«Couch surfing» mortel: 2 ans de prison pour Alex Labbé

Alex Labbé, ce Beauceron de 25 ans accusé... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Alex Labbé, ce Beauceron de 25 ans accusé de conduite dangereuse causant la mort, était au volant du véhicule tirant un divan sur lequel était assise la victime.

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(Saint-Joseph-de-Beauce) Alex Labbé, ce Beauceron de 25ans accusé de conduite dangereuse causant la mort lors d'une activité de couch surfing, écope de deux ans de prison. Au moment du drame, il était au volant d'un véhicule tirant un divan sur lequel était assise la victime, François Hallé, son meilleur ami.

Le juge Benoit Poulin a rendu sa décision sur la peine hier matin au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce. Cette malheureuse histoire, impliquant une activité aussi inusitée que dangereuse, appelée couch surfing, est la première du genre à se trouver devant les tribunaux. Il n'existe aucune cause similaire dans les annales judiciaires canadiennes.

L'accusé, qui avait 21 ans au moment des faits, a été reconnu coupable en juin par un jury de négligence criminelle causant la mort et de délit de fuite mortel. Ces accusations ont été portées à la suite du drame qui a coûté la vie à François Hallé, 22 ans, le 18février 2012, vers 21h, dans le 6e Rang à Saint-Benjamin.

Le jeune Labbé était alors au volant d'une camionnette et tirait trois de ses amis, dont deux assis sur un traîneau. La victime, elle, était sur un divan qui s'est retrouvé en sens inverse. Elle a été percutée mortellement par un autre véhicule. Paniqué, l'accusé a fui les lieux pour aller se réfugier à son domicile.

«L'accusé n'est pas le seul à avoir participé à la préparation et à l'exécution de l'activité [...] dû à l'effet d'entraînement et d'excitation, on n'a pas tenu compte du risque à sa juste mesure», expliquait un autre ami présent lors de cette funeste journée.

À ce sujet, la décision du tribunal est claire. «Le fait que les victimes ont participé de leur plein gré à l'aventure qui a causé la mort [...] ne réduit en rien le degré de responsabilité d'Alex Labbé, responsabilité qui demeure entière.»

Le juge mentionne que la «gravité objective des crimes prise isolément commanderait une peine plus sévère [...] En effet, la négligence criminelle causant la mort est passible de la prison à perpétuité.

«Le devoir consiste à en imposer une, juste et équitable», écrit-il.

Facteurs atténuants

Parmi les facteurs atténuants, le juge Poulin prend en compte, notamment, la conscientisation et les remords de l'accusé, le respect des conditions de remise en liberté, le faible risque de récidive et l'effet dissuasif du processus judiciaire.

Le tribunal s'est dit «persuadé qu'une peine exemplaire n'est pas requise pour satisfaire les objectifs de dissuasion et de dénonciation générale. L'absence de décision portant sur des situations similaires, une conduite automobile en tirant des objets avec passagers sur un chemin public montrant une insouciance déréglée ou téméraire à l'égard de la vie ou de la sécurité d'autrui, porte à croire que ce genre de conduite, fort heureusement, n'a pas été imité. De plus, l'alcool, la drogue ou la vitesse ne sont pas en cause.»

La procureure de la Couronne au dossier, Me Annik Harbour, s'est dite satisfaite de la peine. «C'est une décision très détaillée qui se rapproche de ma proposition.» Elle réclamait une peine entre deux et trois ans de pénitencier.

En réalité, Alex Labbé, purgera sa peine dans un établissement provincial, puisque le magistrat doit soustraire deux jours de détention préventive, ce qui donne un total de deux ans moins deux jours de prison.

La mère et la soeur de la victime, présentes pour entendre la décision du juge, préféraient demeurer à l'écart des médias, hier matin. Cependant, Me Harbour a décrit leur état d'âme. «Aucune peine n'est satisfaisante parce que rien ne peut ramener François Hallé à la vie. Maintenant, au moins, elles peuvent vivre leur deuil.»

L'avocat de la défense, Me Alain Dumas, se dit un peu déçu de la sévérité de la peine puisqu'il proposait six mois d'incarcération. Cependant, il indique que le juge a bien motivé sa décision.

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