On peut penser que ce nouveau bureau, au nom encore inconnu, sera dédié à des enquêtes majeures, du genre de celle de Sharqc contre les motards criminels.

Bandits des régions, ne vous réjouissez pas trop vite; le crime organisé continuera d'être traité par les mêmes procureurs dans les palais de justice locaux.

Mais puisqu'ils ne seront plus affectés exclusivement au crime organisé, les procureurs pourraient être appelés à toucher d'autres domaines.

Le DPCP assure que la restructuration ne coûtera aucun poste permanent. Des procureurs occasionnels craignent toutefois de voir le tapis glisser sous leurs pieds au terme de l'exercice.

À l'Association des procureurs de la Couronne, on promet d'être vigilant pour maintenir le nombre actuel d'employés. «Pour le reste, c'est une décision de gestion et c'est le temps qui nous dira si cette nouvelle structure est la bonne», évalue Me Esthel Gravel, présidente de l'association. On espère que les procureurs qui ont des forces et des intérêts dans certains domaines vont pouvoir continuer à exercer leurs talents dans ce domaine.»

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