La prison pour avoir voulu faire sauter son bureau

Le palais de justice de Québec... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le palais de justice de Québec

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Reconnu coupable de menace et de possession d'explosifs dans le but de blesser ou de mettre la vie en danger, l'ingénieur de formation qui voulait faire exploser son bureau de consultants a pris vendredi le chemin de la prison, où il passera les 21 prochains mois.

Diplômé en génie physique, François Daigle était employé depuis 2008 d'une firme spécialisée en ingénierie légale.

Les idées noires ont commencé à tourbillonner dans sa tête après qu'il se fut senti mis à l'écart des négociations entreprises en 2010 entre le patron bientôt retraité et ses associés.

L'homme aujourd'hui âgé de 37ans en est venu à maquiller ses feuilles de temps pour cacher un manque de productivité, un forfait qu'il a rapidement avoué à son patron et à ses collègues. S'en est suivie la crainte d'être congédié, mis à l'amende ou radié de son ordre professionnel. Daigle voudra alors se débarrasser de tous les gens au courant de sa mauvaise conduite, soit son patron, deux ingénieurs, un technicien et trois secrétaires.

Au fil des mois, François Daigle a acheté et fait livrer dans la résidence qu'il occupe avec sa conjointe et ses trois enfants une bonne quantité de produits chimiques au potentiel explosif important, dont du nitrate d'ammonium, des cristaux de soude et de l'acide chlorhydrique et sulfurique. Il a également modifié un Presto pour qu'il puisse être relié à un compresseur.

Le 1er mars 2012, Daigle, désireux d'avoir de l'aide, ira vider son sac à une psychologue, à qui il confiera tous ses plans pour éliminer ses sources de frustration : mettre une bombe dans le bureau de consultants, installer dans les toilettes un dispositif qui libère un gaz toxique ou organiser un empoisonnement de masse. C'est cette psychologue qui l'a dénoncé à la police.

Psychologue affectée

Avant de rendre sa décision sur la peine, vendredi, la juge Marie-Claude Gilbert a résumé les séquelles subies par la psychologue, contre qui Daigle a intenté une poursuite avant de finalement la retirer. «Elle a développé des symptômes anxieux et de l'hypervigilance [...], souffre de fatigue et de troubles du sommeil», a énuméré la juge Gilbert, précisant que la travailleuse autonome avait dû réorienter sa pratique pour ne plus avoir à traiter avec des clients dangereux et qu'elle vivait avec la crainte de voir l'accusé passer à l'acte.

La poursuite réclamait six ans de prison, alors que la défense suggérait quelques mois. En condamnant François Daigle à une peine de deux ans moins un jour (de laquelle sont retranchés les 84 jours de détention provisoire), la juge Gilbert a dit prendre en compte certains facteurs atténuants, dont l'absence d'antécédents judiciaires et le trouble de personnalité narcissique de l'accusé.

La peine est assortie d'une probation de trois ans, de l'obligation de fournir un échantillon d'ADN et d'une interdiction de communiquer avec la psychologue et les sept anciens collègues menacés.

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