Famille décimée à Limoilou: «Ils étaient partis pour une vie meilleure»

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Sur les lieux du drame, mardi, les marques de sympathie se multipliaient.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les victimes du tragique accident de la route survenu dimanche à Limoilou, Julian Esteban Muneton Vasquez et Ingrid Carolina Zamorano Pabon, étaient venues au Québec refaire leur vie. Cette promesse d'un nouveau départ devait se concrétiser en septembre avec l'arrivée de leur premier enfant, Nicolas.

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La communauté colombienne de Québec avait organisé une fête pour souligner l'arrivée prochaine du bébé d'Ingrid Carolina Zamorano Pabon et de Julian Esteban Muneton Vasquez. 

Photo tirée de Facebook

Lui était ingénieur de formation. Elle avait étudié pour devenir infirmière. Elle travaillait comme aide aux bénéficiaires dans une maison d'hébergement. Ils avaient tous deux fréquenté l'Université d'Antioquia à Medellin en Colombie avant d'arriver au Québec. Ils parlaient peu le français, mais suivaient des cours. Ils étaient inscrits à l'Université Laval en formation continue. Ils devaient obtenir des équivalences pour pratiquer leur véritable profession.

La femme de 30 ans et l'homme de 29 ans, mariés depuis 2014, avaient tout du couple désireux de s'ouvrir à de nouveaux horizons. Ils habitaient un modeste logement de la 16e Rue à Limoilou, à deux coins de rue de l'endroit où leur rêve s'est brisé.

Une voisine raconte qu'ils habitaient au sous-sol de l'immeuble avant d'emménager au second étage dans un plus grand appartement en prévision de la naissance de leur fils. Mme Zamorano Pabon avait d'ailleurs annoncé officiellement la «bonne nouvelle» à ses proches sur Facebook le 17 février. 

La lecture de ses commentaires ajoute à la tristesse du drame qui s'est joué dimanche, peu avant minuit à l'intersection de la 18e Rue et de la 4e Avenue. «Pour ceux qui ne comprends pas [sic]... Je suis enceinte!!! I'm pregnant! So happy», s'est-elle risquée en français et en anglais. Et quand quelqu'un lui demande la date à laquelle est prévu l'accouchement, elle répond en espagnol : «En septembre, si Dieu le veut.»

Il y a quelques jours à peine, des amis de la communauté colombienne de Québec avaient organisé une fête pour souligner l'arrivée prochaine de bébé Nicolas. Pour l'occasion, de nombreux cadeaux ont été offerts au couple.

Mobilisation et aide financière

On connaît la suite. Jade Morillon Morissette, la conductrice du second véhicule impliqué dans l'accident, a comparu, lundi, au palais de justice de Québec, pour conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool. Fait troublant, la femme de 27 ans est déjà sous le coup d'une même accusation criminelle. La police cherche toujours à déterminer lequel des deux conducteurs aurait brûlé un feu rouge avant de porter des accusations de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort contre Jade Morillon Morissette.

«Les parents n'ont pas les moyens financiers. Nous organiserons une collecte lors d'une cérémonie commémorative tenue dimanche à 11h à l'église Notre-Dame-de-Foy.»

Arismendy Lozada
Aumônier de la communauté colombienne à Québec

Aujourd'hui, les amis des victimes se mobilisent pour offrir au couple des funérailles décentes. Parmi eux, Arismendy Lozada, aumônier de la communauté colombienne à Québec. «Les parents n'ont pas les moyens financiers. Nous organiserons une collecte lors d'une cérémonie commémorative tenue dimanche à 11h à l'église Notre-Dame-de-Foy», raconte-t-il.

M. Lozada appréciait le couple, des fidèles «qui apportaient la joie». Il est choqué par ce départ précipité et comprend la vive douleur que ressentent les familles. «Tu regardes tes enfants partir pour une meilleure vie et tout ce que tu récoltes, c'est les voir mourir. C'est difficile pour eux de faire leur deuil à distance», raconte celui qui est en contact avec les parents des victimes.

Il les aide dans leurs démarches pour obtenir les visas nécessaires à leur venue au Québec. La mère de M. Muneton Vasquez et le père de Mme Zamorano Pabon doivent être du voyage.

Des gens émus

Sur les lieux du drame, mardi, les marques de sympathie se multipliaient. Fleurs et toutous ornaient le garde-corps du balcon de l'édifice à logements où les deux véhicules ont terminé leur course après l'impact survenu une centaine de pieds plus loin.

Une dame rencontrée sur place, petite fleur en pot entre les mains, indiquait au Soleil ne pas connaître du tout les victimes. Comme plusieurs, elle a simplement été touchée par le triste destin du couple et de leur enfant à naître.

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