Production d'ecstasy: un ex-prof de chimie de l'UL arrêté

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Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, la tête dirigeante du réseau de fabrication de drogue de synthèse avait entamé le déménagement de ses installations de Saint-Camille vers cette habitation de Lac-Baker, au Nouveau-Brunswick.

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(Québec) Quatre membres d'une même famille de Québec, dont le père, ancien professeur de chimie et consultant dans des firmes privées, ont été arrêtés, mercredi matin, en lien avec le démantèlement, au Québec et au Nouveau-Brunswick, de deux laboratoires de fabrication de drogue de synthèse d'une capacité de 1,5 million de comprimés par semaine.

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Daniel Cozak

Photo tirée du site academia.edu

Daniel Cozak, 66 ans, et ses deux enfants, Charles et Samuel, âgés respectivement de 26 et de 24 ans, font face à des accusations de complot en vue de faire la production de drogue - que la police décrit comme de l'ecstasy - et de possession en vue d'en faire le trafic. Le père et l'aîné, ce dernier ayant déjà été condamné pour trafic de stupéfiants, ont comparu au palais de justice de Grand-Sault, au Nouveau-Brunswick. Le cadet s'est présenté au palais de justice de Québec tandis que la mère a été relâchée après interrogatoire.

L'Escouade régionale mixte, secondée par la GRC, l'Agence des services frontaliers, Santé Canada et des corps de police municipaux, avait procédé, plus tôt en journée, au démantèlement des deux laboratoires clandestins à Saint-Camille-de-Lellis dans la MRC des Etchemins et à Lac-Baker au Nouveau-Brunswick. L'enquête avait débuté en 2014.

Cozak a aménagé son premier laboratoire à Saint-Camille, municipalité de quelque 900 âmes située le long de la frontière américaine. Les 70 policiers qui ont pris part à l'opération ont aussi fait des perquisitions à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, à Québec et à Lévis. Ils ont saisi plusieurs biens infractionnels, dont trois véhicules, deux remorques et deux résidences. Les forces de l'ordre ont commencé l'enquête en 2014.

C'est la première fois au Québec, une des rares au Canada, que la police réussit à démanteler des laboratoires conçus pour fabriquer les éléments précurseurs qui entrent dans la composition des comprimés d'ecstasy. Dans le cas qui nous occupe, les substances saisies sont ce qui est communément appelé du P2P et du MDA, ce dernier étant un proche cousin du véritable ecstasy (MDMA), souvent vendu comme étant de l'ecstasy.

Une source au fait du dossier révèle que les laboratoires étaient munis d'équipements à la fine pointe de la technologie. Selon toute vraisemblance, le chimiste faisait entrer au pays des centaines de kilos de substances considérées comme légales lorsqu'elles sont importées séparément. Le problème survient lorsqu'on les mélange, ce qu'était en mesure de faire Cozak grâce à sa formation. Heureusement, la police a frappé avant que la marchandise ne puisse être écoulée.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, la tête dirigeante de ce réseau de fabrication avait commencé depuis quelques mois le déménagement de ses installations de Saint-Camille vers Lac-Baker, au Nouveau-Brunswick, en passant par un entrepôt situé à Charny.

Opération dangereuse

Daniel Cozak avait choisi une résidence - une sorte de maison de campagne - qu'il avait transformée en laboratoire. Le voisinage ne semblait pas se douter de ce que tramait le nouvel arrivant. Le démantèlement de ce laboratoire doit se faire dans la plus grande prudence. Certains éléments chimiques ne doivent pas entrer en contact les uns avec les autres. L'opération pourrait durer jusqu'à la fin de la semaine.

Charles Cozak, le seul à posséder un casier judiciaire en matière de stupéfiants avant hier, plaidait coupable en 2012 à des accusations de trafic de cocaïne, de possession de résine de cannabis dans le but d'en faire le trafic, de possession d'une arme prohibée et d'avoir entreposé une arme à feu. Il avait purgé l'équivalent de deux ans de prison pour ces délits.

Il devrait comparaître en compagnie de son père au cours des prochains jours au palais de justice de Québec pour répondre à de nouvelles accusations.

Un CV bien garni

Avant de s'adonner à des activités illégales, le chimiste Daniel Cozak avait un CV bien garni. Il a travaillé tour à tour à l'Université Technique de Munich, à l'Université de Montréal et au Conseil national de recherche du Canada. Il a aussi été professeur aux universités de Sherbrooke et Laval. Il a été auteur, écrit-il sur la toile, d'une «cinquantaine d'articles scientifiques publiés dans des périodiques, des revues et des colloques internationaux avec jury».

Selon son CV mis en ligne, il a consacré une dizaine d'années de sa vie au monde universitaire. Dès 1988, il se tournait vers le privé. Il a travaillé pour des entreprises connues comme Enviro ressources, Sani mobile et Roche.

Un ancien employeur à qui Le Soleil a parlé décrit Cozak comme un homme introverti et isolé au caractère imprévisible. Il ne lui connaissait pas de difficultés financières à l'époque où il l'a connu, il y a cinq ans, mais dit avoir eu une relation d'affaires tumultueuse qui s'est terminée sur une note discordante. Professionnellement, «Il était impeccable», soutient-il.

L'ecstasy, une inconnue

Selon le site toxquebec.com, l'ecstasy désigne à l'origine une molécule chimique particulière, la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), responsable des effets psychoactifs du produit. On y explique que la composition d'un comprimé présenté comme étant de l'ecstasy est souvent incertaine. «La molécule MDMA n'est pas toujours présente ou peut être mélangée à d'autres substances : amphétamines (amphétamine, méthamphétamine), hallucinogènes (LSD, PCP, kétamine, nexus, PMA (paraméthoxyamphétamine), etc.), autres stimulants (caféine, éphédrine), anabolisants ou analgésique (aspirine). L'ecstasy peut également être coupée avec de l'amidon, des détergents ou du savon.»

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